CHAPITRE IX
Je vais passer dans ce chapitre à l’étude des affections syphilitiques consécutives de chaque partie du corps. J’ai indiqué plus haut la fréquence de leur siège r je ne le répéterai pas. Je décrirai immédiatemeut les modifications que chacune d’élles présente dans les diverses parties, et je ferai connaître les maladies syphilitiques consécutives qui dépendent de la structure et des fonctions des organes, et qui n’ont pu être comprises dans les descriptions générales.
J’examinerai successivement la syphilis consécutive à la tête, à la poitrine, à l’abdomen et aux membres.
Tête,
i°. Crâne. Les exostoses de la face interne des os du crâne, qui ont acquis un volume considérable peuvent occasionner des maladies graves par la pression qu’elles exercent sur la masse encéphalique. Elles varient en raison de la portion du cerveau qui est comprimée : c’est ordinairement du côté de l’orbite qu’on les observe, d’où résultent l’exophthalmie, ou l’amaurose.
La céphalée, dont les pathologistes syphilitiques parlent tant, et qu’on a si souvent occasion de rencontrer, n’est autre chose que la névrose des os du crâne.
20. OKU. Les parties constituantes de cet organe peuvent être le siège d’affections syphilitiques consécutives. On a pensé que la rétine elle cristallin étaient attaqués par la sy-
SYl'HILUi COKSECÜT1VE.
philis consécutive, de là l’amaurose et la cataracte syphilitiques. Quoique des écrivains recommandables aient parlé Je ces maladies et en aient rapporté des exemples, on ne les admet plus aujourd’hui. Je n’en ai jamais vu qui puissent être raisonnablement attribués à la syphilis. On ne range plus au nombre des maladies qu’elle occasionne dans l’œil et ses dépendances, que 1 iritis pour l’œil et les ulcères des paupières pour les dépendances. La tumeur et la fistule lacrymale qu’on observe si souvent dans les cas d’exostoses de l’apophyse montante de l’os maxillaire supérieur, sont des maladies symptomatiques et non idiopathiques, et qui', par conséquent, ne peuvent être rangées parmi des maladies de l’œil.
L’iritis syphilitique ne se présente jamais seule; elle survient toujours pendant le cours d’une autre affection syphilitique consécutive : jamais peut-être à son début, mais fréquemment dans le cours du traitement pendant la période décroissante. Elle accompagne surtout les syphilides. Doiton attribuer cela à une corrélation entre ces organes, ou à une simple coïncidence en raison de la fréquence extrême des maladies du système cutané ? Je pense qu’il y a quelque rapport entre ces maladies et l’iritis, parce que la conjonctive qui fait partie du système cutané interne participe a la maladie.
Au surplus, je mets en doute que l’inflammation qui survient à l’œil dans le cours de la syphilis constitutionnelle et qui est désignée sous le nom d’iritis soit une affection de l’iris seulement. La couleur que prend cette membrane, sa déformation, et les douleurs qu’éprouve le malade à la lumière et que l’on peut attribuer aux mouvemens qu’elle fait alors, ne me paraissent pas sufïisans pour caractériser l’iritis. Depuis long-temps les pathologistes qui se sont occupés spécialement
ÏKTÉ.
des maladies des yeux ont admis l‘iritis“ou inllammation de l’iris ou uvée. Les caractères pathologiques n’ont pas paru suffisans et plus lard les écrivains ont cru pouvoir ôter du cadre nosologique une maladie qui n’existe pas seule, et qui n’ofl’re pas des symptômes bien clairs et bien tranchés. C’est vers le commencement de ce siècle qu’on est revenu à l’iritis. Mais les pathologistes syphilitiques avaient parlé d’une ophthalmie interne dépendante de la syphilis constitutionnelle, et bien différente de l’ophthalmie blennorrhagique. Je pense que c’est à cette maladie qu’on doit rapporter l’iritis. En effet l’iris seule n’est pas malade. La conjonctive participe de la maladie, et c’est même plutôt l’affection de celle-ci qui fait reconnaître l’iritis syphilitique que les symptômes seuls de cette dernière inflammation. Aussi suis-je porté à croirequela maladie décrite dans ces derniers temps sous le nom d’iritis n’est autre chose que la maladie décrite par d’autres pathologistes sous celui d’inflammation du globe de l’œil, et que l’irilis syphilitique est l’inflammation du globe de l’œil produite par la syphilis constitutionnelle. Quoi qu’il en soit de mon opinion sur l’iritis, je lui conserve ce nom.
L’époque de son apparition après une syphilis primitive est très-variable, comme celle de tout symptôme consécutif. Je ne l’ai jamais vue que long-temps après la première infection, plusieurs années, par exemple.
Elle est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, peut-être en est- il ici comme de i’ophlhalmie blennorrhagique. Chez l’homme il y a l’engorgement du testicule: chez la femme, l’ophthalmie syphilitique consécutive.
Elle s’annonce par la rougeur de la conjective, la douleur dans l’œil, et la difficulté de supporter la lumière. Ces symptômes sont en tout semblables h ceux de l’ophthahnie aiguë peu intense, lorsqu’on les observe superficiellement, mais
SYPHILIS CONSÉCUTIVE
quand on apporte une grande attention dans l’examen, on y trouve quelques différences. La rougeur de la conjonctive est peu marquée dans les parties éloignées de la cornée : les vaisseaux injectés forment un réseau lâche et un cercle plus serré autour d’elle et présentent une teinte légèrement jaunâtre, mais non pashrune. Quelquefois cette zone est comme dorée. La douleur est peu vive : et je n’ai pas remarqué qu’elle fût plus forte la nuit que le jour. La difficulté de supporter la lumière est très-grande : aussi le malade et l’œil la fuient. Si l’on examine l’œil avec soin , on trouve la cornée moins transparente, l’humeur aqueuse trouble , l’iris changée de couleur, la pupille déformée, et moins noire. La perle de transparence de la cornée et de l’humeur aqueuse n’est pas très-apparente le premier jour : ce n’est que plus tard qu’on peut bien l’observer, et encore n’est-elle jamais portée à un très -haut degré. Le changement de couleur de l’iris est trèsvisible. Cette membrane est terne : ses différentes couleurs sont confondues : quand elle est claire, elle devient grisâtre; quand elle est foncée , elle devient d’un noir-rougeâtre. Son bord libre est constamment déformé; au lieu d’offrir un cercle régulier, il en présente un irrégulier; souvent ce n’est plus un cercle , c’est un polygone à trois, à quatre, à cinq côtés : d’autrefois, une partie est encore ronde et une autre est droite. Toutes ces déformations très-variées et très irrégulières sont le signe pathognomonique de l’inflammation de l’iris. La face antérieure présente de petites taches rondes; jaunâtres, attribuées par quelques pathologistes h la lymphe coagulable épanchée à la surface, mais que je crois plutôt être de petits abcès qui s’ouvrent dans la chambre antérieure, car c’est constamment après avoir très -bien aperçu ces petits points, et après les avoir vus disparaître, que j’ai observé le trouble le plus grand de l’humeur aqueuse. Dans quelques
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cas, j’ai vu les stries de l’iris plus saillantes donner à cette membrane une surface inégale. La pupille est moins noire dès le principe, et présente souvent une teinte légèremont rougeâtre, comme si les parties profondes de l’œil avaient participé de la maladie. Plus tard elle prend la couleur que lui donne l’humeur aqueuse devenue trouble. Tels sont les symptômes locaux de l’affection des yeux que j’ai cru devoir rapporter h l’iritis, et que je pense être l’inflammation du globe de l’œil produite par la syphilis constilutionuelle : maladie inflammatoire qui a cela de commun avec toutes les inflammations occasionnées par la syphilis constitutionnelle de présenter les caractères peu marqués propres aux inflammations chroniques. La durée est de deux à trois septénaires.
