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LARYNGITE PURULENTE OU LARYNGITE SOUS-GLOTTIQUE

M. Cruveilhier, ayant recueilli quatre cas de cette forme particulière de laryngite, les a analysés et résumés de la manière suivante :

1° Le tissu cellulaire sous-muqueux de la région sous-glottique du larynx peut être le siège d’une inflammation aiguë.

2° Cette inflammation a pour résultat la nécrose du cartilage cricoïde, nécrose qui est généralement regardée, de môme que celle des autres cartilages du larynx, comme l’effet d’une inflammation chronique et plus particulièrement de la phthisie laryngée. Le pus, accumulé autour du cartilage, soulève la muqueuse du larynx, laquelle forme un bourrelet circulaire qui, en rétrécissant la cavité laryngienne, entraîne tous les accidents occasionnés par les maladies qui s’opposent au libre passage de l’air.

3° Le pus peut se faire jour dans l’œsophage, de môme que la portion de cartilage nécrosée. On conçoit qu’alors le pus et le cartilage puissent être rendus dans un effort de vomissement.

4° Le pus et le cartilage peuvent se faire jour dans le larynx ; il arriverait alors ce qu’on a observé dans certains cas de maladie chronique du larynx. N’est-ce pas à des exemples de ce genre qu’appartiennent les faits d’expulsion de cerceaux de la trachée, de cartilages ossifiés qu’on soupçonne [De sed. et causis, etc., epist. 15, § 13) venir du larynx, faits observés chez certains individus présumés phthisiques , et qui ont parfaitement guéri après cette expulsion? L’observation de limiter, rapportée par Cruikshank, est bien évidemment du môme genre [Anat. desvaiss. absorb., p. 277). Un individu qui avait expectoré du pus et du sang pendant plusieurs mois, et qu’on regardait comme phthisique, fut guéri après avoir rendu un corps solide qu’on reconnut pour ôtre la base du cartilage cricoïde ossifié.

5° Les symptômes de la laryngite sous-glottique sont d’ailleurs tous ceux de la suffocation par rétrécissement du larynx ; les seules différences résultent du siège, le tissu sous -muqueux de la région sous-glottique étant moins lâche et, par conséquent, moins susceptible d’infiltration

que celui de la région sus-glottique. La marche de la maladie est donc moins rapidement mortelle; elle peut môme se présenter sous la forme chronique, tandis que la laryngite sus-glottique est toujours entièrement aiguë. Le siège de la maladie explique et la douleur qui occupe la partie inférieure du larynx et la gène de la déglutition, moindre que dans la suppuration thyro-hyoïdienne. D’ailleurs, une gône constante dans la respiration, des accès de suffocation dont la cause réside évidemment dans le larynx, des quintes de toux sifflante, avec décomposition des traits, suffocation imminente, la mort pendant un accès : voilà le tableau de la laryngite sous-glottique aiguë.

Au moyen des saignées générales, des applications de sangsues en grand nombre, des ventouses scarifiées au-devant du cou et des parties latérales du larynx, des révulsifs énergiques portés sur le tube digestif, on essaiera de combattre les phénomènes inflammatoires.

Si ces moyens échouent, il importe d’avoir recours à la trachéotomie pratiquée d’après les principes que nous avons posés. (Voyez Leçons sur la trachéotomie, Paris, J. Baillière, 1855.)

M. Moustier [Bull, de la Soc. an ., -48e Bull., déc. 1833) présenta un cas d’abcès sous-muqueux du larynx. L’individu, affecté de catarrhe depuis deux ans, était depuis deux mois sujet à des accès de suffocation; il y avait aphonie. La laryngotomie nécessitée par l’imminence de l’asphyxie n’empêcha pas la mort; les cartilages du larynx furent trouvés ossifiés, le cartilage cricoïde carié à la partie postérieure et séparé de la muqueuse par une collection de pus; une des cordes vocales était ulcérée; les poumons contenaient des tubercules.

Au mois d’août 1834,M. Vernois présenta à la môme Société un cas de laryngite sous-muqueuse, siégeant au-dessous de la glotte. La muqueuse est intacte; le cartilage cricoïde dénudé et altéré est entouré de pus. Le tissu cellulaire sous-muqueux est détruit dans une assez grande étendue, de sorte que la muqueuse est soulevée. Le sujet chez lequel on a trouvé cette altération était une femme de 24 ans, qui éprouva de la dyspnée, de la difficulté à avaler, de la douleur à la pression dans la région du larynx. Il y avait expectoration puriforme. Elle succomba le cinquième jour dans un accès de suffocation.

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