ARTICLE I
Inflammations syphilitiques primitives.
Les inflammations syphilitiques primitives , ne paraissent ordinairement que quelques jours après que le contact a eu lieu , et on appelle 1 intervalle de temps qui s’écoule entre le moment de l’application du virus et celui de l’apparition de 1 écoulement, période d incubation. Elle est , dans le plus grand nombre des cas, de deux à huit jours. On a dit quelle pouvait être plus longue : mais dans ces cas extraordinaires , il y a toujours quelque circonstance qui peut faire douter que le malade ait dit la vérité.
Elles s’annoncent par quelques phénomènes variables suivant la partie affectée, et surtout par l’apparition d’un écoulement purulent.
La matière, d’abord claire , blanchâtre et transparente, de-
SYPHILIS PRIAIT TIV F .
no
vient ensuite d’un jaune verdâtre, pour prendre vers le dé clin de la maladie une couleur blanchâtre opaque. On a cru trouver dans l’intensité de cette couleur jaune verdâtre un moyen de parvenir h établir le diagnostic dans les cas douteux: mais cette couleur est celle de l’écoulement dans toutes les inflammations fortes des membranes muqueuses , comme on le voit dans le coryza , dans les ophlhalmies , dans les urétrites non contagieuses produites par la présence d’une sonde, et n’est pas un caractère propre à faire distinguer un écoulement contagieux.
Les inflammations syphilitiques primitives sont accompagnées de l’engorgement inflammatoire des ganglions lymphatiques , dans lesquels se rendent les vaisseaux lymphatiques de la membrane enflammée. Cet engorgement des ganglions lymphatiques, observé par tous les praticiens , a été rapporté pareuxàia sympathie. Cependant John Hunier pense « qu’il » y a certains gonflemens des ganglions lymphatiques , qui » sont occasionés par l’absorption d’une pareille matière » lors de la gonorrhée , et qui , par conséquent , sont véné- » riens. » Celte opinion du chirurgien anglais , a été adoptée généralement pendant un temps : on a pensé comme lui que quelquefois le bubon était vénérien, mais que le plus souvent il était sympathique; et aujourd’hui c’est uniquement à la sympathie que l’on rapporte les bubons de la première espèce qui se développent pendant le cours d’une inflammation syphilitique primitive. Il n’y a que dans les cas de suppuration , que l’on considère l’engorgement des ganglions lymphatiques , comme syphilitique. Ce que j’ai dit sur les bubons en général, me semble suffisant pour modifier à cet égard les opinions des hommes de l art , et je n y reviendrai pas.
La durée des inflammations syphilitiques primitives est de quatre b six septénaires, quand elles sont convenablement
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traitées. Si on les abandonne à elles-mêmes, elles passent à l’état chronique, et il devient alors impossible de fixer leur durée.
Elles n o i Iront rien de grave dans leur cours : mais leurs
conséquences sont quelquefois très-fâcheuses.
Les inflammations syphilitiques primitives n’appartenant suivant moi qu’à l’urètre et au vagin , je ne dois les étudier que dans ces deux organes. On leur a donné différens noms: on les a appelées Gonorrhées, Blennorrhagies, Blennorrhées, Chaudepisses. Nous les distinguerons par les noms d’Urétrile, chez l’homme, et de Vaginite, chez la femme.
. Urétrite.
