ABCÈS SOUS-MAXILLAIRES
Nous allons trouver pour les abcès sous-maxillaires les mêmes divi— §’ si°ns (lue pour les sus-maxillaires. Mais ce qui concourt à donner à cette f classe tl abcès un caractère particulier et une gravité toute spéciale, | c est la possibilité et, dans bien des cas, l’imminence de leur propaga-
tion vers la partie inférieure du col et même jusque vers la poitrine.
Il est un certain nombre de cas où le chirurgien qui, dans le traitement de ces sortes d’abcès, n’apporte pas une vigilance et une rapidité d’action suffisantes, expose ses malades aux plus grands dangers. On comprend donc tout l’intérêt qui s’attache à une connaissance exacte des diverses formes de ces abcès, puisque c’est de celte connaissance que peuvent se déduire les indications thérapeutiques rationnelles.
Art. 1er. — Alicès sous-maxillaircs phlegmoneux «impie*.
Les abcès phlegmoneux simples sont ici, comme partout ailleurs dans l’économie, beaucoup moins fréquents que ceux qui reconnaissent des origines autres que l’inflammation simple et directe.
Si nous en avons réuni cependant un certain nombre, cela doit être attribué en partie à ce que, dans quelques cas, la véritable origine de l’abcès ayant échappé à l’investigation, on est exposé à prendre pour abcès phlegmoneux simples des cas dans lesquels une origine angioleucitiquc, par exemple, a été méconnue.
Dans ceux, au contraire, où une cause directe, comme un coup ou une plaie, a porté son action sur la région malade, il ne peut rester aucun doute sur la véritable nature de l’affection, et nous en citerons des cas.
Obs. 304. — Abcès phlegmoneux simple de la région sous-maxillaire par cause traumatique. Incision. Guérison. — Bouret (Claude), 30 ans, sculpteur sur bois, entre le 9 octobre 1850, à l’hôpital Saint-Antoine.
11 y a huit jours, cet homme reçut un coup de poing qui porta sur la mâchoire inférieure à droite et un peu en avant. Ce coup fut assez violent pour que le malade fût terrassé. Toutefois il n’y eut pas perte de connaissance.
A l’examen de la bouche, on trouve les dents et les gencives recouvertes d’une matière pultacée. L’haleine est infecte, la parole embarrassée, la déglutition difficile. Le malade ayant été endormi au chloroforme, on ne découvre aucun signe de fracture. Une petite plaie verticale siégeant sur la gencive à l’union de l’incisive latérale gauche inférieure avec la canine semble indiquer qu’un abcès se serait ouvert assez récemment en ce point.
12 octobre. — 11 s’est manifesté au-dessous du bord inférieur du maxillaire une bosselure phlegmoneuse. Une incision y est pratiquée et ne donne aucun résultat. Introduction d’une mèche dans l’ouverture artificielle.
14. — Mieux sensible. 11 reste cependant un empâtement qui semble faire corps avec la masse phlegmoneuse.