La suppuration est très-limitée
4. — La plaie est en grande partie fermée. Le malade sort en voie de guérison.
Dans le cas qui vient d’être rapporté, on a pu voir que la forme ampullaire, qui probablement était d’abord très-pure, s’est compliquée ultérieurement de suppuration sous-cutanée et de l’ulcération perforative du derme.
Le malade ayant continué â marcher et à travailler malgré l’ampoule dont le talon était le siège, l’inflammation s’est emparée du tissu cellulaire sous-cutané. Il y avait donc deux foyers purulents, l’un sous-épidermique, l’autre sous-dermique, et qui ne pouvaient communiquer ensemble. Ce n’est que par la destruction ulcéreuse ou sphacélique du derme que cette communication a pu avoir lieu. Il est donc indiqué, dans des cas semblables, de compléter par un débridement suffisant le travail de la nature, et c’est ce que nous avons fait.
Les observations suivantes nous offriront des exemples de la forme sphacélique du durillon froissé.
Obs. 780. — Durillon froissé du talon droit. Forme, sphacélique. Excision de la portion sphacélée. Occlusion. — Uzé (Denis), imprimeur, 28 ans, rue Saint-Bernard, 18, est enfré le 21 juin 1852, à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-François, 28.
SECT. \II. — SUPPURATIONS DU MEMRRE INFÉRIEUR.
Sous le talon du côté droit existe un durillon froissé à forme sphacélique et dont
la dissection a présenté les circonstances suivantes. A l'extérieur la lame épidermique très-épaisse, soulevée par de la sérosité roussâtre, légèrement purulente. Ensuite une portion du derme, de la largeur d’un centimètre environ, noirâtre, insensible à la pointe du bistouri, évidemment sphacélée. En dernier lieu le tissu cellulaire sous-cutané enflammé et contenant du pus, mais sans communication avec la poche sous-épidermique. Cataplasmes.
23. — Le pus contenu dans le tissu cellulaire ayant pu s’écouler librement après l’enlèvement de la portion de derme sphacélée, il ne reste plus qu’une petite perforation qui se comblera rapidement sous la cuirasse.
Exeat.
Obs. 790. — Durillon froissé du talon gauche. Forme sphacélique. Ablation de l’épiderme et de la portion sphacélée. Occlusion.Guérison. — Debeyer (Pierre), cordonnier, 52 ans, rue Sainte-Marguerite, est entré à l’hôpital Saint-Antoine, le 14 juillet 1852.
Durillon froissé au-dessous du talon gauche par une marche forcée. Accumulation de pus au-dessous de la couche épidermique qu’on excise. Une portion du derme du volume d’une lentille est convertie en eschare. Le stylet arrive dans le tissu cellulaire sous-cutané qui ne présente pas de trace de collection purulente. L’eschare est enlevée. Occlusion.
20 juillet. — La petite perforation du derme après avoir suppuré pendant quelque temps s'est complètement fermée. Le malade sort guéri.
L’observation suivante est un exemple de durillon froissé sphacélique ayant produit l’abcès en double bouton. Ce fait nous a suggéré l’idée que cette forme de durillon pouvait bien être l’une des origines du mal plantaire perforant.
Obs. 791. — Durillon froissé sphacélique du talon. — Bouflier (Paul) , 49 ans, serrurier, entre à l’hôpital Lariboisière, le 10 mai 1857.
Cet homme souffre depuis trois semaines dans le talon. 11 présente, en effet, dans cette région une ampoule très-volumineuse qui occupe une étendue circulaire de 3 centimètres environ de diamètre. L’épiderme offre une couleur blanche très-caractérisée el donne au toucher une sensation de fluctuation indiquant la présence du pus. On enlève tout l’épiderme soulevé et il s’écoule une certaine quantité de liquide purulent. Le derme est perforé au centre de l’abcès elpar cette perforation on pénètre dans un cul-de-sac renfermant du tissu cellulaire sphacélé ainsi que des portions du derme; maison constate que l’os n’est pas à nu.
Ainsi la collection présentait la forme en bouton de chemise. Or cette forme nous donne lieu de penser que l’abcès abandonné à lui-même peut amener le mal plantaire perforant, lequel n’est autre chose qu’une maladie de forme, c’est-à-dire une maladie dépendant de la forme de la perforation.
Il existe en effet un cul-de-sac dont le fond, beaucoup plus large que l’ouverture, sécrète du pus par toute sa surface. Le liquide ne trouvant d’autre issue qu’un orifice étroit et dont les bords sont taillés à pic, s’écoule mal, séjourne dans le cul-de-sac, s’y putréfie par son contact avec l’air extérieur, el tend à ulcérer le fond de la cavité.
Pour remédier à ces inconvénients, on agrandit l’ouverture et on en taille les bords de manière à ce qu’ils présentent un plan incliné en forme d’entonnoir. Le fond, se trouvant dès lors plus étroit que l’ouverture, n’offrira plus la meme tendance à l’ulcération. On panse ensuite avec des cataplasmes.
tG mai. — On substitue aux cataplasmes le pansement par occlusion.
23. — Exeat. — Le malade en voie de guérison reviendra se faire panser à la consultation.
llï PART. III. — DE LA SUPPURATION DANS LES ORGANES.
Ous. 792. — Mal plantaire perforant. Pansement par occlusion. Guérison. — I)e|afosse (Edouard-François) , 40 ans, cafetier, est entré à l’hôpital Lariboisière le “>4 octobre 1857.
Ce malade présente â la région planlaire de chaque pied, à égale distance des parties antérieure et postérieure du pied, plus près du bord externe que de l’interne, une excavation de forme conique, à base dirigée vers l’extérieur. Les bords de ces excavations sont induiés; le iond est dune couleur blanc-grisâtre et occupé par une sorte de fausse membrane.
Il a existé pendant très-longtemps dans les points malades des durillons qui ont été coupés un grand nombre de fois.
Il y a trois ans, il s’est fait un commencement de perforation. Le malade éprouvait de vives douleurs en marchant. On eut successivement recours, pour obtenir la guérison, à l’emploi d’un trochisque, du bistouri, du fer rouge.
A la suite de ces divers traitements, le malade garda le lit pendant trois mois; la marche lui était devenue complètement impossible.
Le mal reparut et la plaie devint de plus en plus profonde.
C’est alors que Delafosse vint à Paris et entra à l'hôpital.
20 octobre. On procède à 1 opération qui consiste à détruire à l’aide du bistouri ce q.ii rend abrupte le bord du mal plantaire. Le fond de la plaie finit de cette manière par se trouver de niveau avec la surface environnante. On panse ensuite par occlusion.
15 novembre. — Cicatrisation complète.