Le diagnostic de l’iritis est facile, surtout lorsque l’iris est déformée. Avant cette époque, on peut avoir quelque peine à la distinguer.
Le pronostic n’est pas grave: un traitement approprié la guérit toujours dans l’espace de temps que j’ai indiqué.
Je n’ai jamais eu occasion d’observer l’œil après la mort.
Les ulcères des paupières sont de plusieurs espèces. Les uns dépendent des maladies de la peau ; les autres, de celles de la conjonctive,* les autres, de celles des cartilages tarses et des glandes de Méibomius.
La peau des paupières peut être le siège de toutes les maladies qui attaquent l’organe cutané externe : leurs symptômes, leur marche, leur diagnostic et leur pronostic sont les mêmes ; mais, si par suite de l’ulcère de la peau , il se forme des cicatrices vicieuses , elles peuvent renverser le cartilage tarse, et par conséquent la conjonctive, d’où résultent l’écoulement des larmes sur les joues , l’impossibilité de soustraire l'œil complètement à l’action des corps extérieurs , et l’ophthalmie chronique.
SYPHIMS CONSÉCUTIVF.
Ln conjonctive peut être également le siège d’ulcères: ils sont très-rares à sa l’ace oculaire ; c’est surtout vers le bord libre des paupières , qu’on les remarque.
Les cartilages tarses et les glandes de Méibomius, peuvent être malades de deux manières : ou ils prennent part à l’afi'ection de la peau ou de la conjonctive , ou ils sont attaqués les premiers , et ce n’est que par suite de leur altération , que ces deux membranes sont malades. Quand une syphilide serpigineuse se manifeste aux paupières, elle peut être assez profonde pour détruire le cartilage tarse : la même chose arrive lorsqu’une ulcération vient à la conjonctive. D’autres fois le cartilage est le premier attaqué; il est nécrosé probablement , et le pus se faisant jour à travers la peau , occa sionne un ulcère , qui tantôt prend les caractères syphilitiques , tantôt ne les revêt pas. C’est dans les cas de cette nature , que l’on trouve des trajets fistuleux.
3°. Nez et fosses nasales. Le nez et les fosses nasales sont très-fréquemment le siège d’affections syphilitiques consécutives. Parmi ces maladies , les unes lui sont propres , les autres lui sont communes avec la bouche. Je ne parlerai ici que des premières. J’ai déjà dit que le nez était souvent attaqué de syphilide IuLerculeuse et ulcéreuse: elles peuvent le déformer plus ou moins. Les tumeurs produites par la syphilide tuberculeuse , qui augmentent beaucoup le volume du nez , disparaissent par un traitement convenable, et cette partie revient à son état naturel. Mais quand la syphilide est ulcéreuse, il n’en est pas de même; elle laisse des cicatrices plus ou moins apparentes, suivant son siège, son degré et son étendue. Elle peut attaquer la peau seule, ou la peau et les cartilages. Si elle attaque la peau sur les os propres du nez , il y a une cicatrice de grandeur variable , tantôt non . adhérente, tantôt adhérente en raison de la profondeur de
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l’ulcération : le nez n’est pas déformé, les os étant une charpente dont la forme ne peut être changée. Si elle attaque la peau sur les cartilages , les brides qui résultent des cicatrices, peuvent altérer plus ou moins la forme du nez , et les ailes peuvent contracter des adhérences avec la peau des joues. Quand la syphilide ne se borne pas à la peau , et va jusqu’aux cartilages latéraux et à ceux des ailes , les difformités sont différentes. Si les cartilages latéraux sont attaqués , il y a une perforation ou une destruction complète, et alors la cicatrice bridée relève l’aile du nez correspondante , et incline cet organe de ce côté. Si le cartilage de l’aile est attaqué, la difformité varie selon la portion malade ; si c’est la partie qui forme l’aile, elle est diversement échancrée et dentelée, ou complètement détruite; si c’est la partie qui constitue la sous-cloison , les deux narines sont confondues dans cet endroit, et le bout du nez est un peu aplati; souvent cet aplatissement est à peine marqué, et il faut regarder le nez endessous pour s'apercevoir de la destruction du cartilage. Si tous les cartilages sont attaqués en même temps , le nez tombe et on voit l’ouverture antérieure des fosses nasales , comme dans une tête sèche. Les signes et le diagnostic des affections syphilitiques consécutives du nez , sont les mê“ mes que ceux des maladies du même genre , qui se manifestent dans d’autres parties du corps. 11 y a aussi quelques phénomènes locaux qui méritent de l’attention, non seulement pour annoncer l’apparition de la maladie, mais encore sa durée. L’extrémité du nez devient d’un rouge-violacé : elle est tendue et douloureuse; elle présente un aspect lisse et brillant; on dirait qu’il y a sur la peau une pellicule , et au toucher on sent de la mollesse , comme si un fluide existait au-dessous de l’épiderme. Tant que cet état persiste, on doit craindre l’apparition ou le retour du mal; et quelquefois au
SYPHILIS CONSECUTIVE.
moment où on croit le malade guéri , on voit apparaître un nouveau tubercule ou une ulcération , sur laquelle le pus est concrété.
Lorsque la syphilis constitutionnelle porte son action sur la membrane pituitaire et sur les différentes parties osseuses ou cartilagineuses que forment les fosses nasales , la maladie est beaucoup plus grave. Elle occasionne les syphilides tuberculeuse et ulcéreuse de la première et la nécrose des secondes. Ces affections s’annoncent quelquefois par des douleurs , mais le plus fréquemment elles n’ont d’autre prodrome qu’un écoulement purulent par le nez, et même il arrive quelquelois que peu après l’apparition de cet écoulement, le malade s’aperçoit d’une déformation du nez. Ces différences tiennent à celles qui existent dans le développement de la maladie. Si la syphilide est tuberculeuse, il y a sécheresse de la fosse nasale malade et gêne delà respiration par suite de sa diminution de grandeur. Si elle commence par l’ulcéralion delà membrane pituitaire, il y a écoulement purulent par le nez; la matière exhale une odeur infecte. On lui donne alors le nom d’ozène syphilitique, maladie bien différente de celle qui mérite le nom d’ozène, et qui a lieu sans écoulement purulent. Cet écoulement, dure plus ou moins long-temps sans altération des os: il est plus ou moins abondant en raison de l’étendue de l’ulcération. Sa quantité est toujours plus grande le matin au réveil du malade, ce qui s’explique par l’amas de matière qui se fait pendant la nuit.
