Les ouvertures sont complètement cicatrisées
4 septembre. — La malade sort de l’hôpital parfaitement guérie non-seulement de son état local, mais de ses accidents chlorotiques.
Nous avons eu beaucoup à nous louer de l’emploi du drainage chez une femme amenée à l’hôpital peu de temps après ses couches et dans un état d’aliénation mentale (délire non fébrile).
Chez cette malade l’un des seins était pour ainsi dire converti tout entier en une sorte d’éponge purulente, et se présentait à l’observation comme un organe presque détruit.
L’autre sein fut également pris d’une suppuration sous-cutanée, parenchymateuse et sous-glandulaire.
Le seul emploi des tubes à drainage fut opposé à ces envahissements purulents multiples et amena la guérison dans un espace de temps beaucoup moindre que celui qu’eût exigé tout autre mode de traitement.
Nous devons dire, û l’occasion de cette malade, que le traitement de beaucoup le meilleur des abcès sous-mammaires, c’est incontestablement l’emploi des tubes h drainage. Quelquefois nous en mettons deux
quand le décollement paraît vaste. Dans la plupart des cas nous n’en avons mis qu’un seul dans le diverticule sous-mammaire de la collection. — Dans tous les cas nous avons eu à noter les résultats les plus prompts et les plus favorables, à ce point que nous ne craignons pas de dire que c’est aujourd’hui pour nous une question de thérapeutique définitivement jugée.
3° Phlegmons et abcès postéro-mammaires hygromatiques. — Nous désignons sous ce nom les phlegmons et abcès qui se développent dans la bourse séreuse sous-mammaire. Pour apprécier l’existence de cette bourse, que nous avons signalée à la Société de chirurgie (séance du -1er juin 1833), il faut procéder de la manière suivante : On fait de haut en bas une longue incision verticale divisant la totalité du sein et plongeant jusque sur la paroi thoracique, et à l’aide de cette coupe on reconnaît qu’il existe en arrière de là glande, entre celle-ci et le muscle grand pectoral, un espace limité, lisse, offrant tout à fait l’aspect d’une cavité naturelle. Cet espace est tapissé par la bourse séreuse dont nous parlons. Cette bourse séreuse n’existe pas à l’état normal chez toutes les femmes. Elle se produit accidentellement sous l’influence de causes analogues à celles qui déterminent la formation des bourses séreuses accidentelles dans les autres parties du corps. On conçoit sans peine que les femmes qui ont été nourrices, celles dont la mamelle est naturellement volumineuse ou s’est développée anormalement par le fait d’une tumeur contenue dans son épaisseur, puissent présenter dans la région que nous indiquons une bourse séreuse de glissement. — On comprend surtout que l’état de puerpéralité et particulièrement la lactation, qui amènent un développement plus ou moins considérable du sein, favorisent la formation de cette bourse séreuse. Or l’inflammation peut s’emparer de cette bourse comme des autres parties constituantes de la mamelle.
Les symptômes du phlegmon postéro-mammaire hygromatique ont de grandes analogies avec ceux du phlegmon postéro-mammaire diffus.
Quand la bourse séreuse enflammée est prise de suppuration, on observe tous les caractères qui annoncent la présence d’une vaste collection purulente à la base de la mamelle, soulèvement du sein, volume considérable de l’organe, empâtement rénitent soit à la surface, soit au pourtour de la mamelle. De plus, si l’on exerce des pressions sur le sein, on reconnaît qu’il paraît reposer sur une base peu stable. Toutefois la fluctuation y est moins obscure que dans l’abcès postéro-mam- ' maire diffus.
Dire que les terminaisons peuvent être les mêmes que celles des col- | lections diffuses de la base de la mamelle, c’est établir la gravité du pronostic.
Quant au traitement, l’établissement des deux anses à drainage conduites en arrière de la mamelle au moyen des longs trocarts dont nous
faisons ordinairement usage constitue une pratique infiniment supérieure à celle des grandes incisions. Avons-nous besoin d’ajouter que l’on donne à ce genre de traitement toute l’efficacité dont il est susceptible, en faisant intervenir le lavage intérieur des tubes au moyen d’une canule fine et des divers agents de projection des liquides parmi lesquels nous mettons en première ligne l’injecteur atmosphérique? C’est par l’usage de ces moyens si simples que nous avons remplacé, au grand avantage de nos malades, ces formidables opérations dans lesquelles on ne proposait pas moins que de fendre l’épaisseur de la mamelle en quatre morceaux.