TROISIEME PARTIE
TRAITEMENT
DE
LA SYPHILIS EN GÉNÉRAL
J’ai établi en principe dans le cours de cet ouvrage , que nous avions h considérer dans la syphilis deux choses : l’in— lection générale et la maladie locale. Cette distinction retrouve ici toute son importance. En effet, si la syphilis est une affection purement locale, un traitement local suffira: mais si elle est un principe morbifique, qui s’introduit dans l’économie , et dont le mal local est seulement le symptôme, il faut avoir recours à des moyens thérapeutiques qui agissent sur toute la constitution. Dès l’origine de la syphilis, cette dernière opinion a prévalu , et toujours l’on a combiné le traitement local avec le traitement général. Dans ces derniers temps, comme on a nié l’infection syphilitique constitutionnelle , on a rejeté également la médication interne , et l’on a pensé que puisque la maladie se manifestait par des symptômes bornés à une partie du corps, la guérison de ceux-ci indiquait celle de la cause. La facilité avec laquelle on obtient par les médicamens les plus simples la disparition des symptômes primitifs de la syphilis, a donné à cette opinion une apparence de réalité, qui s’est encore accrue par l’im-
TRAITEMENT
possibilité où Ton était de diagnostiquer sûrement les affections syphilitiques. L’expérience a bientôt prouvé que l’on
avait tort , et il a fallu en revenir à Pancienjie opinion , qu’un traitement général était de toute nécessité pour une guérison radicale. Néanmoins l’incertitude du diagnostic a replongé les praticiens dons l’incertitude du traitement. Pour sortir de cet état, il était indispensable d’avoir un signe pathognomonique , et j’y suis parvenu comme je l’ai exposé plus haut. Ayant cette donnée, j’ai dirigé mes recherches sur la thérapeutique ; je l’ai variée dans les circonstances semblables, et je suis arrivé à des résultats que je vais faire connaître dans cette troisième partie.
Un grand nombre de médicamcns ont été mis en usage contre la syphilis. L’expérience de plusieurs siècles a démontré jusqu’à la dernière évidence, qu’un seul avait mérité et conservé le nom d’antisyphililique , c’est le mercure. Je me suis attaché à l’étudier , et j’ai borné mes essais aux préparations le plus généralement employées , parce que je pense que ce n’est pas tant la variété que la bonne administration des médicamens, qui,fait la meilleure thérapeutique. Je me suis aussi servi d’autres substances qui ont été prônées contre la syphilis. Je vais parler des unes et des autres, en les considérant d’abord sous le point de vue général; ensuite j’en ferai l’application à chaque maladie.
SYPHILIS EN GÉNÉRAL
rtflO Mil RT B II i'I J'ioJ