‹ Traité pratique de la syphilisChapitre 22 sur 38 · ABDOMEN · texte numérisé non relu

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autre époque, des chancres, je n’ai jamais vu le testicule, qui n’avait pas été enflammé primitivement être affecté d’engorgement consécutif. Mais quand un individu a eu une syphilis sans inflammation du testicule, l’un ou l’autre de ces organes peut être attaqué.

L’engorgement syphilitique du testicule se présente sous différentes formes. Tantôt l’épididymc et le testicule offrent un volume à peu près égal, et il n’y a pas épanchement de sérosité dans la tunique vaginale : tantôt le testicule et Fépididyme étant dans les mêmes conditions, la tunique vaginale contient une certaine quantité de sérosité : tantôt enfin l’épididyme est h peine volumineux, et le testicule forme la tumeur presque entièrement. Dans ces différons cas, on trouve toujours Fépididyme dur et très-résistant, et le testicule plus consistant que dans l étal naturel : mais il oflre une souplesse et une égalité de surface très remarquable. Sa forme est ovoïde , et sa grosseur plus marquée à la partie inférieure h cause du volume de Fépididyme en cet endroit. Lorsqu on le touche, le malade ressent une douleur semblable à celle que produit la pression de cet organe parfaitement sain. Le cordon testiculaire et la peau du scrotum n’éprouvent aucune altération. Je crois avoir observé un phénomène qui n’est pas indiqué : c’est le défaut de rapport entre le poids de la tumeur et son volume. Elle est moins lourde que l’on pourrait le présumer en la voyant.

La marche de cette affection est lente et sa durée longue. Elle se termine par résolution , suppuration et induration. La résolution s’obtient aisément dans le principe par un traitement approprié : on peut encore la procurer par le même moyen quand la maladie est avancée , et même alors qu’il y a déjà un peu de suppuration. Celle-ci n’arrive que trè^-tard : elle se forme lentement et enfin le pus se porte au-dehors en

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altérant la peau. L’induration a lieu lorsque l’engorgement est très-ancien : on ne peut reconnaître son existence qu’après avoir fait pendant quelque temps un traitement antisyphilitique.

Le diagnostic présente souvent des difficultés parce qu’on peut confondre le testicule vénérien avec le sarcocèle et avec l’engorgement tuberculeux. Je vais tâcher d’éclairer ce point de pratique. Le sarcocèle se présente sous trois formes : i°. le testicule s’atrophie; 2°. il prend un volume considérable; 3°. il conserve un volume intermédiaire entre les deux premiers. Ce troisième cas est le seul qui puisse être confondu avec le testicule vénérien, qui n’est jamais ni très-petit, ni très-gros : mais la dureté de la tumeur , ses bosselures tantôt dures, tantôt donnant une fausse sensation de suppuration, son poids, la douleur que ressent le malade par sa pression , les élancemens et les dardemens qu’il éprouve h différentes époques et sans cause appréciable , enfin les douleurs de reins, sont autant de raisons qui peuvent conduire à un diagnostic certain. Il pourrait devenir encore plus difficile lorsque le sarcocèle commence par l’épididyme , si dans cette circonstance , il n’y avait un engorgement du conduit déférent qui n’existe pas dans le testicule vénérien. L’engorgement scrophuleux est plutôt confondu avec l’engorgement syphilitique, parce qu’il y a plus d’analogie entre les deux affections. Je n’émets aucun doute sur la nature scrophuleuse des engorgemens du testicule chez les enfans , mais il n’en est pas de même pour les adultes. Je crois qu’on a pris fréquemment des engorgemens syphilitiques pour des scrophuleux, et ce qui me porte à avoir cette opinion , c’est que les écrivains donnent comme signes ceux que j’ai constamment observés dans les testicules vénériens. Aussi je doute que dans l’état actuel de nos connaissances, il soit possible de se prononcer à priori chez un

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adulte. On pourra s’aider del’âge du sujet , de la coexistence des symptômes généraux des scrophules , de la non préexistence d’urétrite , des bosselures molles , petites , et suppurées de la tumeur, et du commencement de la maladie par le testicule , et non parl’épididyme.

