Mêmes difficultés à uriner que la veille. Cathétérisme
4. — L’injection de la conjonctive ne s’est pas accompagnée de chémosis. Il y a plus de photophobie et de larmoiement que la première fois. La sécrétion purulente est presque nulle. Point de céphalalgie.
G. — Amélioration rapide. Le malade peut rester sans glace pendant d’assez longs intervalles.
7. — L’état du malade est tellement satisfaisant qu’on peut regarder la récidive comme complètement terminée.
J’ai revu le malade les 8, 9, 10 et 11 septembre. Il est parfaitement bien et ne conserve pas la plus légère trace de l’aflection dont il a été atteint.
J’ai eu maintes fois occasion de constater l’efficacité du traitement par les douches, la glace, etc., dans l’ophthalmie blennorrhagique.
SECf. ni. SUPPURATIONS OCULAIRES.
Ons 308 — Je me rappelle, entre autres cas, avoir soigné un jeune homme de IG ans, serrurier nui me fut adressé par M. Desmarres à l’hôpital Lariboisière, le il mai 1856.
11 v avait quinze jours que ce malade était atteint de son ophtlialmïe quand il entra a l’hôpital M Desmarres l’avait inutilement combattue par les ventouses, les sangsues, le collvre de nitrate d’argent, les injections d’alun, les compresses d’eau froide. La cornée de l’œil -auche était presque entièrement détruite et son état ne laissait aucun espoir de le conserver. L’œil droit était très-malade, très-vivement enflammé. J’eus recours à l’emploi des douches répétées sept ou huit fois par jour et aux applications de glace sur les yeux, pendant tout le temps qui n’était pas consacré aux douches.
Le 13 mai. — L’état du malade était déjà notablement amélioré et l’inflammation abattue.
Le i4. L’œil gauche se vida sans donner lieu à aucune douleur.
Le ig. — L’œil droit était entièrement hors de danger. Néanmoins on continuait l’usage des douches et de la glace.
Le 18. — On eut recours au collyre de nitrate d’argent.
Le 19. — Le malade sortait guéri de l’œil droit.
Obs. 309. — Un autre malade, nommé Vernon (Victor) , âgé de 21 ans, boulanger, était entré le 26 août 1856 à l’hôpital Lariboisière. Cet homme, d’une bonne constitution d’ailleurs, avait contracté une blennorrhagie très-aiguë. Il porta un jour la main à ses yeux pour en retirer des poussières qui le gênaient, et cela un instant après avoir touché sa verge.
Huit ou dix jours après, il se présentait à nous avec les symptômes d’une ophthalmie blennorrhagique de l’œil droit parfaitement caractérisée.
L’œil était rouge; la conjonctive sécrétait une abondante quantité de pus: elle était tapissée d’une fausse membrane apparaissant sous la forme d’une petite toile blanche qu’on pouvait, avec un peu de précaution, détacher tout entière sans la déchirer. On prescrivit à l’intérieur une potion composée de parties égales de cubèbe et de copahu. Le traitement local consista en douches, applications de glace, décapage des cils, collyre, etc.
La maladie se modifia dès lors d’une manière rapide et le jeune homme sortit guéri le 7 septembre 1856.
Obs. 310. — Blennorrhagie uréthrale. — Kérato -conjonctivite purulente ; ulcération très-étendue de la cornée. — Traitement par la glace et les douches. — Guérison. — M (Joseph), âgé de 28 ans, tisserand, entre à l’hôpital Lariboisière le 27 juillet 1855.
C’est un homme d’une constitution très-robuste, d’un bon tempérament; aucune maladie antérieure.
11 contracta une blennorrhagie simple dans le commencement de juillet. Huit jours après l’apparition de l’écoulement, il fut pris d’une violente inflammation de l’œil gauche, qu’il négligea de soigner, malgré les douleurs qu’il y éprouvait. Après une semaine passée sans traitement, il céda aux conseils d’un camarade qui lui fit instiller dans l’œil un collyre formé d’eau-de-vie pure. L’emploi de ce collyre fut suivi de l’explosion d’atroces douleurs et d’une inflammation des plus intenses. Le malade consulla alors le médecin de son pays et fit usage d’un collyre pendant huit jours. Mais, ne ressentant pas d’amélioration, il vint à Paris et se décida à entrer dans un hôpital.
Etat actuel, 28 juillet. — Chémosis des plus intenses ; conjonctive presque carnifiée. — Infiltration intra-lamellaire des parties centrales de la cornée, formant une tache blanchâtre qui cache en partie la pupille ; sur la partie supérieure de cette membrane, ulcération en oup d’ongle, demi-circulaire, très-profonde, mesurant en longueur environ 6 millimètres. Ecoulement purulent très-abondant; productions blanchâtres et concrètes (pseudo-memiraneuses?) déposées sur la conjonctive; vision presque abolie; photophobie; douleurs îxtrémement vives; pas un instant de repos dans la nuit précédente.
