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Le malade quitte l’hôpital parfaitement guéri

Arf. 3. — Alicès odontoiiatliiqiieü s«us-«uaxillaSrcs.

C’est loin d’être toujours par un mécanisme identique que les altérations dentaires donnent lieu à des abcès de la région sous-maxillaire.

Il y aurait d’abord une première question à décider; ce serait celle de savoir si une altération des dents exclusivement propre à ces ostéides peut par elle seule et sans lésion concomitante de la gencive ou de l’os maxillaire donner lieu k un abcès soit dans le voisinage immédiat de la mâchoire, soit k distance. C’est là, on le sent bien, un point assez difficile k trancher.

Au point de vue des influences sympathiques, nous savons très-bien que l’altération pure et simple des dents peut donner lieu k des irradiations douloureuses qui s’étendent très-loin du point précisément malade. Nous savons aussi, k n’en pouvoir douter, que, sous l’influence du même retentissement sympathique, des fluxions peuvent avoir lieu sur diverses régions plus ou moins éloignées. Mais de là k la production d’un abcès il y a encore de la distance.

Maintenant par quel mécanisme l’altération dentaire accompagnée d’inflammation de la gencive donne-t-elle lieu aux abcès sous-maxil-

SECT. VI. — SUPPURATIONS PËR1-MAXILLAIRES.

laircs? C’est par des modes et des degrés divers, depuis la simple inflammation du tissu gingival jusqu’à la suppuration du périoste alvéolo-dentaire, et à la lésion de l’os maxillaire lui-même, carie, nécrose, carie

I alvéolaire latente, etc.

Parmi les abcès odontopalhiques, il est un groupe qui mérite d’être distingué par la nature de sa cause et par la physionomie particulière qu’il présente. Ce groupe, qui mériterait jusqu’à un certain point le nom de sous-angulo-maxillaire, a été déjà l’objet de quelques recherches et reconnaît pour cause essentielle un travail ulcératif de la portion de gencive interposée entre l’apophyse coronoïde et le collet de la dernière molaire. Cette ulcération se développe sous des influences très-diverses. Nous l’avons vue survenir d’une manière en quelque sorte endémique, chez de jeunes soldats, à l’occasion d’un changement de garnison, et on l’attribuait chez eux soit à l’eau malsaine d’une caserne, soit à diverses autres circonstances. Toujours est-il que les causes très-variées de la stomatite peuvent donner naissance à cette ulcération et qu’elle coïncide souvent avec la perforation physiologique de la gencive par la couronne de la dernière molaire. Il n’y aurait dans toute cette étiologie rien que de trèsordinaire, mais voici ce qui, suivant nous, donne à l’affection un certain caractère de malignité et lui imprime un cachet tout spécial. C’est l’étranglement que subissent les parties molles comprises entre la base de l’apophyse coronoïde et la couronne de la dernière molaire, c’est, d’autre part aussi, l’état de retraite profonde et de rétention du pus dans le culde-sac que représente cette partie de la cavité buccale. Sous la double influence de cette rétention de produits qui s’altèrent et d’un travail ulcératif mélangé de phénomènes d’étranglement, il survient des accidents qui dans leur forme aiguë constituent le phlegmon sous-angulomaxillaire et qui dans leur forme chronique peuvent varier du simple engorgement sub-inflammatoire de la région sous-maxillaire jusqu’à la production de caries, de nécroses avec fistules multiples et prolongation indélinie des accidents.

Un phénomène constant et qui s’observe de bonne heure dans celte affection, c’est le serrement des mâchoires, dont nous triomphons dans I les premiers jours avec le seul secours de notre dilatateur de la bouche, mais qui, dans une période plus avancée, nécessiterait l’emploi d’un oi moyen plus puissant, tel, par exemple, que le dilatateur à vis conique, inli strument dont nous avons donné le dessin dans le Bulletin de thérapeutique |i (nos des 15 septembre et 15 novembre 1851). Il est d’autant plus impor- 5 tant de diagnostiquer cette affection dans son début qu’à cette époque des moyens thérapeutiques d’une simplicité extrême suffisent pour faire | avorter une série d’accidents redoutables et qui, à notre connaissance, I* ont maintenu pendant nombre d’années certains sujets dans un état H continuel de maladie, dû à l’altération de l’os maxillaire inférieur.

Le moyen qui nous a constamment réussi dans la période tout à fait initiale de cette affection consiste dans l’attouchement du cul-de-sac géno-maxillaire au moyen d’une solution d’azotate d’argent à 5 grammes pour 30, portée sur le point malade au moyen d’un pinceau de coton. Le lavage très-fréquemment répété de la bouche doit avoir lieu soit au moyen d’une seringue, soit par les seuls efforts du malade. J’ai coutume d’employer dans ce but l’eau d’orge miellée légèrement acidulée avec quelques gouttes de jus de citron.

Quelquefois les abcès sous-maxillaires amènent une constriction des mâchoires qui est telle qu’on ne peut même pas glisser entre les dents du malade le dilatateur buccal fermé. Pour faciliter cette introduction, j’ai recours à l’emploi d’une vis conique en ivoire dont je place la petite extrémité entre les dents. Il suffit, dès lors, d’imprimer à cette vis un mouvement de rotation pour la faire pénétrer dans la bouche et, par conséquent, pour obtenir un écartement des mâchoires. Quand cet écartement est suffisant, je remplace la vis conique par le dilatateur annulaire. L’observation suivante donnera un exemple du degré d’utilité de ces instruments.

Obs. 37T. ■ — Abcès sous-maxillaire avec resserrement des mâchoires. Emploi de la vis conique et du dilatateur buccal. Drainage. — Butot (Jeanne), 23 ans, giletière, est entrée à l’hôpital Lariboisière le IG octobre 1856. Elle présente un énorme abcès dans la région sous-maxillaire du côté droit.

Cet abcès s’accompagne d’un spasme si violent des muscles qui concourent à l’occlusion de la bouche, qu’il est impossible de faire pénétrer entre les dents l’extrémité plane du dilatateur. On est obligé de recourir à l’emploi de la vis conique qui produit un écartement suffisant des maxillaires pour que le spéculum oris puisse lui être substitué. On reconnaît alors qu’il existe du côté malade une dent cariée qui parait être la cause de l’abcès. Cet abcès d’un volume très- considérable occupe presque toute la partie latérale droite du cou. Un tube à drainage est établi qui traverse obliquement la poche purulente. On recouvre le tout d’un grand cataplasme.

Même traitement les jours suivants. Chaque matin on introduit le dilatateur à l’effet d’obtenir un écartement progressif des mâchoires.

20 novembre. — La malade ouvre spontanément la bouche. La suppuration parait à peu près tarie. On supprime le tube à drainage.

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