Le pronostic n’est grave que lorsque l’emploi d’un traitement antisyphilitique ne guérit pas l’engorgement, parce qu’alors il faut avoir recours à l’extirpation du testicule.

4°. Organes génitaux de la femme. Les végétations sont très-fréquentes aux organes génitaux externes de la femme. Leur diagnostic est très-facile pour les personnes qui ont l’habitude de voir les maladies syphilitiques , surtout si elles suivent, pour Féclaircr , les conseils que j’ai donnés. J’ai vu plusieurs erreurs h cet égard. Souvent les caroncules myrliformes sont très-développécs , très-grandes, et blanches , et je sais que des hommes de l’art les ont enlevées croyant couper des végétations : il est pourtant facile de les distinguer. Elles sont douces , molles, et n’offrent aucune aspérité à leur surface : les végétations au contraire sont dures, résistantes, et présentent à leur surface des pointes ou au moins des aspérités, si elles sont récentes. La différence déstructuré sert encore h éclairer le diagnostic : le tissu des caroncules est uniforme : celui des végétations ne l’est pas : on aperçoit leurs tubes accollés surmontés d’une pointe blanche. Quelquefois le chancre des petites lèvres produit leur tuméfaction ; et quand elles sont longues , leur bord offre des dentelures , et des petites saillies pointues et blanches , que l’on peut aisément prendre pour des végétations, même quand on a l’œil très-exercé , et qu’on n’apporte pas une très-grande attention. La circonstance de la présence d’un chancre, et la mollesse des pointes empêcheront de commettre une erreur. J’ai vu plusieurs fois toute la surface des petites lèvres parsc-

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méc de points Lianes , qui faisaient croire à l’existence de végétations. Le toucher m’a constamment suffi pour diriger mon diagnostic.

Le vagin est le siège des syphilides tuberculeuse végétante et ulcéreuse. La première est plus commune qu’on ne le pensait autrefois. Cullerier disait qu’il n’en avait que trois ou quatre exemples. Je suis loin d’avoir son expérience, et j’en ai déjà observé un plus grand nombre de cas. Elles ont leur sié^e

dans toute la longueur du vagin, et même dans le prolongement qu’il forme autour du col utérin. Elles sont en tout semblables à celles qu’on observe sur les autres parties. Malgré l’humidité dans laquelle elles sont continuellement plongées, elles présentent au doigt la même résistance, la même dureté et les mêmes aspérités à leur surface. Je les ai vues très-nombreuses, mais jamais plus grosses qu’un grain de chenevis. La syphilide ulcéreuse est rare. Sur deux mille femmes au moins que j’ai soignées, je ne l’ai rencontrée que deux fois. Je ne prétends établir aucun rapport entre ces deux chiffres , je veux seulement donner une idée de sa rareté. Elle est toujours de la première espèce : jamais je ne l’ai vue rongeante : elle est en tout semblableà celledu rectum. Ellese présente sous la forme d’un ulcère plat, h surface unie, et de niveau avec les bords, à fond blafard, jaune blanchâtre , n’offrant aucun bourgeon charnu , et n’ayant pas par conséquent de tendance à la cicatrisation. La marche est lente : l’ulcère, parvenu h une certaine grandeur reste stationnaire.il est très difficile à guérir. Un de ceux que j’ai vus a résisté pendant treize mois à tous les moyens thérapeutiques variés que j’ai mis en usage.

Le diagnostic est assez aisé. Le pronostic n’est grave qu’en raison de la longueur de la guérison.

Les écoulemens qui se font par l’utérus et le gonflement avec rougeur et excoriation du col de cet organe

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