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Le malade sort parfaitement guéri

L’observation suivante, relative à un abcès profond de la fesse accompagné d’abcès iliaque, fournit un exemple très-beau de guérison par le drainage dans un de ces cas qui présentent dans leur marche des complications fâcheuses et dans leur traitement de grandes difficultés.

Obs. 720. — Abcès profond de la fesse, accompagné d’un abcès iliaque. Drainage de ces deux abcès chez un sujet épuisé. Guérison. — Picard (Pierre), 45 ans, tanneur, entre à 1 hôpital Lariboisière le 20 juin 1857.

En 1848 cet homme reçut dans la partie supérieure de la cuisse une balle qui lui brisa, dit-il, le grand trochanter; il fut longtemps malade des suites de cette blessure et ne guérit du trajet fistuleux auquel elle donna heu qu’au bout de dix-huit mois. Toute suppuration ayant alors disparu, il put reprendre son travail; seulement il éprouvait de temps en temps une douleur assez vive au niveau de la cicatrice, douleur qui augmentait dans les brusques changements de temps.

Vers le 15 juin, cette douleur devint assez vive pour obliger le malade à prendre le lit, puis la fesse se tuméfia considérablement, et devint elle-même très-douloureuse. C’est alors que Picard entra à l’hôpital .

L'examen fait reconnaître au niveau du grand trochanter gauche, une ancienne cicatrice, et sous les muscles fessiers du même côté un vaste phlegmon profondément situé. Tout porte à croire que ce foyer purulent n’est que la conséquence de l’ostéite ancienne incomplètement, guérie.

21. — On passa à travers la collection deux tubes à drainage qui donnent immédiatement issue à une grande quantité de pus séreux d’une odeur infecte.

22. — Moins de douleur et de tuméfaction dans la partie malade ; la peau tend à re-

prendre sa couleur normale ; pas de symptômes généraux graves; sommeil bon; appétit conservé; un peu de fréquence du pouls.

Les jours suivants, tout allait pour le mieux, lorsque apparut une douleur lancinante dans la fosse iliaque interne du côté gauche. Par le toucher on reconnaît une tuméfaction très-prononcée située dans cette région et de plus une fluctuation non douteuse.

On plonge au-dessus de l’arcade crurale un trocart que l’on fait ressortir au-dessous, à quelques centimètres en dehors des vaisseaux fémoraux. Un tube à drainage est ensuite établi dans le trajet parcouru par le trocart et laisse écouler aussitôt une petite quantité de pus encore plus fétide que celui de l’abcès fessier. Un soulagement presque immédiat s’ensuivit.

Le lendemain les souffrances étaient beaucoup moins vives et le volume de la tumeur avait considérablement diminué.

1er août. — On supprime les tubes introduits dans la fesse, et les orifices qui leur livraient passage ne tardent pas à se fermer. On laisse quelques jours de plus les tubes établis dans l’abcès iliaque ; le pus qu’ils fournissent est devenu de moins en moins infect, de moins en moins séreux .

7. — On supprime les tubes iliaques. Marche facile; retour des forces et de l’embonpoint. Exeat.

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