Sort guéri
Obs. 673. — Dactylite sous-périostique. — Urville (Joséphine), 23 ans, couturière, entre à l’hôpital Saint-Antoine le 23 août 1853, pour un panaris du pouce gauche datant de trois semaines.
Au niveau des deux extrémités de la dernière phalange existent deux fistules avec bourgeons fongueux à travers lesquelles on constate la dénudation et la nécrose de l’os. L’articulation elle-même parait prise.
Le 24 août, on pratique une incision sur le côté externe du pouce et on extrait la troisième phalange en totalité. Cataplasmes.
31. — Le pouce semble revenu à son état normal. Il paraît à peu près semblable à celui du côté opposé et cependant il est privé de sa dernière phalange.
2 septembre. — Exeat'.
Obs. 674. — Dactylile sphacë/iquc ütnécrosique . — Duval (Henri), buandier, âgé do 56 ans entré le 1 4 avril 1 852, à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-François, 28.
15 avril. — Le malade présente l’index de la main droite atteint de panaris. On enlève l’épiderme au-dessous duquel se trouve un pus roussâtre. Le derme mis à nu offre au niveau de la pulpe du doigt une plaque grisâtre, gangrenée que l’on excise également. La lésion qui paraissait au premier abord être une simple tourniole est un panaris profond. Cataplasmes.
21. — Aujourd’hui le dpigt offre une perte de substance considérable à la suite de la chute des parties gangrenées. Le fond de la solution de continuité est formé par une pulpe grisâtre dont la chute mettra probablement à découvert la phalangette nécrosée. On continue les injections, les cataplasmes et la solution.
23. — Les lambeaux sphacélés ayant été éliminés, l’extrémité de la phalangette se trouve maintenant à nu. La partie supérieure du doigt n’est ni tuméfiée ni douloureuse. Cataplasmes.
28. — M. Chassaignac extrait le séquestre formé par la dernière phalange, et il entraîne avec elle en même temps une portion de la plialangine sur laquelle la nécrose avait également porté. Cataplasmes.
3 mai. — Toute la surface de l’excavation qui a succédé au sphacèle de l’extrémité de l’index est recouverte de bourgeons charnus de bonne nature.
On substitue aux cataplasmes le pansement dit en cloche fait avec les bandelettes de diachylon.
12. — La plaie se maintient dans un très-bon état et suppure peu, le derme qui s’était aussi ulcéré à la face dorsale du doigt se cicatrise. Un fait curieux, c’est qu’au milieu de tous ces dégâts l’ongle soit resté en place.
31 . — La cicatrisation s’est parfaitement faite sous la cuirasse ; la plus grande partie du doigt est conservée dans toute son intégrité ; il n’y a que la portion unguéale, qui, n’étant plus soutenue par l’os, forme un moignon mollasse.
Pansement en cloche. Exeat.
Le fait que nous allons rapporter est intéressant non-seulement en ce qu’il olfre un exemple de dactylile sous-périoslique, mais encore en ce qu’il met en relief l’envahissement possible de la gaine des tendons consécutivement à cette forme de dactylite.
Dans le cas dont il va être question, on remarquera une circonstance que nous avons eu déjà, dans divers travaux, occasion de signaler, nous voulons parler de la forme et de l’aspect que prennent les tendons dans le lieu où la partie saine se sépare de la partie nécrosée. Consécutivement au travail inflammatoire par suite duquel le mort se sépare du vif, il arrive que les extrémités du tendon nécrosé se présentent non plus avec leur volume ordinaire , leur forme aplatie et leur couleur nacrée, mais sous l’apparence d’une touffe spongieuse, plus ou moins imprégnée de sang ou de pus. Au lieu de retirer, quand le tendon est détaché, un cordon uniforme, aplati, etc., on extrait un cordon noueux, spongieux, qui se termine par un renflement.
Obs. 875. — Dactylile sous-périoslique de la phalange unguéale avec envahissement de la gaine des tendons. — Colin (Michel), 28 ans, cordonnier, 'est entré le 28 mars 1855, à l’hôpital Lariboisière.
Il y a trois semaines à peu près, le malade s’est piqué avec une aiguille sous l’ongle de
l'index gauche. Cet homme se contenta, aussitôt après l'accident, de presser sur son doigt pour le faire saigner, puis continua son travail sans s’en inquiéter autrement. Mais bientôt des douleurs se manifestèrent dans l’index, puis le long de la face interne du membre supérieur jusqu’au creux axillaire. Dès lors il fallut renoncer à tout travail. Deux grosseurs qui survinrent, l’une au voisinage du coude, l’autre dans l’aisselle, témoignèrent de l’existence préalable d’une angioleucite. Quoi qu’il en soit, le doigt se tuméfia et la main elle-même devint le siège d’un phlegmon qui s’étendit jusqu’au milieu de l’avant-bras. Le malade souffrant beaucoup et voyant le mal augmenter de jour en jour se décida à entrer à l’hôpital.
Au moment de l'entrée, on- constate que la phalange unguéale de l’index gauche est comme enveloppée d’une collection purulente qui parait être tout d’abord simplement souscutanée ; mais en incisant sur le foyer on reconnaît que le pus a pénétré profondément, que l’os de la phalange est à nu et en partie nécrosé. Il en résulte que l’on a affaire non pas à une dactylite disséquante sous-cutanée, mais bien à une dactylite sous-périostique. Il s’écoule par la plaie un pus concret qui entraîne des tissus spliacélés.
La suppuration paraissant avoir envahi jusqu’à l’articulation métacarpo-phalangienne, l'incision est prolongée jusqu’à la base du doigt. On trouve là, en effet, une collection de pus presque aussi considérable que celle qui entourait la phalange unguéale. De plus la gaine du tendon est détruite et le tendon lui-même est nécrosé ; il a perdu sa couleur nacrée pour revêtir une teinte gris-jaunàtre ; il est imprégné de pus et baigne dans une matière séropurulente.
Du reste la base du doigt, comme la phalange unguéale, est le siège des douleurs les plus intenses. La plaie est lavée avec de l’eau-de-vie camphrée et l’on panse avec des cataplasmes.
30 mars. — Nuit assez calme. Les douleurs ont disparu; le gonflement phlegmoneux de la main et de l’avant-bras se dissipent. L’adénite axillaire et sus-épitrochléenne persiste.
31 . — État général bon ; suppuration abondante. La tuméfaction des ganglions engorgés semble diminuer.
6 avril. — Un peu de dyspepsie. Eau de Sedlitz.
7. — L’angioleucite et l’adénite ont presque disparu. Cataplasmes.
8. — Le tendon s’exfolie et tend à se détacher. On onlève quelques lambeaux imprégnés de pus.
10. — La phalange nécrosée est devenue très-mobile. On l’extrait.
Les douleurs sont un peu plus vives. Solution ; cataplasmes.
11. — Le reste du tendon est devenu tout à fait spongieux, imprégné de pus et présente dans le point où il se sépare de la partie saine un renflement en forme de touffe. On l’enlève sans difficulté et sans occasionner aucune douleur au malade. Même pansement.