‹ Traité pratique de la syphilisChapitre 31 sur 38 · TRAITEMENT DE LA VAGINITE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA VAGINITE

Le traitement de la vaginite est aussi simple que celui de 1 uielrite, quand les malades veulent se soigner convenablement. Les boissons émollientes et adoucissantes, les bains de siège, les grands bains, les lotions émollientes souvent répétées, les lavemens, le repos, et une alimentation douce sufïisent pour la guérir complètement dans l’espace de quatre à six septénaires : j’en ai même vu qui ont été complètement guéries en l’espace de trois semaines, ce que j’ai aussi observé pour 1 urétrite. Mais ces cas sont rares parce que les malades ne veulent pas se soumettre à un régime assez sévère. On pourrait croire que les vaginites qui sont promptement terminées ne sont pas syphilitiques; tandis que celles qui persistent longtemps, ont ce caractère; ce serait , je pense, une erreur. J’ai connaissance de plusieurs exemples qui pourraient démontrer positivement ce que j’avance. Cependant comme il faut être très réservé quand on cite des observations de syphilis , à cause de la mauvaise foi que les malades apportent en général dans leurs récits, je me contenterai d’un seul exemple très authentique. Une femme dont le mari avait des maîtresses, n’avait jamais eu de fleurs blanches, et jouissait constamment d une bonne santé sous tous les rapports. Elle fut prise tout è coup de douleurs à la vulve en urinant, do rougeur et de sécheresse très incommodes à celte partie. Cet état dura trois jours, au bout desquels elle s’aperçut d’un écoulement. Il survint alors de la douleur dans les aines, et un léger gonflement de deux ou trois ganglions de

traitement.

chaque côté. Elle me consulta : elle suivit le traitement que j’ai indiqué plus haut : elle appliqua des cataplasmes sur les aines, et en trois semaines elle fut lout-à-fait débarrassée. Je lui avais conseillé de tâcher devoir si son mari avait un écoulement par le pénis; elle le rechercha et s’assura qu’il en avait un, et qu’il se traitait secrètement. Je n’avais pas alors acquis les données diagnostiques sur les engorgemens des ganglions lymphatiques, que j’ai exposées dans la première partie; je dis donc à la malade que je pensais que cet écoulement n’aurait aucunes suites. Quinze mois après, il se développa sur le nez de cette dame une syphilidc ulcéreuse , qui ne céda qu5 aux applications locales, et à l’administration à l’intérieur du prolo-iodure de mercure. Cette observation n’est pas seulement remarquable sous le rapport de la durée de la vaginite, elle l’est aussi sous celui de l’engorgement des mandions

lymphatiques, qui persiste toujours quoiqu’il ait été très peu considérable.

Mais s’il est facile de guérir les vaginites quand les malades suivent un traitement convenable, il n’en est pas de même quand elles ne veulent pas se traiter, quand elles mènent une vie irrégulière, et surtout quand elles entretiennent par le coït l’irritation des parties. Alors l’inflammalion passe à l’état chronique , elle se perpétue pendant des années , et tantôt contagieuse, tantôt non contagieuse, sans qu’on sache pourquoi, elle est décorée par les femmes du titre de fleurs blanches. Autrefois le traitement était très-difficile dans le cas de cette espèce, parce qu’on ne se servait pas du spéculum, mais aujourd’hui qu’on en fait un usage habituel , il devient plus aisé, parce que l’on s’assure de l’état des parties. On peut employer le spéculum plein , et le spéculum brisé. Je préfère le premier pour le plus grand nombre des cas: je veux qu’il soit d’un grand diamètre; la laxité des parties lui permet

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bien d’entrer. Je trouve qu’avec ce spéculum on voit mieux le vagin et le col utérin. Ce n’est que dans les cas où la vaginite est compliquée de végétations du vagin , ou qu’il y a quelque altération particulière du col utérin que j’emploie le spéculum brisé. V oici la manière de s’en servir. On l'ait coucher la malade sur le bord du lit : on met un oreiller sous ses fesses, et on appuie ses pieds sur des chaises. On trempe le spéculum dans l’eau chaude, ou on le passe dans ses mains pour l’échauffer, et on l’enduit d’un corps gras soit huile, cérat, ou beurre; on a soin que la couche formée par ces deux derniers ne soit pas trop épaisse. On le prend de la main droite par le manche en mettant le pouce du côté de l’ouverture externe, et les quatre autres doigts du côté de l’instrument. De la gauche, miseen pronation sur le pubis, on écarte avec le pouce et le doigt indicateur les grandes et les petites lèvres. On appuie l’ouverture supérieure du spéculum sur la fourchette : on déprime celle-ci, on introduit directement l’instrument, on lui fait franchir l’anneau vulvaire, et on abaisse la main qui tient le manche de façon à le pousser de bas en haut dans la direction du vagin. A mesure qu’il entre on examine la membrane muqueuse, de ce canal, et lorsqu’on est arrivé au col de l’utérus, on le saisit avec le bout de l’instrument. Des chirurgiens conseillent pour l’introduction du spéculum de mettre la main gauche en bas, et de baisser, avec un des doigtsde cette mainla fourchette pendantque lesaulres écartent les lèvres de la vulve, et de refouler en haut avec le spéculum la saillie du méat urinaire. J’ai fait l’essai des deux moyens; je n’ai pas trouvé au dernier l’avantage qu’on lui attribue de ne pas blesser l’urètre, et de ne pas le faire saigner. Jamais je 11’ai par l’autre moyen blessé, ni fait saigner l’urèlre, et je suis entré avec facilité, tandis que très souvent la fourchette, quand elle est grande, et le médius appliqué sur

traitement.

