‹ Traité pratique de la suppuration et du drainage chirurgicalChapitre 36 sur 264 · Exeat · texte numérisé non relu

Exeat

Les faits de phlegmon de la base de la langue sont assez rares pour que nous ne négligions pas de rapporter l’observation suivante :

Obs. 343. — Phlegmon de la base de la langue. Lafarge (Alphonse), 19 ans, fabricant de couleurs, est entré le 19 octobre 1852 à l’hôpital Saint- Antoine.

Depuis six jours environ, ce jeune homme éprouve les symptômes suivants *. mal de gorge intense, grande difficulté de respirer et sensation d’une tumeur dans l’arrière-bouche. Les antécédents n’apprennent rien sur la cause du mal ; pas de coup reçu dans la région malade; pas de cris prolongés ; aucun excès.

L’inspection du pharynx ne fait découvrir rien de particulier; les amygdales ne sont pas hypertrophiées. Le doigt porté à la base de la langue permet de reconnaître que le côté gauche de cet organe est plus développé que le droit. On perçoit aussi une induration qui donne lieu de croire qu’il s’agit ici soit d’un phlegmon de la base de la langue, soit d’une inflammation de la glande sous-maxillaire.

La parole est embarrassée et la suffocation est à craindre. Celle-ci peut survenir de deux manières, ou bien par la gêne mécanique qu’occasionnerait le développement de la tumeur linguale du côté de l’orifice supérieur des voies aériennes, ou bien par l’inflammation consécutive des replis arylhéno-épigloltiques.

La conduite chirurgicale à tenir n’est pas exempte de difficultés. Porter le bistouri à la base de la langue, c’est-à-dire, dans une partie occupée par des vaisseaux nombreux et d’un certain xolume, ce serait s’exposer au danger d’une hémorrhagie grave et très-difficilement

coercible. EL d’ailleurs comment s’assurer qu’il existe de la lluctuation? Car, si celle-ci existe, elle doit être profonde et centrale.

On pratique dès lors a la région sous-maxillaire une ponction avec un trocart très-fin, puis avec un bistouri. 11 sort un peu de sang mêlé de pus. Douleurs dans l’amygdale et l’oreille du côté gauche.

21 octobre. — Soulagement considérable; le malade a pu dormir cette nuit.

22. — Le pus ne s’écoule que bien imparfaitement par la canule en Y placée dans l’incision exploratrice. Comme il parait y avoir rétention de pus et comme le malade peut à peine ouvrir la bouche, on débride largement à la région sous-maxillaire et au moyen d’une ponction avec le trocart on finit par pénétrer complètement dans le foyer.

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