Quand la maladie commence par les os, les parties molles ne sont attaquées que plus tard, et l’on voit alors survenir en même temps et l’écoulement purulent, et l’affaissement du nez. Dans ces cas, l’odeur qu’exhale le malade est plus forte et plus infecte , parce que deux causes se réunissent pour l’augmenter. L’une est la maladie de l’os, et le séjour
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du pus sur lui : l’on sait que dans les eus de nécrose, le pus qui s’écoule a toujours une odeur Irès-inlëcte. L’autre est le séjour du pus dans les anfractuosités des fosses nasales devenues moins libres au passage de l’air, et le phénomène observé a de l’analogie avec celui que l’on voit dans l’ozène qui coexiste toujours avec un aplatissement de la racine du nez.
Les symptômes qui surviennent dans les maladies des portions osseuses et cartilagineuses des fosses nasales diffèrent selon les parties affectées.
Si les os propres du nez sont nécrosés en entier, la partie du nez qu’ils forment est affaissée et aplatie, et il ne reste plus qu’un bout de nez. Si un seul os est nécrosé, le nez n est déformé que d’un côté : si la nécrose est partielle , il y a un enloncement sur le point détruit lorsque la peau n’a pas été malade,* et si elle a été affectée, une cicatrice adhérente h l’os se fait à l’cndroitcorrespondant.
Lorsque la cloison des fosses nasales est attaquée , les accidens sont différens selon que la cloison est simplement perlorée, ou que les différentes parties qui la forment sont détruites. Quand la cloison est perforée, l’ouverture est plus ou moins grande, il y a communication des fosses nasales , et quelquefois une altération de la voix, qui est en général peu marquée. Quand la cloison est détruite, les phénomènes varient selon l’étendue du mal. Si la portion de l’os ethmoïde qui soutient les os propres du nez est nécrosée , ceux-ci s’allaissent, le nez s’élargit, et s’aplatit jusqu’aux cartilages latéraux. Si c’est une portion du vomer qui est nécrosée ou sa totalité, il n’y a aucun changement dans les os du nez, l’ethmoïde les soutenant toujours,* mais le cartilage de la cloison n’étant plus fixé en arrière par cet os , il s’affaisse, et les cartilages latéraux cèdent aussi; d’où vient un léger aplatissement du nez, mais peu sensible. Quand
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le cartilage de la cloison est détruit, les cartilages latéraux ne sont plus soutenus, ils s’affaissent, et alors, comme d’une part , les os du nez sont supportés par la lame perpendiculaire del’ethmoïde, et que de l’autre les cartilages des ailes sont maintenus en place par celui de la sous-cloison qui leur appartient , il y a entre les os et les cartilages des ailes une espèce de gouttière qui a la figure d’un A renversé , et qui donne au nez un aspect singulier. Lorsque la lame perpendiculaire de l’ethmoïde , et le cartilage de la cloison sont détruits en même temps , toute la partie supérieure du nez s’affaisse, et il ne reste plus qu’un petit bout de forme pyramidale, qui paraît être appliqué a l’ouverture des fosses nasales , et qui est formé par les cartilages des ailes du nez soutenus par ceux de la sous-cloison. Le nez paraît alors retroussé, parce que la partie supérieure des cartilages des ailes, qui n’est plus soutenue, est portée plus en arrière que l’inférieure appuyée sur la sous-cloison. On ne peut assigner un terme à la durée de la maladie. Il dépend de sa nature et de son étendue.
Le diagnostic des maladies syphilitiques consécutives des fosses nasales offre des difficultés dans le principe. Il n’est pas toujours facile de distinguer l’écoulement commençant d’un coryza : mais quand il est tout-à-fait purulent, il ne peut plus y avoir d’erreur. La sortie des portions d’os en se mouchant fait bien connaître qu’ils sont nécrosés. On reconnaît quels sont les os malades d’après les phénomènes qui se manifestent.
Le pronostic est grave dans tous les cas, à cause de la difformité : et il est en raison de cette difformité. Il résulte aussi de l’affaissement du nez , une gêne plus ou moins grande de la respiration par les fosses nasales, et une difficulté dans l’écoulement du mucus nasal. Il pourrait aussi survenir une oblitérai ion (i’une narine ou des deux.
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Les os qui forment la paroi interne des fosses nasales , et surtout les cornets, peuvent être également le siège des nécroses syphilitiques. Ces cas sont plus rares, et n’offrent rien de particulier.
4°. Joues. La peau des joues, surtout près du nez et sur les pommettes, est fréquemment le siège dessyphilides tuberculeuse et ulcéreuse, dont les symptômes et le diagnostic n’offrent rien de particulier. La portion de la membrane buccale qui tapisse l’intérieur des joues présente souvent un gonflement et des ulcères que l’on attribue à la syphilis et qui n’en dépendent pas. Le gonflement se lie fréquemment h la constipation : il est assez considérable dans quelques cas pour que la membrane muqueuse se moule sur la face externe de dents. Il disparaît toujours dans l’espace de deux ou trois jours au moyen d’un régime adoucissant. Les ulcères reconnaissent trois causes : la morsure en mangeant , la carie des dents, et l’usage abusif ou prolongé du mercure. Je n’ai jamais vu de syphilide ulcéreuse h la face interne des joues. Les ulcères, qui résultent d’une morsure correspondent h l’intervalle des arcades dentaires, leurs bords sont inégaux, la joue paraît avoir été pincée; ils guérissent en deux ou trois jours , h moins qu’en mangeant, on ne les pince de nouveau : ils coexistent presque toujours avec le gonflement de la membrane muqueuse. Ceux qui sont produits par la carie des dents sont situés vis-â^vis la dent malade, sont saillans et ont la forme de la portion cariée. Ils sont rougeâtres et fongueux. Ceux, qui sont le résultat de l’usage abusif et long-temps prolongé du mercure, apparaissent pendant l'emploi de ce médicament, et surviennent indistinctement sur tous les points delà membrane muqueuse buccale, qui est tuméfiée et rouge, ils ont une surface blanche, jaunâtre et blafarde; ils sont uu peu au dessous du niveau de la membrane environnante, et leurs
bords sont arrondis. Ils accompagnent la salivation quand il y a abus des préparations mercurielles, mais ils existent seuls quand il y a usage prolongé du mercure.
Les os malaires, les apophyses montantes des os maxillaires et la partie de ces os qui appartient h la paroi externe du sinus maxillaire sont souvent affectés d’exostoses. Celles de l’os malaire et de la paroi externe du sinus maxillaire causent une difformité plus ou moins grande en raison de son étendue et de son volume. Celle de l’apophyse montante de l’os maxillaire supérieur ne produit pas seulement une difformité : elle occasionne aussi par la compression du canal nasal et même du sac lacrymal, un larmoiement continuel avec gonflement de ce sac et inflammation de la peau qui le recouvre.