Traitement. — Applications de glace continues; 4 douches; une instillation de collyre lia nitrate d argent (H) centigrammes pour 30 grammes d’eau distillée); cubèbes et copahu, fia 10 grammes.
lu PART. 111. — DE LA SUPPURATION DANS LES ORGANES.
La glace produit un soulagement immédiat ; le malade ne ressent que très-peu de douleurs pendant la journée du 28.
29 juillet. — Sommeil très-calme pendant la nuit précédente; [le malin, fort peu de douleurs ; moins de photophobie ; l’injection est la même; peut-être la tache cornéale présente-t-elle un peu moins d’opacité; l’œil s’ouvre plus librement. (Même traitement.)
30. — Nulle douleur; diminution du chémosis; simple écoulement muqueux, catarrhal; beaucoup moins de photophobie; l’œil s’ouvre facilement ; la tache cornéale est sensiblement moins opaque; grande amélioration de la vision. L’écoulement uréthral a changé de caractère; il est de couleur blanc laiteux.
2 août. — Nulle douleur; l’injection conjonctivale diminue beaucoup ; amélioration progressive de la vision; l’ulcération cornéale semble moins profonde.
*0. La conjonctive est presque débarrassée de ses vaisseaux. La tache cornéale dis- , parait; l’opacité a fait place à une simple diminution de transparence; l’ulcération supérieure est en partie comblée; pas de photophobie; la vision est assez nette pour permettre la lecture.
Écoulement uréthral laiteux, demi- transparent.
Traitement. — Application de glace tontes les deux heures ; 4 douches.
20. — Conjonctive oculaire très-nette, sans aucune injection vasculaire; cornée parfaitement transparente; ulcération supérieure en voie de réparation; vision parfaite.
On supprime la glace ; 3 douches.
L’amélioration se continue dans les jours suivants; 2 douches.
Le 2G septembre, M... quitte l’hôpital complètement guéri. Il reste sur la partie la plus ; élevée de la cornée, au voisinage de la sclérotique, un petit arc blanchâtre, résultant de • la cicatrisation de l’ulcère. — Blennorrhée uréthrale persistante.
Dans les cas où l’altération de la cornée a déjà fait des ravages défini-tivement irrémédiables, le traitement par les douches oculaires, si bien i fait qu’il soit, ne peut plus prévenir la déformation, la perforation même de celte membrane, mais on verra par l’observation suivante quelle est! la puissance du traitement hydrothérapique sur les phénomènes inflam-matoires si graves qui accompagnent cette affection. Aussi pouvons-nous affirmer que, toutes les fois que la cornée n’est pas profondément atteinte, le traitement par les douches nous rend maître des accidents.
Dus. 311. — Ophthalmie blennorrkagique. Altération grave de la cornée avant F en- I trée à l’hôpital ; douches oculaires; cessation prompte des accidents. — Iloé (Augustin), | 21 ans, liseur de dessins, entre à l’hôpital Lariboisière, le 26 février 1857.
Il y a onze jours, blennorrhagie intense. Le malade ne se rappelle pas avoir porté la i main à ses yeux; mais le 23 février une cuisson insupportable accompagnée de larmoie- I ment s’est manifestée dans l’œil droit. Le lendemain 24, douleurs violentes et suintement i entre les paupières d’une matière blanchâtre mucoso-purulente. Le 26, c’est-à-dire, trois j jours après le début de la maladie oculaire, entrée à l’hôpital.
OEdème considérable des paupières du côté droit ; agglutination des cils ; traînée blan- I châtre occupant l’intervalle qui sépare les bords palpébraux et se terminant dans le grand i angle de l’œil par une grosse goutte de pus. La cornée est déjà visiblement altérée et sa circonférence est recouverte par un chémosis très-prononcé. Engorgement des ganglions I ! sous-maxillaires à droite.
Diagnostic : ophthalmie blennorrhagique. Douches oculaires très-fréquentes et applica- j (
SECT. ni. — SUPPURATIONS OCULAIRES. US
tion sur l’œil malade d’une vessie pleine de glace. A l’intérieur parties égales de cuLèbes
et de eopahu. .
28 février. — Photophobie et larmoiement ; mais le chémosis a bien diminue. La moitié inférieure de la chambre antérieure est occupée par un hypopyon. Le malade n'y voit pas.
|Cr mars. — Plus de chémosis; les paupières peuvent s’écarter un peu d’elles-mémes.
