Sortie de l’hôpital
Le fait qui précède nous a paru offrir un véritable intérêt pratique. Voilà un abcès volumineux produit par violence externe, accompagné d’un développement inflammatoire considérable, d’une douleur tellement vive que le moindre contact arrachait des cris. Vous videz cet abcès et la suppression immédiate du pus, suivie d’un appareil protecteur, fait presque croire au malade, qu’il est guéri, tant sa situation est tout d’un coup changée. Mais un peu de pus a échappé au lavage, on revient aussitôt aux manœuvres d’expulsion, et dès le lendemain le malade est définitivement guéri.
SECT. XII. — SUPPURATIONS DU MEMRRE INFÉRIEUR. 703
^r( Abcès intermusculaires ou sous-aponévrotlque»
«le la cuisse.
On rencontre souvent à la cuisse cette variété de phlegmon diffus que nous avons désigné sous le nom de phlegmon diffus sous-aponévrotique.
Nous avons observé plusieurs cas dans lesquels les muscles fémoraux étaient enduits d’une couche purulente, blanchâtre, épaisse, poisseuse, pouvant à peine se détacher de la substance musculaire. — Si l’ouverture du foyer est trop tardive, comme il arrive souvent à cause des incertitudes et des difficultés que présente le diagnostic, on ne trouve plus qu’une vaste poche purulente, remplie d’un liquide sanieux et de caillots sanguins putréfiés.
L’observation suivante, dans laquelle on verra que la maladie, étant restée longtemps méconnue, n’a pu être soumise à un traitement convenable qu’à une époque déjà trop avancée, fournira un exemple de la gravité des abcès intermusculaires de la cuisse et des désordres auxquels ils peuvent donner lieu.
Obs. 728. — Vaste abcès intermusculaire de la cuisse pris et traité pour une névralgie sciatique. Infection purulente . Mort . Autopsie. — Négret (Louise), 31 ans, évent ai I liste r est entrée le 24 mai 1854 à l’hôpital Lariboisière.
Cette malade se plaint de douleurs profondes dans la cuisse ; elle souffre depuis quinze jours. Elle a été traitée en ville pour une sciatique et on lui a appliqué plusieurs vésicatoires sur la région douloureuse.
La peau est dans l’état normal ; mais la cuisse est visiblement tuméfiée. En palpant le membre malade, on perçoit une fluctuation sourde, qui annonce un foyer purulent profondément situé. Trois incisions pratiquées à la partie supérieure, moyenne et antérieure de la cuisse ne laissent écouler que du sang. Une quatrième incision pratiquée à environ 1 1 centimètres au-dessus de l’articulation du genou laisse échapper une énorme quantité de pus jaune clairet assez fluide.
27 mars. — La tuméfaction a en partie disparu. La malade se plaint de douleurs vives au-dessous du sein gauche. Rien du côté des poumons. Quatre ventouses scarifiées.