5°. Lèvres. Les lèvres sont le siège assez commun des syphilides tuberculeuse et ulcéreuse. La première, surtout la variété végétante, est beaucoup plus fréquente que la seconde. Les végétations ne présentent pas aux lèvres l’aspect qu’elles offrent dans les autres parties du corps. Elles diffèrent par leur couleur et leur épaisseur. Elles sont toujours entièrement blanches, tandis que partout ailleurs elles sont rouges et surmontées de pointes blanches. J’ignore complètement d’où peut venir cette différence : rien dans la structure des lèvres ne peut en faire présumer la cause. Elles ont très peu de saillie au-dessus du niveau de la membrane muqueuse, et leur épaisseur est plus marquée à la circonférence qu’au centre. Cependant on ne peut douter qu’elles ne soient des végétations. Leur structure, examinée à la loupe et à l’œil nu, présente des tiges placées les unes è côté des autres perpendiculairement, et détachées à leur surface libre pour former de petit cônes; mais ces tiges et leurs sommets paraissent affaissés et aplatis. Ces différences dépendraient-elles de l’hu-
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inidité continuelle dans laquelle se trouvent les végétations , ou de la compression permanente par les lèvres rapprochées Tune de l’autre ou des dents. Leur siège est à la face interne des lèvres ou h la commissure. La forme ordinaire décollés de la face interne est l’ovalaire : quelquefois elles sont rondes. Celles de la commissure ont une forme particulière : on dirait qu’elles se sont développées sur l’une et l’autre lèvre, et qu’ensuite par leur rapprochement elles ont été pliées en deux : aussi paraissent-elles très-minces au point de jonction des deux lèvres, et ont-elles plus d’épaisseur sur chacune d’elles. Quelquefois ce n’est qu’une simple ligne de végétations développée au point de jonction des lèvres et qui semble aplatie par leur rapprochement. Elles sont toujours isolées, peu nombreuses et de la grosseur d’un grain d’orge.
Il paraît souvent à la face interne des lèvres de petits ulcères ovales ou ronds, de couleur grise, que les malades prennent pour des ulcères syphilitiques consécutifs; il u’en ont aucun des caractères, ils succèdent à des aphtes et guérissent en deux ou trois jours. J’ai vu plusieurs fois à la face interne de la lèvre inférieure des ulcères inégaux, déchiquetés, grisâtres que l’on rapporte aussi à la syphilis. On les cicatrise en quelques jours par les cautérisations de nitrate d’argent, et l’usage du miel rosat.
6°. Os maxillaire inferieur. Cet os est quelquefois le siège de périosloses, d’exostoses et de nécroses.
70. Langue. Les symptômes consécutifs qu’on observe à la langue sont les syphiüdes tuberculeuse, végétante et ulcéreuse, et le gonflement partiel ou total de l’organe. Les végétations ont leur siège h la pointe ou sur les bords. Je n’en ai pas vu à la base où des praticiens en ont observé. Ce que j’ai dit des végétations des lèvres se rapporte totalement è celles de la langue qui n’en diffèrent en aucun point. Les ni-
SYPHILIS CONSÉCUTIVE
cères ont leur siège sur les bords ou à la pointe de l’organe. Ils sont de deux espèces et diffèrent dans leur développement, leurs signes , leur marche , leur durée et leur terminaison. Les uns doivent être rapportés à la syphilide ulcéreuse simple , les autres à la syphilide ulcéreuse rongeante. Les premiers se développent sans aucun prodrome; ils ressemblent à une simple écorchure : les parties voisines ne sont pas engorgées et le mal paraît borné au lieu où se trouve l’ulcère. Ils sont indolens; le malade ne s’aperçoit de leur existence que par la gêne qu’ils occasionnent. Ils restent longtemps stationnaires et ont toujours par conséquent une heureuse terminaison , puisque si dès le principe on ne les traite pas convenablement et on ne les cicatrice pas, ils n’augmentent pas. Les seconds sont précédés d’un engorgement inflammatoire chronique avec couleur rouge-violacée de la partie tuméfiée , qui est douloureuse et qui gêne beaucoup dans la mastication, la déglutition et la parole. Ils sont creux , à bords coupés perpendiculairement, couverts au fond d une couche grisâtre , entourés d’une aréole tuméfiée de couleur de rouge-violacée. Ils ont une forme ovalaire d’arrière en avant , et le bord de la langue sur lequel on les observe présente une échancrure. Leur marche est rapide , et dans quelques cas , si on ne se hâte de l’arrêter, on s’expose à voir un des côtés de la langue détruit en partie. Le diagnostic demande une grande attention de la part du praticien : car il pourrait les confondre avec les ulcères suite de la carie d’une dent ou d’une morsure. L’examen des arcades dentaire s fait reconnaître de suite si l’on peut avoir affaire à un ulcère provenant de la carie des dents ; en effet, dans ce cas , il correspond à la dent malade, il est d’une forme analogue , et il présente des inégalités en tout semblables aux siennes : déplus il n’y a autour aucun engorgement : ce signe de peu de
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valeur pour les ulcérations syphilitiques simples en a beaucoup pour les ulcères rongeans. Un autre caractère sert encore à faire distinguer les ulcérations syphilitiques de celles produites par une dent cariée. Les premières sont ou au niveau de la surface de la langue ou enfoncées : les secondes au contraire sont un peu saillantes, et semblent être une longosité. Au surplus la persistance de l’ulcère après 1 avulsion de la dent servira pour fixer définitivement le diagnostic. Les morsures de la langue sont ou légères ou fortes. Les premières , que l’on se fait en mangeant ou en parlant , ne sont jamais suivies d’ulcères et guérissent en quelques jours. Les secondes, qui sont la suite d’attaques de convulsions ou d épilepsie , présentent une escarre qui tombe au bout de douze ou quinze jours , et laissent une ulcération , que sa position sur les côtés et les faces supérieureet inférieure delà langue, jointe aux circonstances antécédentes , fait aisément reconnaître.
