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CHAPITRE III

SYSTÈME FIBREUX

Les maladies syphilitiques consécutives du système fibreux sont au nombre de trois.

1°. Maladies du périoste ou périostose.

2°. Maladies des capsules fibreuses et ligamoiis.

3°. Maladies des aponévroses d’onveloppc.

Périostose.

On donne le nom de périostose ou gomme à l 'inflammation syphilitique consécutive du périoste. Des pathologistes modernes lui ont donné le nom de périostite. Mais je préfère le premier parce qu’il appartient depuis long- temps à cette inflammation suite de la syphilis.

Elle survient plus ou moins longtemps après une infection syphilitique : le pins souvent il s’écoule un long espace de temps entre les deux affections.

Son siège est dans le périoste delà face externe des os plats, et de la partie la plus compacte des os longs dans les points où ils sont le moins couverts de parties molles. Cependant elle attaque aussi le corps des os longs plongés au milieu d’un grand nombre de parties molles , le fémur par exemple. Les régions où on Cobserve le plus souvent, sont la frontale et la temporale antérieure , la face antérieure du sternum, la face interne du tibia, la face antérieure du corps du fémur, les faces externe du radius et interne du cubitus. J’on ai vu une

ljt> SïPHILIS CONSÉCUTIVE.

sur la partie antérieure de la colonne vertébrale correspondante à la paroi postérieure du pharynx dans l’arrièrebouche. Elle survient le plus souvent sans qu’aucune cause occasionnelle ait pu donner lieu à son apparition. Cependant il n est pas rare de la voir succéder à une contusion.

Elle se piésente à 1 état aigu et à l’état chronique.

Dans le premier cas, il survient sur l’os une tumeur dure, douloureuse à la pression , circonscrite , avec engorgement et tension des parties molles, et sans changement de couleur à la peau. On sent au toucher quelle est adhérente à l’os , qu elle est immobile , et qu elle offre une résistance moindre que l’exostose , et qu’elle est accompagnée d’un peu d’empâtement. Ces caractères, joints à la rapidité du développement et à la participation des parties molles à la maladie, servent bien à la faire distinguer de l’exostose. Si l’on n’emploie aucun moyen thérapeutique, ou si ceux que l’on met en usage ne sont pas suflisans pour arrêter la marche du mal, il survient une fluctuation profonde, d’abord peu sensible au doigt , semblable à celle que produit une substance gélatiniforme : cette fluctuation devient lentement plus apparente , et enfin la peau s’enflammant s’ouvre, et il coule un pus jaune de bonne qualité , mais très-épais, et paraissant contenir quelques portions d’un détritus gangréneux, quoiqu’il y en ait très-rarement. Si l’usage de médicamens convenables arrête le mal dans son principe , il disparaît aussi promptement qu’il est venu: si ces moyens ne sont employés qu’à l’époque où la suppuration a déjà lieu , il arrive trèssouvent qu’ils produisent la résorption du pus. J’ai vu un très-grand nombre de cas de ce genre au front, au tibia , et aux os de Pavant-bras. Un des cas les plus remarquables de périostose aiguë, que j’ai rencontrés, est au corps du fémur d’une fille publique. Je l’ai observée dès le principe, et l’em-

SYSTÈME FIBREUX

ploi des médicamens convenables la guérit complètement en trois semaines.

Cette affection dure quinze à trente jours : quand on l’abandonne à la nature, elle se guérit quelquefois spontanément: s’il y a suppuration, il reste un ulcère qui offre l’aspect des ulcères syphilitiques consécutifs.

La périostose chronique ne survient jamais spontanément.

Elleest précédée de douleurs fixes plus ou moins vives, et offrant toujours le caractère des douleurs ostéocopes. La tumeur se développe lentement, graduellement : elle est dure, peu ou point douloureuse à la pression , sans engorgement ni tension des parties molles extérieures , sans aucun changement de couleur à la peau, adhérente à l’os, immobile, et accompagnée de plus d’empâtement que la précédente. Il est beaucoup plus facile de la prendre pour une exostose , parce que sa rénitence et l’absence de douleur sont plus marquées. Elle est susceptible de se terminer par résolution et quand les pathologistes ont parlé d’exostoses qui se résolvaient , il est probable qu’ils avaient affaire à des périostoses chroniques. Elle se termine par suppuration: mais celle-ci est très-lente à se former : ainsi on ne la voit qu’après six, huit , ou dix septénaires. Dans ce cas , on observe un phénomène qu’on ne voit pas dans la première. Dans celle-ci, c’est du pus très- épais qui sort delà tumeur. Dans celle-là, au contraire , il y a avec le pus un bourbillon , ce qui la rapproche beaucoup des furoncles: et de même que dans cette affection , la peau n’est pas percée par une seule ouverture, mais par plusieurs. Le bourbillon une fois détaché, il reste une ulcération, ayant l’aspect des ulcères syphilitiques consécutifs. Elle se termine aussi par induration: la tumeur, après avoir acquis un certain développement, reste stationnaire , devient indolente, et persiste dans cet état pen-