elle ont arrêté mon spéculum. 11 vaut mieux examiner le vagin et le col utérin à la lumière naturelle; si cependant le vagin est duige lout-à-fait en bas, on est obligé d avoir recours a la lumière artificielle, L emploi du spéculum n’est pas possible dans le commencement de la vaginite. La turgescence des parties s y oppose. Plusieurs fois j’ai essayé son introduction; les malades éprouvaient des douleurs atroces; il y avait un écoulement sanguinolent par l’excoration de la surface de la membrane muqueuse. 11 faut donc attendre que celle période inflammatoire soit passée. Lorsque le spéculum peut être introduit, on fait des injections avec la décoction de guimauve et de têtes de pavots, et après on met un tampon de charpie imbibée du même liquide. Ce pansement doit être renouvelé tous les matins, si l’écoulement est peu abondant. S’il est considérable on le renouvelle deux fois dans le jour.

Quand la vaginite est très intense, il peut être bon de pratiquer une saignée du bras h la malade. L'application des sangsues h l’anus ou au périnée serait avantageuse : mais la matière de l’écoulement se répandant sur les piqûres de sangsues les irrite et les ulcère.

Quand la vaginite est diminuée, il faut avoir recours aux topiques astringens , l’eau végéto-minérnle , la décoction

de roses, la solution de sulfate de zinc, de dcutochlorure de mercure.

Si les malades ne voulaient pas faire usage du spéculum, il faudrait employer les injections d’abord émollientes, puis astringentes. Avant de me servir de cet instrument, j’ai fait plusieurs fois usage de ce moyen avec succès.

SYPHILIS PRIMITIVK.

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Traitement de l'inflammation du testicule.

Le traitement de l’inflammation du testicule produite par la suppression d’une urétrite, est le même que cJui de la même maladie produite par toute autre cause. Une saignée du bras, le repos au lit, un bain tiède chaque jour, des cataplasmes sur la tumeur, des lavemens et la diète suffisent ordinairement pour procurer une prompte guérison. Rarement il faut faire deux saignées. On conseille l’application de sangsues sur la tumeur et le trajet du cordon testiculaire. Ce moyen , que j ai employé souvent et que j’ai vu employer encore plus souvent, ne m’a jamais paru valoir la saignée, ^ laquelle il a presque toujours fallu avoir recours. Aussi j’y ai totalement renoncé.

J’ai mis fréquemment en usage avec succès les cataplasmes résolutifs à la lia du traitement, ou un emplâtre de Vigo cum mercurio. Il ne lautpas s’inquiéter du volume de l’épididyme qu’on ne peut faire revenir à son état naturel.

Traitement de Tophthalmie qui survient pendant une inflammation

syphilitique primitive.

L’oplithalmie produite par la suppression d’une inflammation syphilitique primitive exige le même traitement que J’ophthalmie aiguë très-intense, savoir : les saignées générales et locales, les vésicatoires aux environs de l’œil ou au cou, les sétons à la nuque, les lotions fréquentes surlœil avec des infusions légèrement toniques, la privation complète de la lumière, le repos et les dérivatifs sur le canal intestinal. 11 est très important de rappeler l’écoulement, tant chez l’homme

TRAITEMENT

*Iue chez la femme, et j’ai vu dos cas où son retour était immédiatement suivi de la guérison. Le plus remarquable est le suivant : Une jeune fille de ]8 ans avait une vaeinite pour laquelle je la soignais depuis plusieurs mois; ennuyé de voir la maladie se prolonger malgré tous les soins que je prenais, j’eus recours à des astringens plus actifs que ceux dont j avais jusqu’alors lait usage, et l’écoulement disparut presqu’immédiatement , en 24 heures. Au même moment , les yeux furent malades ; les paupières tuméfiées ne pouvaient plus s’écarter, il y avait un écoulement puriforme très- abondant , et ne pouvant examiner le globe de l’œil, je pensai que la vue serait perdue. J’employai de suite les antiphlogistiques, et des dérivatifs. Voyant au bout de deux jours que l’état était le même, je crus qu’en administrant le calomel , regardé par des praticiens comme un spécifique dans les maladies syphilitiques des yeux , j’obtiendrais quelque heureux résultat, d’autant plus que les médicarnens ordonnés n’avaient pas occasionné de selles. Le premier jour j’en fis prendre huit grains; le second, dix grains, le tout sans effet; le troisième, douze grains; la malade eut une garderobe abondante; l’écoulement reparut en même temps, les paupières s’ouvrirent, leur écoulement puriforme cessa, et les yeux étaient sains. Tous ces phénomènes se passèrent dans les 24 heures , qui s’écoulent entre deux visites. J’ai rarement été assez heureux pour avoir de pareilles guérisons, et presque toujours j’ai vu les malades perdre les yeux.

Dans ces derniers temps , on a conseillé et fait avec succès l’excision de la portion de la conjonctive tuméfiée , quand il y a chemosis. Cette opération avait déjà été suivie de réussite dans les cas d’ophthalmies aiguës très-intenses , où cet accident avait lieu.

SYPHILIS PRIMITIVE

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