Le gonflement de la langue est une maladie propre à cet organe. 11 se présente sous trois formes , tantôt c’est une simple tuméfaction de la membrane muqueuse qui tapisse la face supérieure, tantôt c’est un gonflement de tout l’organe ou de tout un côté seulement, tantôt enfin c’est un gonflement borné à un seul point. La tuméfaction de la membrane muqueuse se reconnaît aisément. Elle est plus épaisse que dans l’état sain : les lignes qu’elle présente sont plus marquées , et ont l’aspect de fentes qui paraissent plus ou moins profondes en raison de l’augmentation de son épaisseur : les papilles sont saillantes : si on passe le doigt sur la langue , on sent que la membrane muqueuse est dure et résistante , souvent autant qu’un morceau de bois, et les papilles font l’eflet d une râpe. Sa couleur n’est pas altérée. Le gonflement de toute la langue ou d’une moitié de la langue survient dans le milieu et non sur les bords ni à la pointe : il est dur et très-rénitent : il est
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accompagné de l’épaississement de la membrane muqueuse au point correspondant qui est d’un rouge-violacé. Sa marche est lente : il ne devient jamais assez considérable pour que la langue gêne dans la bouche et soit portée hors de cette cavité. On pourrait le confondre avec le cancer ; mais on évitera toute erreur en se rappelant que celui-ci a son siège à la pointe et aux bords et jamais au centre. Dans quelques cas, il survient aux bords de la langue un gonflement qui pourrait occasionner une erreur de diagnostic soit avec le cancer, soit avec les affections syphilitiques consécutives. Ce bord est gros , épais, tendu , lisse et offre des saillies dirigées de haut en bas , arrondies de derrière en devant , et séparées par des fentes assez marquées. Mais si on touche la langue , on sent qu’il n’y a aucune dureté , et que la partie tuméfiée conserve toute sa souplesse : cet état se lie ordinairement h celui des organes digestifs qui produit la constipation , ou h l’emploi prolongé et abusif du mercure. Le gonflement partiel d’un côté de la langue peut être comparé avec les tumeurs que j’ai dit survenir dans l’épaisseur de la peau. Il se manifeste sup une des moitiés latérales de la langue , vers sa base , par une tumeur arrondie et très-dure qui se développe lentement , reste stationnaire pendant quelques temps , et finit par s’amollir un peu et s’ouvrir : souvent meme elle s’ouvre sans avoir présenté la moindre fluctuation. On voit ajors un ulcère à bords de couleur rouge-violacée coupés à pic, lisses .unis, sans papilles, et renversés en dedans , et au fond soit une couche soit un corps jaunâtre. Un stylet introduit pénètre plus ou moins profondément dans la langue, et ne peut enlever la couche ou le corps dont je viens de parler. La circonférence de la cavité reste dure et engorgée. Celte maladie soit avant soit après son ulcération peut en imposer pour une affection cancéreuse : mais un peu d’habitude di-
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rige promptement dans le diagnostic. Je -pense qu’on pourrait rapporter ce gonflement h la syphilide ulcéreuse. Toutes les maladies de la langue dont je viens de parler apportent de la gêne dans la déglutition et dans la parole, en raison de leur intensité, et de leur étendue, et du volume qu’acquiert la langue.
8°. Voûte palatine. La voûte palatine, formée par l’os maxillaire supérieur et l’os palatin , est le siège fréquent de la nécrose de ces os. La membrane muqueuse de la bouche qui la recouvre, n’est pas affectée d’ulcères : il n’en survient que par suite de la maladie des os. J’ai toujours vu l’os maxillaire supérieur malade , jamais l’os palatin; ce dernier os , qui forme le cinquième postérieur de la voûte palatine , donne attache à des muscles; scrail-cc à cause de cela que la nature ne voudrait pas qu’il fût nécrosé ? car alors les muscles seraient sans insertion , puisque l’os n’ayant qu’un périoste très-mince, recouvert de la membrane muqueuse de la bouche, ne se régénère pas. Quoi qu’il en soit , le fait est certain, et l’observation le prouve chaque jour. C’est ordinairement vers la partie moyenne de la portion horizontale de Tos maxillaire supérieur, que se manifeste la nécrose; quelquefois en arrière vers son union avec l’os palatin; d’au- ’ très fois, mais plus rarement, en avant dans lu portion de l’os que l’on a nommée intermaxillaire , et qui contient les alvéoles des dents incisives. C’est toujours le long de la suture qui unit les deux os maxillaires supérieurs, qu’elle a lieu. Elle peut n’attaquer qu’un des os, ce qui est plus fréquent , ou les deux en même temps , comme on le voit quelquefois. On n’observe pas de symptômes précurseurs de cette maladie. Il survient tour à coup è la voûte palatine , une tumeur violacée , peu grosse , mollasse , qui dure quelques jours; elle s’ouvre: il coule un peu de pus, et il reste un ul-
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cère qui persiste tant que le portion d’os nécrosée n’est pas détachée complètement. La sanie purulente qui s’écoule de l’ulcère et de l’os a une odeur infecte, qui se communique à l’air qui sort par la bouche. L’étendue de la nécrose présente autant de variétés qu’il y a de cas différens. La durée de la maladie est en raison directe de cette étendue , et on ne peut la préciser; si elle se faisait trop attendre , il faudrait accélérer la chute de l’os nécrosé en l’ébranlant de temps en temps, et en exerçant sur lui des tractions. La chute de l’os laisse toujours une perforation incurable, à moins que la nécrose n’ait été très-bornée : car alors l’affaissement qui survient dans l’os peut oblitérer l’ouverture faite par la perte de substance. Cependant ce cas est très-rare, et il faudrait que la portion nécrosée fût excessivement petite. J’ai vu des cas où la perforation n’aurait admis qu’une grosse épingle, et où elle ne s’est pas oblitérée. Il résulte des inconvéniens trèsgraves pour la voix et la déglutition , de la perforation de la voûte palatine , et de la communication de la bouche et des fosses nasales. Quelque petite que soit la perforation, il y a toujours passage de l’air et des alimens liquides de la bouche dans le nez. Le passage de l’air altère le son de la voix, et fait , comme on dit vulgairement , parler du nez; quelquefois même on entend une espèce de sifllement dû au frottement de l’air contre les bords de la perforation. Le passage des liquides est peu de chose; et c’est plutôt un désagrément qu’une incommodité. Quand la communication entre les deux cavités est plus grande , la voix est tout-à-fait changée , parce que l’air des fosses nasales et celui de la bouche se confondent, et que celui qui vient du larynx ne peut pas retentir sur la voûte palatine. La déglutition devient très-pénible, parce que le bol alimentaire ne peut pas être appuyé par la langue contre la voûte palatine, sans qu’il passe en entier ou
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en partie dans la cavité nasale. A ces inconvéniens qui apportent un trouble dans deux fonctions , se joint une incom-
modité qui oblige les malades à une grande propreté , c’est le passage des mucosités nasales du nez dans la bouche. Le diagnostic de la nécrose de la voûte palatine est dillicile tant que la membrane muqueuse de la bouche est intacte : mais lorsqu’elle est ulcérée, il est souvent très-aisé de voir la portion d’os malade; et si l’on éprouvait quelque peine , il suffirait d’introduire un stylet dans l’ulcère , pour s’assurer de la maladie. Le pronostic est grave en raison de l’étendue du mal et de la gêne qui doit en résulter dans l’accomplissement des deux fonctions dont j’ai parlé plus haut.
