ABCÈS INGUINAUX SYMPTOMATIQUES D’UNE MALADIE DE L'ARTICULATION
COXO-FÉMORALE.
La fémoro -coxalgie se termine souvent par la formation, autour de la hanche, d’abcès qui viennent faire saillie en différents points et ne lardent pas à donner naissance à des symptômes graves. — La région inguinale est avec la partie supérieure et externe de la cuisse ou la partie postérieure du grand trochanter un des points où ces collections purulentes viennent se montrer.
Les abcès inguinaux symptomatiques d’une coxalgie ne diffèrent aucunement, quant aux apparences extérieures, des abcès par congestion qui occupent la môme région, mais le siège primitif de la douleur soit au niveau du pli de l’aine, soit derrière le grand trochanter, la fixité du membre inférieur, un raccourcissement apparent succédant à un allongement, tout l’ensemble des signes en un mot auxquels on reconnaît
la fémoro-coxalgie permettront presque toujours de déterminer l’origine, précise de la collection purulente.
On ne saurait méconnaître toutefois que les abcès inguinaux liés à l’inflammation suppurative du psoas ne présentent un certain nombre des symptômes qu’on observe dans la coxalgie compliquée d’abcès inguinal. Dans les deux cas, la fesse aplatie au début présente à une période plus avancée une tuméfaction anormale. Dans les deux cas, il va claudication et les malades ne peuvent exécuter sans douleur l’extension de la cuisse et surtout maintenir cette attitude pendant la station verticale. — Dans les deux cas enfin, il y a altération plus ou moins profonde de la santé générale. — On peut arriver cependant à préciser le diagnostic à l’aide des signes différentiels suivants :
Dans l’abcès lié à la psoïtis, la douleur occupe la région lombaire, augmente pendant la station, par les mouvements du fémur et surtout par son extension. — Dans la coxalgie la douleur siège au voisinage de la hanche et spécialement au genou.
Dans la psoïtis point de déviation du grand trochanter, ni de variations dans la longueur du membre. — C’est le contraire dans Ja coxalgie. Dans la psoïtis avec abcès à l’aine, le malade ne peut tourner en dehors la pointe du pied du côté affecté sans qu’il y ait augmentation de la douleur. — Dans l’abcès inguinal lié à la fémoro-coxalgie, tant qu’il n’y a pas déboîtement de la tète du fémur, la pointe du pied est tournée en dehors. Quand le déboîtement a eu lieu, la pointe du pied est dirigée en dedans comme dans la psoïtis. Mais alors les altérations survenues dans la conformation de la hanche rendent le diagnostic différentiel encore plus significatif. Enfin la station, les fortes inspirations, les efforts de toux, les cris, déterminent un accroissement de volume dans l’abcès lié à la psoïtis; rien de semblable ne s’observe dans l’abcès consécutif à une coxalgie.
Les abcès inguinaux symptomatiques d’une coxalgie ne se produisent généralement qu’à une époque très-avancée de la maladie, soit que l’arthrite affectant une marche aiguë ait parcouru toutes ses périodes dans l’espace de deux mois, soit que, suivant une marche chronique, l’arthrocace ait mis plusieurs années avant d’arriver àsuppuration. Dans tous les cas, la production de ces abcès est un symptôme d’un fâcheux augure.
§ 3. ABCÈS INGUINAUX OSTÈOPATHIQUES.
L’altération peut porter sur des os voisins de la région inguinale, tels que l’os coxal ou la partie supérieure du fémur, ou bien sur des os plus ou moins éloignés de l’aine : tels sont les divers points de la colonne vertébrale. — Dans le premier cas, la collection purulente se forme au voisinage de l’altération osseuse (abcès ostéopathiques non migrateurs) ;
dans le second, le pus s’accumule à une distance plus ou moins grande, mais souvent très-considérable, du siège delà lésion. — Un mot sur la première variété.