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CHAPITRE Y

SUPPURATIONS DU GENOU.

La région du genou présente à considérer plusieurs espèces d’abcès, parmi lesquelles nous étudierons, 1° les abcès hygromatiques, 2° les abcès poplités, 3° les abcès articulaires, 4° les abcès par altération des extrémités osseuses, 5° les suppurations concomitantes des tumeurs blanches.

Art. 1er. — Abcès hygromati«iues «lu genou.

Personne ne se méprendra sur l’acception nouvelle sous laquelle nous avons pris la dénomination d’hygroma, qui ne s’applique dans le langage habituel qu’à l’bydropisie des bourses séreuses. Hygroma sera souvent pour nous synonyme de bourse séreuse sous-cutanée ou sous-aponévrotique.

Les abcès hygromatiques du genou comprennent non-seulement les suppurations de la bourse prérotulienne, mais encore les épanchements purulents qui peuventavoir lieu dans les bourses sous-cutanées latérales. Ces capsules*, qui répondentaux condyles dufémur, ont une organisation beaucoup moins parfaite que celle de la bourse prérotulienne; peutêtre môme manquent-elles chez un certain nombre de sujets. C’est probablement leur imperfection ou leur absence dans beaucoup de cas qui a empêché d’en donner une description aussi exacte qu’on l’a fait poulies autres bourses sous-cutanées. Mais je ne doute pas que chez les cavaliers, chez les cordonniers, en un mot dans toutes les professions et habitudes de la vie dans lesquelles une pression forte est souvent exercée, sur le condyle interne, il n’y ait un développement très-

prononcé de la bourse sous-cutanée située en regard de cette éminence.

Les suppurations de la bourse prérotulienne offrent au plus haut degré la tendance à se propager dans le tissu cellulaire voisin, tendance que nous avons déjà signalée dans les bourses olécraniennes, trocbantériennes, etc. Cette tendance tient à la constitution anatomique de ces poches, qui sont facilement perméables et laissent sans beaucoup de résistance échapper dans le tissu cellulaire le liquide qu’elles contiennent. Mais elle n’est nulle part plus prononcée qu’au genou et en général dans les régions où ces capsules sont subjacentes à une peau épaisse.

Une autre circonstance anatomique qui favorise singulièrement l’infiltration purulente qu’on observe dans les abcès hygromaliques du genou, c’est l’épaisseur et la tenue de la peau dans cette région. Il résulte en effet des qualités que présente le derme en ce lieu que quand il est incisé, les lèvres de la plaie ont une tendance continuelle à se juxtaposer. La peau fait en quelque sorte, à l’égard des parties profondes, l’office d’une cuirasse trop hermétiquement et trop promptement fermée.

La plaie bien coaptée se cicatrise rapidement et solidement, et alors quelques gouttelettes de pus qui ne peuvent sortir suffisent à reproduire toute la maladie.

Des considérations qui précèdent, il résulte que la crainte des infiltrations purulentes doit dominer toute la thérapeutique des abcès hygromatiques du genou. Ainsi, 4° on devra être très-circonspect dans les applications du pansement par occlusion au traitement de ces abcès, car une réunion primitive, dans le cas où le liquide purulent n’aurait pas été évacué jusqu’à la dernière goutte, pourrait donner lieu aux accidents du phlegmon par diffusion, 2° quand le pus renfermé, soit dans la bourse prérotulienne, soit dans les bourses sous-cutanées latérales, s’est propagé dans le tissu cellulaire, ce n’est pas trop des débridements les plus étendus pour mettre le malade à l’abri d’accidents très-fâcheux. Parfois même il semble que le décollement se propage à mesure que l’on débride pour atteindre sa limite.

Entre autres observations d’hygroma suppuré qui nous ont paru dignes de fixer l’attention du lecteur, nous citerons les suivantes.

Obs. 734. — Hygroma suppuré du genou. Pansement par occlusion ; menace de diffusion purulente ; nouvelle incision , lavage. Guérison. — Chariot (Armand), 22 ans, cultivateur à l’ontenay-sous-Bois, entre le 12 août 1851 à l’hôpital Saint- Antoine, salle Saint- François, n° 31.

Cpt homme a fait, il y a cinq semaines, une chute dans laquelle son genou gauche a porté contre le pavé. Il a continué à marcher et à vaquer à ses travaux habituels malgré une plaie au genou qui s’est cicatrisée depuis.

Il y a quelques jours, le malade a vu son genou devenir plus gonflé, plus rouge et plus

douloureux.

13. — La douleur du genou est excessive ; tout contact est insupportable. Chloroforme. Ponction avec le bistouri d’un abcès hygromatlque bien constaté à travers une peau

épaisse. Issue d’un liquide formé par un mélange de sang et de pus dans la proportion d’un demi-verre. Aspiration, lavage, pansement par occlusion. Gouttière pour assurer l’immobilité du membre.

14. — L’insensibilité est complète. Le genou, hier si douloureux, peut être impunément pressé et percuté avec assez de force.

15. — Le malade se plaint d’avoir éprouvé quelques douleurs cette nuit. J'enlcve aussitôt tout le pansement et je reconnais le retour d’un travail suppuratif plus considérable que le premier. Sur les côtés du genou, vers la cuisse, vers la jambe, existent ces rougeurs qui précèdent et accompagnent la formation ou la diffusion du pus dans le tissu cellulaire. Néanmoins la plaie de l’incision est solidement cicatrisée. Il n’y avait point de temps à perdre. J'incise dans une plus grande étendue que la première fois. Je fais sortir une quantité notable de pus ; je pratique un lavage abondant, et cette fois, au lieu d’appliquer une cuirasse, je fais panser la plaie avec des cataplasmes.

16. — Toute l’inflammation est tombée. Douche à l’intérieur de l’abcès. Cataplasmes.

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