90. V oile du palais. Le voile du palais et ses piliers sont souvent le siège d’une inflammation syphilitique , et plus souvent encore celui d’ulcères syphilitiques consécutifs. O11 y rencontre quelquefois des végétations, soit sur sa face antérieure , soit sur son bord. L’inflammation est toujours peu intense, et est rapportée par les malades à ces légers maux dégorgé qui sont occasionnés par un refroidissement, et qui durent deux ou trois jours, lis ne la remarquent qu’à cause de sa persistance et de sa ténacité. Ils s’adressent alors à l’homme de l’art, qui , examinant la gorge, trouve la luette le voile du palais et ses piliers peu tuméfiés et d’une couleur rouge-violacée. Les amygdales participent dans quelques cas à l’inflammation, et présentent dans leurs cryptes une couche grisâtre , qu’il faut se garder de prendre pour un ulcère. L inflammation syphilitique de la gorge peut n’occuper qu’une des parties qui contribuent à la former. Elle est de longue durée , et n’a rien de fâcheux quand elle existe seule. Malheureusement dans le plus grand nombre des cas, elle n’est que le prodrome d’une affection très-grave , l’ulcère du voile du palais. Quelquefois celui-ci survient subitement
SYPHILIS CONSÉCUTIVE
sans avoir été précédé d’aucun symptôme. Il a son siège aux bords de la luette ou du voile du palais ou des piliers ; on le voit aussi attaquer le voile du palais dans son centre , et le perforer , mais ces cas sont rares , et quand on les observe après guérison complète, la perforation qui existe est fréquemment le résultat de la réunion de deux portions qui ont été ulcérées et découpées par l’ulcération. Ces ulcères se présentent sous les deux formes indiquées, en traitant de la syphilide ulcéreuse des membranes muqueuses. La première forme est plus rare , la seconde est plus commune.
Le développement , la marche , la durée et la terminaison varient selon l’espèce. L’ulcère simple a son siège sur les piliers du voile du palais, ordinairement sur l’antérieur et sur la luette : rarement aux bords ou à la surfaee antérieure. Il n’est pas précédé de symptômes inflammatoires , et le malade ne s’ ap perçoit de son existence que par la gêne qu’il éprouve en avalant. L’examen des parties fait voir un ulcère plat, h surface égale et blafarde, sans engorgement des parties environnantes, de forme arrondie, ou ovalaire et de grandeur variable. Sa durée peut être longue, s’il n’est pas convenablement traité; sa terminaison dans ce cas n’a rien de fâcheux , parce qu’il reste stationnaire , ou ne s’étend que très-peu. L’ulcère rongeant a son siège aux bords du voile du palais, h la face antérieure de la luette et des piliers, surtout de l’antérieur , et rarement à celle du voile du palais; quelquefois il existe sur sa face postérieure et sur celle de la luette. Il est toujours précédé de l’inflammation syphilitique des parties, sur lesquelles il doit se manifester; elle dure plus ou moins long-temps. On la reconnaît aux signes indiqués plus haut , auxquels se joignent la douleur et la gêne en avalant et en parlant. Lorsque cette inflammation existe , il est important d’examiner souvent lu gorge du malade , afin de
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s’assurer s’il ne se forme pas un ulcère. Quand celui-ci se déclare , on le reconnaît aux signes suivans: il est creux, ollre une surface couverte d’une couche grisâtre, dillicile h enlever, et a des Lords coupés perpendiculairement. Les parties voisines sont d’un rouge-violacé et tuméfiées. Sa forme est très- variable , et il est impossible Je l’indiquer à cause de 1 irrégularité de sa circonférence. Lorsqu’il a son siège à la luette, il la ronge successivement, s’il commence par la pointe; si, au contraire, c’est par la base, il l’échancre, la déformé , et la fait tomber. 11 peut s’étendre de la luette aux deux côtés du voile du palais , et le ronger en entier. Quand il attaque d abord une des arcades, il peut détruire un des côtés du voile du palais , une partie de la luette et des piliers; s’il commence par les piliers, il peut les ronger dans une étendue plus ou moins grande, et même gagner le voile du palais o L 1 amygdale correspondante. Il est aisé de reconnaître cet ulcère, quand il a son siège à la lace antérieure des organes que je viens de citer : mais quand c’est à la face postérieure, le diagnostic devient dillicile, et souvent même on ne reconnaît son existence que lorsqu’il a perforé le voile du palais. Son gonflement, la couleur rouge-violacée de sa partie antérieure, la douleur en avalant et en parlant , et l’écoulement de la matière purulente servent à l’éclairer. La marche des ulcères rougeans du voile du palais est eu gélierai rapide; dans certains cas, cette rapidité est effrayante, cl 1 organe est détruit dans l’espace de deux h trois semaines* et parfois de quelques jours , à moins qu’on n’ait recours à une médication tros-active. Dans les cas d’ulcères considérables , le malade peut éprouver dos douleurs dans l’oreille, à cause du voisinage des parties affectées, et de la trompe d Lustaclic. Le pronostic est constamment fâcheux , quand les ulcères sont rongeons, â moins qu’on n’ait pu arrêter leur
marche, ou qu’ils n’aient détruit qu’une très-petite partie de la luette ou du voile du palais. Car lorsque leur action a été très-étendue , il résulte de la destruction du voile du palais , une altération très- grande de la voix , et une gêne extrême de la parole et de la déglutition. Cette dernière fonction s’exécute très-mal , parce que les alimens et surtout les boissons passent dans les fosses nasales. Il y a encore une autre incommodité , qui consiste dans l’écoulement des mucosités de la membrane pituitaire dans l’arrière-gorge.
190. Amygdales. Les amygdales sont exposées à l’inflammation et aux syphilides tuberculeuse et ulcéreuse.
Les caractères de l’inflammation syphilitique des amygdales sont semblables à ceux de la même maladie au voile du palais.
La syphilide tuberculeuse est la végétante. Je n’en connais qu’un exemple tiré de la pratique de mon père, et que j’ai vu. Je n’en ai pas trouvé dans les écrivains : quelques uns parlent de végétation dans le gosier, sans en dire plus long. Plusieurs praticiens de Paris , et M. Cullerier lui-même, m’ont dit n’en avoir jamais rencontré. Le cas que j’ai observé était chez une femme, à qui son mari avait donné la syphilis. Elle portait sur une des amygdales une végétation de la grosseur d’une fraise moyenne. Mon père l’enleva comme une amygdale affectée d’engorgement chronique. Il fit subir à la malade un traitement antisyphilitique. La végétation ne revint pas.