L urétrite s annonce par une démangeaison et une titillation à l’extrémité de l’urètre qui s’étendent quelquefois sur tout le gland, et par des dardemens dans le canal, qui soûl, pour l’homme qui a déjà été plusieurs fois affecté de cette inflammation un signe de son apparition prochaine : quelques malades les comparent a une étincelle électrique. Les lèvres de, I orifice de 1 urètre sont d’abord collées et agglutinées ; puis elles se tuméfient , deviennent rouges, lisses, transparentes : chez quelques individus elles sont tellement grosses qu’elles paraissent surajoutées au gland. Celui-ci devient quelquefois entièrement rouge. Le liquide qui sort de l’urètre est d abord blanchâtre , clair , peu épais et peu abondant : il prend ensuite une couleur jaune-verdâtre , il devient plus consistant et plus abondant, et il fait sur le linge des taches de même couleur que lui, plus foncées au centre qu’à la circonférence , et qu’on ne peut pas enlever par le frottement. Sa quantité est très variable : ordinairement il ne sort que par gouttes, mais quelquefois elles sc suivent si rapidement que
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le jet est presque continu. L’excrétion de l’urine et les érections sont douloureuses, et le degré de souffrance du malade est en raison de l’intensité de l’inflammation. La douleur sera d’autant plus lbrte que i’urine sera épaisse et par conséquent plus chargée de sels. Dans quelques cas elle sort goutte à goutte; son jet n’est pas ordinairement changé : ce n’est que dans les urétrites très fortes qu’il est altéré. Les érections sont désagréables tout à la fois par la douleur qu’elles occasionent et par leur fréquence qui dépend de l’irritation de l’urètre. A mesure que l’inflammation diminue d’intensité , l’écoulement diminue aussi : il change de couleur, et devient blanchâtre. Cette différence dans la couleur de l’écoulement est très importante , parce que c’est alors qu’on peut avoir recours aux moyens propres à l’arrêter , sans qu’une métastase soit à craindre, et sans que les malades soient exposés à voir se manifester un nouvel écoulement dès qu’ils approchent d’une femme.
Quelques symptômes généraux, tels que des malaises , la fièvre, l’anorexie, accompagnent le développement de l’urétrite.
Cette maladie ne présente pas toujours le caractère de bénignité que je viens d’indiquer. Elle peut être accompagnée d’une lièvre intense, de douleurs très vives à la verge, au périnée, dans les aines, les lombes, les testicules , et dans l’excrétion de l’urine a\cc diminution de grosseur du jet, qui peut être aussi bifurqué ou en vrille. Dans ces cas les érections sont très douloureuses; la verge reste courbée en bas, parce que la tuméfaction des parois de l’urètre et leur engorgement par le sang ne permettent pas leur distension. L’on a nommé cette variété, urétrite cordée : souvent alors l’érection est suivie d’un écoulement de sang, par suite de la déchirure des parois de 1 urètre. La suppuration est très abondante, le pré-
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puce est tuméfié , et il y a phymosis accidentel. La surface du gland est quelquefois excoriée et suppurante. Dans quelques cas le prépuce est très enflammé : il acquiert un volume double ou triple de celui qu’il a naturellement.
L’engorgement des ganglions lymphatiques se manifeste ordinairement dans le premier septénaire. Il est en général peu volumineux , mais presque toujours assez douloureux pour que les malades le remarquent. Rarement le bubon suppure.
L’urétrite se termine constamment par la suppuration. Des praticiens ont admis une urétrite sèche. Ils ont pensé que l’urètre était dans ces cas enflammé, comme la peau dans l’érysipèle , et que tous les symptômes de l’urétrite ordinaire existaient, excepté la suppuration. Je n’en ai jamais vu et je ne pense pas que d’autres praticiens en aient observé; mais j’ai rencontré chez plusieurs individus, qui avaient eu une urétrite, des névralgies de l’urètre qui duraient longtemps après la disparition de son inflammation.
La durée de l’urétrite est de quatre à six septénaires , si le malade suit un régime convenable. La suppuration diminue peu à peu; elle devient, comme je l’ai dit, blanchâtre, et elle s’arrête d’elle-même ou on l’arrête aisément au moyen de quelques médicamens. Mais si le malade ne veut pas s’astreindre h un régime convenable , s’il voit des femmes , comme cela ne s’observe que trop souvent , la maladie passe à l’état chronique , et elle se perpétue pendant plusieurs mois.
