‹ Traité pratique de la syphilisChapitre 11 sur 38 · EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

EN GÉNÉRAL

consécutives tics membranes muqueuses, ce n’est que dans celles de la peau, et souvent on la retrouve dans les inflammations de celle membrane qui n’ont rien de syphilitique. Ainsi je crois qu’il faut totalement rejeter le nom de leinte cuivrée malgré l’autorité des praticiens très recommandables tant anciens que modernes qui l’ont employé. Dans les inflam mations syphilitiques consécutives des organes situés profondément, la peau ne devient rouge qu’à un degré très avancé de la maladie, comme dans toutes les inflammations chroniques.

La marche diffère beaucoup de celle de l’inflammation produite par toute autre cause. Elle est très-lente : les signes ne peuvent eu rien faire préjuger de sa durée. Quelquefois l’inflammation paraît devoir marcher promptement vers l’une ou l’autre terminaison, et elle reste long temps dans le même état : d’autres fois au contraire elle ne présente aucun signe qui puisse faire présumer qu’elle doive se terminer avant un temps très-long, et on trouve bientôt du pus amassé sous la peau saine. Et quand il y a ainsi une collection purulente, on ne peut encore diagnostiquer l’époque où il se portera au dehors, ni les ravages qu’il pourra faire. Car si l’on emploie un moyen thérapeutique convenable, il peut être résorbé , et disparaître complètement; et «i on n’en fait pas usage, ou si, malgré son administration, le pus reste dans son foyer, et décolle la peau, ce n’est souvent que très-tard qu’il s’ouvre une voie au dehors.

Les terminaisons sont : la résolution, qu’on obtient souvent par un traitement convenable; la suppuration, qui est toujours très longue à se former : la gangrène, qu’on peut quelquefois arrêter quand elle n’est qu imminente ; l’ulcé ration, qui est assez fréquente , et enfin l’induration.

SYPHILIS CONSÉCUTIVE

Le diagnostic, en général , facile pour l’œil exercé, présente néanmoins des difficultés dans quelques cas. L’examen des circonstances antécédentes et concomitantes sert à l’éclairer.

Le pronostic n’est pas grave quand on attaque la maladie de bonne heure par les moyens convenables. Mais quand elle existe déjà depuis long-temps, il varie en raison des progrès et des terminaisons. Celles par suppuration, gangrène et ulcération sont souvent lâcheuses, surtout si on a de la peine à arrêter la marche du mal par le traitement approprié, parce qu’alors il faut tâtonner jusqu’à ce qu’on ait trouvé le moyen thérapeutique convenable, et que pendant ce temps la maladie fait des progrès.

Teinte jaune de la peau.

Les individus , dont la constitution est profondément altérée par la syphilis, ont la peau jaune. Cette teinte a quelque analogie avec celle que l’on observe dans plusieurs maladies , et surtout dans les affections cancéreuses anciennes et parvenues à leur plus haut degré, et dans les lièvres intermittentes. Il est de toute impossibilité de la décrire d’une manière très-exacte. O11 ne pourrait pas même la représenter par une gravure coloriée, parce qu’elle offre des différences chez chaque individu. Elle se rapproche plus de celle de la peau dans les fièvres intermittentes : on dirait que la peau jaune est couverte d’une poussière ; son aspect est mat et terreux. Elle n’existe jamais seule , mais avec une autre maladie locale , qui sert à établir le diagnostic. Je l’ai vue avec toute espèce de maladie syphilitique consécutive. Les cas les plus graves et les plus diffi-

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ciles sont ceux où elle existe avec des affections, qui peuvent être regardées comme des cancers , ainsi l’engorgement du rectum, celui de la lèvre inférieure, les exostoses du sinus maxillaire avec déformation du nez , que l’on peut prendre pour un polype sarcomateux du sinus , etc. On doit apporter alors une très -grande attention dans le diagnostic, et être très réservé sur le pronostic. Celui de cette teinte jaune n'est grave que lorsque 1a maladie syphilitique consécutivequi l’accompagne n’a pas un caractère très-tranché. Ainsi, par exemple, dans les cas de syphilide, la cure a toujours été facile : dans ceux d’exostose ou de périostose, également : mais dans ceux de douleurs rhumatismales , ou de lésion des fonctions d’un organe, il n’en a pas été de même.

