Légers frissons
9. — Un gonflement s’est manifesté à la fourchette sternale. Fluctuation. On passe dans la tumeur un nouveau séton perforé par lequel s’écoule une quantité assez notable de pus louable. La peau est décollée tout autour, mais surtout en haut.
12. — Nouvel abcès au voisinage de la fourchette sternale; nouveau séton communiquant avec la cavité de l’abcès précédent. Le foyer sondé avec soin parait parfaitement limité du côté de la poitrine.
Les jours suivants, la suppuration diminue d’abondance.
20. — On remplace les sétons par des fils. Presque pas de suppuration. État général excellent; aucun accident.
29. — L’amélioration a fait de nouveaux progrès. La suppuration est presque entièrement tarie partout. \
14 décembre. — Le malade sort dans l’état suivant. Les abcès cervicaux sont cicatrisés. On n’aperçoit plus que quelques bourgeons charnus au niveau des ouvertures fistuleuses. Les mouvements du cou sont parfaitement libres.
L’observalion suivante nous fournit un exemple d’abcès adénitique volumineux du cou, traité avec succès par le drainage.
Obs. 408. — Abcès adénitique volumineux de la région cervicale latérale. Drainage. Guérison. — Poinot (Pierre-Victor), 25 ans, rémouleur, rue Saint- André, n» 11, à Montmartre, entre à l’hôpital Lariboisière le 30 juillet 1857.
Cet homme se présente avec un vaste abcès du cou dont il est difficile de déterminer la cause. Le malade nous apprend seulement qu’il y a quatre semaines il éprouva beaucoup de fatigue en faisant un déménagement ; depuis quelques jours seulement la région susclaviculaire est devenue douloureuse, et il s’y est développé une tumeur qui oblige le malade à entrer à l’hôpital.
L’abcès fait au-dessus delà clavicule droite une saillie considérable ; rougeur intense de la peau, douleur ù la pression, sensation de chaleur brûlante et tensive. Lorsqu’on veut faire asseoir le malade dans son lit, il soutient instinctivement sa tête avec ses mains, ce qui fait supposer que la collection purulente passe sous le muscle sterno-mastoïdien et l’enveloppe.
En dehors de cette tumeur s’en trouve une autre moins considérable, qui paraît indépendante de la première et qui est aussi un abcès. Un tube à drainage, passé dans la grande collection, permet de reconnaître que celle-ci est indépendante de la plus petite. Celle-ci est également traversée par un séton perforé.
C août. — Le malade sort débarrassé de ses deux abcès. Il porte encore ses tubes; mais il ne souirre plus, même à la pression ; la suppuration est presque entièrement tarie. Il reviendra a la consultation se faire retirer ses deux anses élastiques.
Dans le cas que nous allons rapporter, il s’agil d’un abcès profond du
cou déjà engagé d’une manière non douteuse à la partie supérieure de la poitrine et qui nous a inspiré les inquiétudes les plus sérieuses. Le malade paraissait voué à une mort prochaine malgré l’incision qui avait été faite le jour même de son entrée. Tout en cherchant à nous tenir en garde contre nos impressions favorables au sujet du drainage, il nous semble difficile de méconnaître que les tubes élastiques n’aient puissamment contribué au succès du traitement dans ce cas. En effet, quand des abcès qui ont un contre-bas aussi avancé vers la partie supérieure du thorax ne sont pas très-largement ouverts, il arrive souvent que la suppuration y continue, qu’elle y prend un mauvais caractère. Un travail ulcératif perfore le diverticule thoracique et amène des accidents mortels. Or les larges incisions ont desinconvénients qu’il est facile de concevoir: chances d’hémorrhagie, de suppuration plus considérable, d’infection purulente, etc. Le drainage, lui, n’expose à aucun accident semblable, et de plus il favorise pour le moins aussi bien l’écoulement du pus. L’exposé pur et simple du fait dont il s’agit nous dispensera de plus longs commentaires.
Uns. i09. — Phlegmon profond de lu partie latérale droite du cou. Drainage. Guérison. — Fanerol (Michel), 51 ans, terrassier, entre le 27 juin 1857 à l’hôpital Lariboisière.
A la suite d’un violent effort, cet homme a ressenti, quatre jours avant d’entrer à l’hôpital, une douleur très-vive à la partie latérale droite du cou au niveau de la partie moyenne du sterno-mastoïdien. Le lendemain cette douleur augmente et devient intolérable 5 la pression. Cessation de tout travail.