Il faut prendre garde de confondre la syphilide ulcéreuse avec la matière purulente déposée dans les cryptes muqueux. On établira son diagnostic pour ce dernier cas d’après la forme ronde, peu étendue et eu entonnoir des cryptes, la multiplicité des points jaunâtres, la couleur égale de la couche jaunâtre, et la disparition de tout symptôme au bout de
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quelques jours. Les ulcères ont une forme arrondie, mais moins régulière, ils sont plus étendus, ils ont leurs bords coupés perpendiculairement, leur fond est large et plat, ils ne sont pas multipliés, ils sont couverts d’une couche jaunâtre, mais qui n’est pas égale; ils sont persistons et ne guérissent que par l’emploi des remèdes antisyphilitiques, ou s’ils disparaissent sous l’influence d’une autre médication, ils reviennent bientôt. Leur marche est moins rapide que celle des ulcères du voile du palais, avec lesquels ils coexistent souvent. Leur pronostic est beaucoup moins grave.
ii°. Pharynx. La paroi postérieure du pharynx est le siège de l’inflammation syphilitique consécutive, et delà syphilide ulcéreuse. J’ai observé sur elle les deux formes de cette syphilide, mais plus fréquemment la première. La seconde 11’a pas une marche rapide. La vue les fait aisément reconnaître. J’ai observé un cas de périostose du tissu fibreux qui recouvre la partie antérieure de la colonne vertébrale et répond h la paroi postérieure du pharynx :
« Un homme de trente ans, prétendant avoir gagné à l’Age de trois ans la syphilis d’une servante, eut à vingt-sept ans des ulcères à la face interne des lèvres avec engorgement des ganglions lymphatiques du cou. On voit encore la trace des ulcères. 11 lui survint à la paroi postérieure du pharynx un gonflement de couleur rouge-violacée, qui dura quinze jours, au bout desquels il se fit une ouverture ronde sur un point de la tumeur. Celte ouverture, qui paraissait faite avec un emporte-pièce, donna passage â un corps blanc-jaunâtre, du volume d’une noix, qui pendait dans lu gorge, et gênait le malade. Celui-ci l’arracha, et le trouva semblable au bourbillon d’un furoncle. 11 resta une ulcération longue, offrant en bas un cul de sac, rendant abondamment un pus jaunâtre.
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Pendant six semaines, le malade prit conseil de l’un ét de Faulre. On lui conseilla des gargarismes adoucissans, ou détersifs : ou l’engagea k toucher l’ulcère avec du suc de citron. Ces moyens n’amenèrent aucun amendement. Un médecin lut d’avis que c’était une affection syphilitique, et en conséquence, il donna un gargarisme contenant une solution mercurielle. Le malade étant venu me consulter, l’examen de sa bouche me fit voir l’ulcère dont j’ai parlé, et qui n’avait pas changé depuis l’époque indiquée. Je conseillai les pilules de deulo-chlorure de mercure, et un gargarisme de décoction d’orge et de miel rosat; au bout de quinze jours, il y avait une amélioration très-remarquable dans l’aspect de l’ulcère, et la suppuration était beaucoup moins abondante. Après trente jours, l’ulcère était au niveau de la membrane muqueuse. Le malade, encore en traitement au moment où j’écris ce fait, est presque complètement guéri. »
12°. Larynx. Le larynx peut être, d’après les écrivains, le siège de plusieurs maladies dépendant de la syphilis constitutionnelle, telles que les syphilides tuberculeuse végétante et ulcéreuse de sa membrane muqueuse, la nécrose de ses cartilages qui mènent h la phthisie, la raucité de la voix et l’aphonie. Je n’ai pas observé ces maladies avec des caractères assez tranchés pour pouvoir les rapporter uniquement h la syphilis constitutionnelle. Je n’ai eu qu’une seule fois occasion de voir une maladie du larynx seul qui ait pu être attribuée à celte cause, et qui ait cédé au traitement anlisyphilitique.
En 1 855, on amenak l’hôpital des vénériens une fdlepubliqiife qui avait des exostoses aux jambes, des traces de syphilide sur le reste du corps, et une rougeur violacée de la gorge avec aphonie , gêne extrême de la respiration et menace de suffocation. Ce dernier symptôme simulait l’œdème de la glotte. Lorsque
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je vis la malade le matin, l’on me dit que la veille au soir et dans lanuit elle avaiteu plusieurs attaques de suffocation, telles que la trachéotomie paraissait nécessaire. Après l’avoir examinée avec soin , avoir pris connaissance des circonstances antécédentes, qui m’apprirent que cette femme avait eu plusieurs fois la syphilis, et que deux mois avant elle avait eu une pareille maladie qui avait cédé aux antiphlogistiques et aux révulsifs , je crus que sa maladie , que je ne pouvais caractériser exactement parce qu’elle ne présentai t aucun signe certain qui pût la classer, dépendait de la syphilis constitutionnelle , et en conséquence je lui administrai le sublimé en pilules matin et soir et le mercure en frictions sur la partie antérieure du cou, et des fumigations de sureau dans la gorge, et j’ordonnai contre la suffocation les bains de pieds et de mains , les sinapismes aux jambes, et une potion éthérée. Le deuxième jour, les attaques de suffocation revinrent : on me parla encore de trachéotomie. Le troisième et le quatrième il en fut de même, cependant un peu de mieux commençait h se manifester. A partir du cinquième jour, les accidens de suffocation se dissipèrent totalement, et il ne resta plus que la rougeur de la gorge, l’aphonie, et la gêne de la respiration, accidens qui au douzième jour avaient disparu. Au vingtième jour la voix était presque complètement revenue. Au bout de cinq semaines , la malade parlait bien; elle conservait parfois un peu de raucité, mais seulement h la suite de chants et de cris : il n’y avait plus ni douleur ni rougeur à la gorge, ni gêne de la respiration. La malade , qui était dans le service des filles publiques, et par conséquent retenue de force jusqu’à parfaite guérison, me tourmentait pour la laisser sortir. Voyant que le larynx était en très bon état, que les traces de la syphilide étaient effacées, qu’il n’y avait plus que les exostoses, et que d’ailleurs les organes génitaux étaient sains , je l’ai
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renvoyée, en lni recommandant, si elle tombait malade de nouveau, de dire au médecin qui la soignerait que déjà elle avait eu une affection semblable, qu’on avait traitée et guérie par le mercure seulement. Deux mois après, les élèves m’apprirent que cette femme était rentrée à l’Hôtel-Dieu dans le service de M. îe professeur Chomel : je lui en parlai ; il me dit avoir reconnu comme moi une affection syphilitique pour laquelle il donnait le mercure : mais au bout de quelques jours, les menaces de suffocation étant devenues plus fortes, probablement semblables à celles que la malade avait eues dans mon service , il lui fit pratiquer la trachéotomie. Cette
femme guérit très bien et de l’opération et de son affection syphilitique. Ce cas est très remarquable, à cause des attaques de suffocation qu’avait la malade : elles étaient aussi violentes que possible , et cependant elles cédèrent une fois à l’emploi méthodique du mercure, et l’influence de ce médicament subsista pendant deux mois. La malade en avait pris très peu (quinze grains au plus). J’avais déjà vu à l’hôpital de la Charité, alors que j’y étais élève en 1824 ou 1826, une femme à laquelle M. le professeur Roux fit la trachéotomie pour une affection semblable. Mais alors je connaissais peu les maladies syphilitiques : d’ailleurs la malade était dans un des services de médecine : elle fut amenée à l’amphithéâtre pour l’opération, et je n’ai pu par conséquent suffisamment diagnostiquer la maladie pour oser rapporter ici l’observation , et lui donner ainsi une authenticité que l’on pourrait combattre.
Poitrine.
Je n’ai jamais observé de maladies des organes contenus dans la poitrine qui pût être attribuée à la syphilis consécu-
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tive. Gorvisart dit avoir observé des végétation!» sur les valvules du cœur.
Abdomen.