SYPHILIS CONSECUTIVE.

liant tonie la vie du malade. Je pense que c’est aux périosto$es ainsi endurcies que doivent être rapportées les exostoses sphériques avec fongosités ou fongus intérieur, et dont les parois minces sont sujettes aux fractures et â l’ulcération. Le fongus est le bourbillon, et la paroi est le périoste devenu osseux.

- Le diagnostic de lapériostose aiguë est facile. Les exostoses avec lesquelles on pourrait la confondre n’ont jamais une marche aussi rapide qu’elle, soit dans leur apparition, soit dans leur résolution. On ne peut la prendre pour une tumeur des parties molles situées au-dessus de l’os , puisqu’elle est adhérente à ce dernier, et que les premières ne sont pas malades. La périostose chronique serait plus aisément confondue avec l’exostose , et je crois que cela est arrivé fréquemment. L’on peut éviter cette erreur dans le principe en ayant égard h l’empâtement que présente la tumeur: on ne se trompera jamais quand il y a fluctuation.

Le pronostic n’est pas grave. En général la périostose ne compromet jamais les jours du malade. Quand elle suppure, elle laisse une cicatrice indélébile, et toujours enfoncée parce qu’elle est adhérente à l’os. 11 le devient si elle gêne par son volume une fonction : et il l’est plus ou moins en raison de l’importance de cette fonction.

Je ne dirai rien de l’anatomie pathologique, parce que je n’ai jamais eu occasion de la faire.

Maladies des capsules fibreuses et des ligamens.

Les capsules fibreuses et les ligamens qui entourent et unissent les articulations sont souvent attaqués d’une inflammation syphilitique consécutive. Elle se présente tantôt à l’état aigu , tantôt à l’état chronique. Le premier cas ne

SYSTEM* FIBR1ÏÜX.

s’observe quo pendant le cours des urétrites ou des vaginites : les symptômes sont les mômes que ceux des rhumatismes articulaires aigus. Ils naissent et disparaissent avec la maladie qu’ils accompagnent. Le second cas ne se voit que dans la syphilis consécutive h une époque plus ou moins éloignée de l’infection.

Les symptômes ont une grande analogie avec ceux des maladies connues sous le nom de tumeurs blanches. Ils offrent quelques différences qui servent à établir le diagnostic. Le gonflement survien t très-vite : il envahit de suite toute l’articulation : il n’est pas circonscrit. La peau , qui est tendue, conserve sa couleur naturelle : il y a de l’empâtement au dessous d elle : elle n a pas cet aspect lisse et luisant si caractéristique des tumeurs blanches: lesveines sous-cutanées ne sont pas variqueuses : le toucher n’est pas douloureux , ou il l’est peu, et également : il ne trouve pas un ou deux points plus sensibles, comme dans la tumeur blanche. II fait reconnaître que les os ne participent nullement à la maladie, cl que c est entre eux et la peau que sont les parties affectées. Constamment la douleur qui accompagne cette inflammation est plus forte pendant la nuit que pendant le jour. La chaleur des parties n’est pas augmentée.

Cette inflammation coexiste fréquemment avec l’hydropisie articulaire. Elle est souvent suivie de la flexion du membre et de l’impossibilité de l’étendre. Eu général d’autres symptômes de syphilis consécutive se manifestent en même temps sur différentes parties du corps: j’ai vu plusieurs fois la teinte terreuse de la peau exister avec elle.

Le diagnostic peut offrir des difficultés : un peu d’attention et la présence d’autres symptômes syphilitiques consécutifs l’éclaireront.

SYPHILIS CONSÉCUTIVE

Le pronostic n’est pas grave :un traitement anti-syphilitique dissipe tous ces symptômes.

Maladifs des aponévroses d’enveloppe.

Les aponévroses d’enveloppe sont quelquefois le siège de tumeurs dures, semblables à des exostoses petites et pointues avec lesquelles on les confondrait, si on n’y prenait garde. J’en ai observé sur plusieurs membres: mais principalement à la partie postérieure de l’avant-bras.

système épidermique.

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