Fièvre syphilitique consécutive.

Les maladies syphilitiques consécutives sont souvent accompagnées d’une fièvre, qui cesse d’elle-même au bout de quelques jours par l’emploi des médicaincns appropriés à l’affection syphilitique. Elle peut avoir le type continu , ce qui est plus fréquent , ou le type intermittent, ce qui est rare. Hunter parle de cette dernière. Je ne l’ai vu qu’une fois. C’était chez une femme , qui avait une syphilide tuberculeuse du nez et de l’anus. J’attendis que la fièvre fut réglée: elle avait le type tierce; quand je l’eus bien observée , et fait observer aux élèves , je donnai le mercure (proto-iodure) , et le quatrième accès n’eut pas lieu.

Névrose syphilitique consécutive.

Sous ce nom je désigne cette affection nerveuse, qui ac-

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compagne si fréquemment (je pourrais presque dire toujours) les maladies syphilitiques consécutives , et dont le caractère spécial est de revenir chaque soir pour durer pendant toute la nuit , et se dissiper le matin. Ce que celte névrose a de plus remarquable, c’est sa coïncidence avec le lever et le coucher du soleil. Lorsque le soleil baisse et est sur le point de quitter notre horizon, le malade commence à souffrir : la douleur va en augmentant jusque vers le milieu de la nuit: elle est telle, qu’elle chasse le sommeil , et force le malheureux malade de veiller, soit en restant au lit, soit en passant la nuit sur une chaise. Elle diminue insensiblement vers le matin , et elle cesse complètement quand le soleil revient sur notre horizon: elle laisse le malade tranquille jusqu’au soir. Une chose bien digne d’attention, c’est son retour, et sa cessation changeant d’heure selon les saisons, selon que le soleil revient et disparaît plus tôt ou plus tard : et par conséquent plus la nuit est courte , moins la douleur est longue. Aussi faut-il faire varier ses interrogations à cet égard, selon les saisons. On avait cru que la chaleur du lit était la cause de cette névrose intermittente , mais c’est une erreur qui a été favorisée par le rapport qu’il y a entre l’époque du summum de l’accès et celle où on se couche. 11 y a des malades qui ne souffrent nullement le jour , et chez lesquels l’accès est alors très-facile à constater : mais il en e«ù d’autres qui souffrent dans lu journée, et il est souvent moins aisé de s’assurer du retour de l’accès. Il suffit d’en être prévenu pour établir son diagnostic. Celte névrose n’augmente en rien la gravité de la syphilis consécutive: elle disparaît très-aisément.

Je terminerai ce que j’ai à dire sur la syphilis consécutive en général , en faisant observer que lorsqu’elle est très-ancienne et très-invétérée , et qu’elle n’a pas été traitée conve-

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nablement, elle réduit le malade i un étal de cachexie telle, qu’elle est toul-à-fail au- dessus des ressources de l’art , et que le chirurgien est dans la cruelle nécessité de le voir périr , quoi qu’il puisse faire. Cependant, dans quelques cas qui paraissaient désespérés , on a pu i> force de soins , rendre la santé aux malades.

La syphilis consécutive se montre sous un grand nombre de formes : pour les exposer d’une manière claire et précise , je vais les étudier d’abord dans chaque système, et ensuite dans chaque organe. Pour les systèmes, j’adopterai la fréquence des maladies; pour les organes j’irai de la tête aux

pieds.

S1! EHII.TS CONSÉCUTIVE.

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