3 Moins de photophobie et de larmoiement; meilleur aspect de la cornée.
4 Toujours de la suppuration; la cornée se déforme. Collyre au nitrate d’argent. Douches oculaires.
6. — Ramollissement de la cornée qui se boursoufle et présente des inégalités. La douleur est complètement apaisée.
4 mai. — Les phénomènes inflammatoires, douleur, photophobie , suppuration, ont presque entièrement disparu. Mais la cornée reste opaque et déformée. Exeat.
L’observation suivante est un exemple d’ophthalmie blennorrhagique guérie très-rapidement par les douches oculaires.
Obs. 312. — Oplithalinie blennorrhagique. Douches oculaires. Guérison rapide. — Chaulet (Émile), 35 ans, facteur, entre à l’hôpital Lariboisière le 22 juin 1857.
C’est hier matin seulement que sont apparus les premiers accidents. Aujourd’hui on trouve les deux yeux malades. Paupières fermées, bord ciliaire parcouru par une ligne purulente blanchâtre. Si l’on écarte les paupières, voici ce qu’on observe. Vives douleurs produites par l’impression de l’air et de la lumière; chémosis très-marqué de chaque côté, rougeur foncée de la conjonctive; pseudo-membranes se montrant sous la forme de filaments blancs, très-extensibles.
Il y a huit jours, le malade a contracté une blennorrhagie assez intense. Il se souvient très-bien de s’étre essuyé les yeux avec un linge récemment souillé de pus blennorrhagique.
Diagnostic : ophthalmie blennorrhagique.
Traitement: douches oculaires, glace, collyre au nitrate d’argent; àlintérieur lOgrammes de cubèbes et 10 grammes de eopahu.
24 juin. — Amélioration sensible ; chémosis moins prononcé; œil gauche un peu moins malade que le droit. Cornées légèrement altérées par l’inflammation.
25. — Sur l’œil gauche le chémosis a disparu et toute suppuration a cessé. Encore quelques symptômes inflammatoires dans l’œil droit.
27. — Absence de douleur, de photophobie, de larmoiement et de sécrétion purulente dans les deux yeux. Seulement il reste encore un peu d’injection sur la conjonctive. Même traitement.
5 juillet. — Les deux yeux ne laissent plus rien à désirer. Le malade sort dans d’excellentes conditions.
Existe-t-il une forme d’ophthalmie pseudo-membraneuse qu’on puisse rapporter à la diathèse farcineuse? C’est ce qu’on ne saurait affirmer. Mais 1 observation suivante semble donner créance, jusqu’à un certain point, à cette supposition. En attendant que d’autres faits viennent à 1 appui de cette hypothèse, nous rapporterons celui qu’on va lire.
Obs. 313. Ophthalmie purulente pseudo-membraneuse, liée à des suppurations
'lire >0y7\Vn>!' \ C na,ure farcineuse. — Pichon (Michel), 32 ans, maçon, est entré le 11 mai 18oG a 1 hôpital Lariboisière.
Get homme porte à la région cervicale, supérieurementjet de chaque côté, des masses ganglionnaires suppurées dont la nature est suspecte et qui semblent s’être développées sous l'influence d’une diathèse farcineuse. 11 y a eu, en outre, par le nez, un écoulement abondant qui aurait coïncidé avec ces suppurations adénitiques.
Aujourd’hui on constate chez ce malade une ophthalmie des plus intenses. L’œil droit surtout est très-compromis ; l’état général est très-mauvais. On remédie aux accidents oculaires par les douches, le collyre, le décapage des cils.
Pour améliorer l’état général, on prescrit l’iodure de potassium en potion soir et matin et les bains de sublimé tous les deux jours.
22 mai. — Les yeux du malade vont très-mal; ils sont incessamment le siège de productions pseudo-membraneuses. L’œil droit est presque perdu.
1er juillet. — L’œil gauche s’est très-notablement amélioré. Il ne reste dans la cornée qu’un peu d’épanchement inter-lamellaire, qui semble vouloir se résorber.
4. — On ouvre à l’aide du scarificateur des abcès strumeux que le malade porte à la région cervicale.
Jusqu’au 28 juillet, on continue à pratiquer tous les jours des scarifications sur la région cervicale.
5 août. — Il ne reste au cou que quelques points fistuleux. L’œil gauche ne présente plus qu’un léger nuage sur la cornée. L’œil droit est notablement atrophié par suite de l’évacuation qui a eu lieu, il y a trois mois, d’une grande partie de l’humeur vitrée. — L’iris envahissant la chambre antérieure a contracté adhérence avec la face postérieure de la cornée. L’état général est très-satisfaisant. Exeat.