Je ne suis pas plus avancé relativement aux maladies que peut occasioner sur les organes abdominaux la syphilis consécutive , car je n’ai jamais vu d’affections de ces parties que j’aie pu lui rapporter directement. La cachexie syphilitique dépend plutôt de la lésion des fonctions de tous les organes de l’économie, que de celle des fonctions des organes de l’abdomen. Je me souviens d’un cas qui me paraît devoir être mis au rang des lésions des organes digestifs. Je l’ai observé dans la pratique de mon père , il y a long-temps : je ne pourrai pas le donner avec de grands détails , mais il servira néanmoins à jeter quelque jour sur un point aussi obscur. Un homme de 4o à 5o ans avait eu dans sa jeunesse, urétrite, chancre, et bubon, et plus tard quelques symptômes consécutifs. Le tout avait été traité par le mercure , mais avec négligence. Lorsqu’il vint consulter mon père , cet homme était jaune et maigre; il avait les digestions pénibles; il était faible et dépérissait. Mon père l’examina et ne trouva aucun organe lésé au point d’expliquer cette altération delà santé. Il pensa que la syphilis constitutionnelle était la cause de ce dérangement général , et il ordonna l’usage de la tisane de Feltz. L’action de ce médicament fut telle qu’au bout de deux mois le malade avait entièrement recouvré sa santé première. Je J on ne cette observation avec toute la réserve du doute.
i°. Rectum. Le rectum est le siège de deux affections syphilitiques consécutives , les syphilides tuberculeuse et ulcéreuse. La première ne survient que dans les cas de syphilis
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constitutionnelle très avancée. Elle s’annonce par un écoulement purulent, homogène, continue, sans douleur dans l’excrétion des matières fécales. Le doigt introduit dans l’anus sent immédiatement au-dessus de lui un léger engorgement de la membrane muqueuse du rectum. Quand la maladie fait des progrès, la défécation devient difficile : les excrémcns ne traversent qu’avec peine le rectum devenu étroit par l’augmentation considérable d’épaisseur de ses parois. Le doigt promené dans l’intestin trouve qu’il est considérablement épaissi et rétréci , et qu’il offre des tubercules dans divers points de sa surface. Le contact ne fait pas saigner, si toutefois le doigt 11’écorche pas la membrane muqueuse. II y a quelquefois aussi des stries sanguinolentes sur les matières fécales , si elles sont dures , parce qu’en traversant l’intestin, elles l’ont déchiré. Cet état du rectum n’est pas accompagné de douleurs, hors le temps de la défécation, et elles ne sont pas lancinantes. Dans quelques cas la syphilide ulcéreuse du rectum coexiste avec la tuberculeuse : alors il y a écoulement de sang , chaque fois que le malade va à la selle, et le doigt introduit dans l’intestin le fait saigner. On distinguera aisément cette maladie des hémorrhoïdes internes : mais on peut la confondre avec le cancer, d’autant plus aisément que le malade offre souvent une teinte jaune. Cependant on parviendra h établir son diagnostic en faisant attention que dans le cancer, il y a douleurs lancinantes hors le temps de la défécation , et augmentation de ces douleurs pendant cet acte ; que l’écoulement purulent n’est jamais homogène, mais toujours sanieux et mêlé de sang :que dans l’examen avec le doigton sent un engorgement moins dur , offrant dans les points les plus saillans une espèce de ramollissement , ayant des ulcérations profondes h bords fongueux , et saignant abondamment au moindre contact, tandis qu’au
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contraire dans les cas de syphilis les parties bosselées sont plus dures, que s’il y a ulcère il est de niveau avec le reste de la partie malade , et l’écoulement de sang à la suite du toucher n’a lieu qu’en petite quantité et lorsqu’on a frotté beaucoup la partie ulcérée.
Le pronostic n’a rien de grave parce qu’avec un traitement antisyphilitique convenable , on parvient à une guérison sûre.
La syphilide ulcéreuse du rectum est une maladie qui ne survient également que dans la syphilis très ancienne. Elle appartient à la première variété. Elle est située près de l’anus , et s’annonce par un écoulement peu abondant, des douleurs en allant h la garderobe, et des stries sanguinolentes sur les excrémens. On peut toujours l’apercevoir en examinant l’anus, et recommandant au malade de poussai' comme s’il allait à la garderobe. On écarte les plis de l’anus, et on trouve au-dessus de lui et du sphincter un ulcère à surface jaune blafarde, sans élévation au-dessus du niveau de la membrane muqueuse, ayant un aspect tout particulier et ne présentant nullement les caractères propres à la cicatrisation. Il peut se prolonger plus ou moins haut dans le rectum, quelquefois au-delà du point où peut parvenir la vue : mais celle-ci peut toujours le découvrir près de l’anus , parce qu’il vient constamment jusqu’au sphincter.
Le diagnostic est facile : le pronostic n’est grave qu’à cause de la persistance de l’ulcère et de la difficulté de le guérir.
20. Anus. Les syphilides tuberculeuses végétante et ulcéreuse sont les seules maladies syphilitiques consécutives qu’on observe à l’anus. Les végétations peuvent être uniques ou multiples, grosses ou petites. Ordinairement quand il n’y en a qu’une et qu’on ne la traite pas , elle acquiert un volume
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assez considérable. Ce n’est pas une maladie grave. La syphilide ulcéreuse a son siège dans les replis de l’anus. S’ils sont très marqués , on la trouve au fond de chaque repli : s’ils le sont peu, on voit une ulcération plate, à fond pâle, h bords peu rouges et qui sont de niveau avec les parties saines. Elle n’est jamais rongeante. Elle survient souvent pendant l’existence des symptômes primitifs : je l’ai toujours vu coexister avec une autre maladie consécutive. Pour la reconnaître, il faut engager le malade à pousser comme s’il allait à la gardcrobe : l’anus se déplisse et on aperçoit très-bien l’ulcère.
3°. Organes génitaux de l’homme. Le pénis est le siège de végétations quelquefois très grosses, et très nombreuses, qui peuvent le cacher , et faire croire h une affection cancéreuse. On les reconnaîtra aisément aux caractères distinctifs que j’ai indiqués, et leur excision fera voir que le gland et le corps du pénis sont sains.
Le testicule est souvent le siège d’un engorgement qui dépend de la syphilis consécutive et que l’on désigne sous le nom de testicule vénérien. Il n’y a en général qu’un testicule malade: dans quelques cas rares, ils le deviennent successivement. J’ai dit en parlant de l’inflammation du testicule suite de l’urétrite, que l’épididyme restait toujours plus volumineux, et que, quelques soins que l’on prît, jamais on ne pouvait le ramener à sa grosseur naturelle. Cet état ne doit pas être regardé comme une maladie syphilitique consécutive, mais comme une disposition à l’engorgement vénérien, et c’est toujours sur le testicule qui a été enflammé que se développe la maladie consécutive. Je n’ai jamais vu uu seul cas où ce ne fût pas ainsi. Un malade, par exemple, ayant eu une inflammation du testicule par suite d’une urétrite, et le même malade ayant soit en même temps , soit â une