Le 26 juin, tuméfaction de la partie latérale du cou, rougeur intense de la peau ; tout mouvement du cou est devenu impossible.
Lors de l’entrée du malade dans le service, voici ce que l’on constate. La tête est tournée du côté opposé à celui où siège l’abcès. A la hauteur de la partie moyenne du sterno-mastoïdien, on constate un empâtement considérable avec changement de couleur à la peau; fluctuation évidente, mais très-profondément située; douleur à la pression. Gène de la déglutition ; le malade ne peut avaler que du bouillon. Fièvre.
28. — Incision longitudinale sur le bord postérieur du sterno-mastoïdien ; division des tissus couche par couche. A la partie profonde du muscle, un Ilot de pus se fait jour au dehors. Il existe un commencement de fusée purulente vers la poitrine, ainsi que l’avait fait pressentir la toux et l’oppression dont se plaint le malade.
30. — Le drainage ayant été reconnu nécessaire, le trocart introduit par l’incision faite la veille vient sortir à la partie antérieure et latérale de la collection ; malgré les vaisseaux et nerfs nombreux dont la région cervicale est pourvue, cette double ponction s’est effectuée sans donner lieu au moindre accident. On passe un tube à drainage par ces deux incisions.
Le lendemain un nouveau tube est établi dans le foyer dans le but d’enrayer la tendance du pus à fuser vers la poitrine. Pour cela on plonge le trocart de haut en bas et d’avant en arrière jusqu’au contact de la clavicule, et on le fait suivre d’un second tube à drainage.
1er juillet. — Douleurs encore très-vives; cependant les accidents thoraciques ont diminué d’intensité; oppression moindre, toux rare; état fébrile moins intense. Un peu d’appétit.
SECT. Vil. — SUPPURATIONS DE LA RÉGION CERVICALE. 245
2. — Mieux. Le phlegmon se limite du côté de la poitrine ; le gonflement a disparu ; coloration normale de la peau; cessation de la lièvre.
Les jours suivants, le mieux se soutient; les parois du foyer tendent â se recoller; les troubles respiratoires ont disparu. Suppuration moindre; déglutition facile.
24. Guérison parfaite. Le malade sort avec ses tubes à drainage, qui fournissent
encore un peu de pus ; mais il doit revenir le 26 à la consultation afin qu’on les lui ôte.
L’observation qu’on va lire est relative à un vaste abcès de la partie latérale externe du cou, abcès traité par la méthode du lavage et de l’occlusion. Il ne sera pas sans intérêt de faire remarquer que cet abcès datait d’un mois et demi et que le sujet était scrofuleux. Il s’agissait donc d’un abcès froid ou chronique. Or on verra que, sous l’influence du mode de traitement employé, la cicatrisation du foyer était complète en moins de quinze jours.
Obs. 410. • — Abcès froid de la région latérale externe du cou. Ouverture, lavage, occlusion. Guérison en moins de quinze jours. — Lecamp (Antoine), 24 ans, fondeur, est entré le 16 décembre 1852 à Lhôpital Saint -Antoine.
Ce malade, d’une constitution scrofuleuse, porte à la surface du corps, principalement à la face interne des cuisses et à la région cervicale, de nombreuses traces d’ouverture d’abcès. Les parties génitales ne présentent aucune trace de syphilis. En Afrique, toutefois, et quelque temps auparavant, pendant un séjour à l’hôpital d’Aurillac, il aurait été soumis à un traitement par l’iodure de potassium pour des abcès qui auraient été considérés comme vénériens.
Aujourd’hui le malade porte à la région latérale externe du cou, au côté droit, un vaste abcès datant d’un mois et demi. On y perçoit une fluctuation très-nette. La tumeur est soulevée par des battements artériels très-manifestes. Du côté opposé à celui où siège l’abcès on trouve des masses ganglionnaires engorgées. t
On pratique sur la collection liquide une ponction avec le trocart explorateur. 11 sort du pus. Ouverture avec le bistouri, lavage, occlusion.
18 décembre. — Il s’est reformé de nouveau un peu de pus. Nouveau lavage. Occlusion.
21. — Il s’écoule encore un peu de pus. On réapplique le pansement.