La marche de l’urétrite n’est pas toujours telle que je viens de l’indiquer. Il arrive quelquefois que des malades n’ayant éprouvé aucune douleur dans l’urètre aperçoivent tout â coup par ce canal une suppuration vert-jaunâtre, qui cesse
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comme elle a commencé. Chez d’autres, elle change de couleur au bout d’un certain espace de temps, elle persiste, et le malade \oil sortir pari urètre, surtout le matin, une goutte ou deux d un liquide blanchâtre, sans que pour cela il éprouve la moindre douleur dans ce conduit ni en urinant, ni pendant 1 érection. v
Le diagnostic de l’urétrite est facile. Il coule par l’urètre un fluide puriforme, et le malade souffre en urinant. Si le fluide ne coule pas seul, on le fait sortir sans peine en pressant l’urètre soit au niveau de la lbsse naviculaire , soit plus has. Lorsque le prépuce est très tuméfié et qu’il y a phymosis, on peut avoir de la peine à indiquer la source de l’écoulement , et a reconnaître s il vient de l’urètre , ou du gland, ou de la lace interne du prépuce, ou d’ulcères situés sur ces parties. Cependant on peut éclairer le diagnostic en ayant égard aux douleurs que ressent le malade en urinant.
La pronostic de l’urétrite n’est pas grave en général, quant au moment présent; mais quant à l’avenir, il n’en est pas de même. Celte inflammation expose tous ceux qui en sont attaqués au rétrécissement de l’urètre, maladie toujours très -fâcheuse, et aux maladies syphilitiques consécutives, qui peuvent être plus ou moins redoutables suivant leur siège.
Lorsque pendant le cours d’une urétrite, il survient une autre inflammation, l’urétrite peut s’arrêter spontanément et ne pas revenir. J’ai vu une fois l’urétrite cesser complètement pendant le cours d une scarlatine; une autre fois pendant celui d’un érysipèle, et la maladie n’a pas reparu. La même chose s’observe aussi quelquefois pendant l’inflammatiou du testicule, cl l’ophthalmie, dite blennorrhagique. Le
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plus souvent ces deux, inflammations marchent en rapport inverse; dans quelques cas elles alternent.
L’urétrite passe très- fréquemment à l’étatchronique à cause du peu de soins que prennent les malades, et de la vie irrégulière qu’ils mènent. La durée de l’inflammation occasionc un relâchement de la membrane muqueuse de l’urètre, qui devient alors la cause de la chronicité de la maladie. Celle urétrite chronique mérite toute l’attention du praticien; car si dans ce cas on avait recours aux antiphlogistiques, loin de diminuer la maladie , on l’aggraverait: il faut donc apporter un grand soin dans son diagnostic. Elle se présente sous plusieurs formes. La plus commune est quand l’urétrite a été mal traitée, et s’est perpétuée pendant plusieurs mois. L’écoulement est devenu blanc, et il est habituel. Cctlc forme n’est plus contagieuse.
En second lieu nous placerons les urétrites qui reviennent dès que le malade fait un excès quelconque soit avec les femmes, soit en alimens et surtout eu boissons excitantes.
La troisième forme est celle dans laquelle l’urétrite survient sans cause connue, même sans que le malade ait vu de femmes.
Dans ces dernières formes l’écoulement est tantôt verdâtre etjaunâtre, tanlôt blanc, et tantôt il est contagieux, tantôt il ne l’est pas, sans qu’on puisse assigner la cause de cette différence. Le plus ordinairement cependant il ne se communique pas.
L’urétrite a-t-elle son siège dans tout l’urètre ou seulement dans une partie delà longueur de ce canal? Le plus grand nombre des praticiens est de ce dernier avis, cl ils se fondent sur les observations de John Hunier, et sur ce que démontrent les ouvertures des cadavres des individus morts avec une inflammation de l’urètre. Dès l’année îjho, John
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llunler eut occasion d’examiner les urètres de deux condamnés morts avec une urétrite, et il ne trouva aucune ulcération, mais seulement de la rougeur vers le gland. Plus tard de semblables recherches lui firent trouver les urètres enflammés dans le même état; seulement il yavait un peu de pus dans les lacunes de ce canal. Morgagni, qui a vu un grand nombre d urètres enflammés, n y a jamais trouvé d’ulcères; mais seulement de la rougeur. Les praticiens de l’époque actuelle pensent qu’il n’y a pas d’ulcérations dans l’urètre , mais uniquement delà rougeur comme dans toutes les- inflammations des membranes muqueuses; mais ils croient aussi avec Ilunler que la partie antérieure de l’urètre est seule malade, et que la fosse naviculaire surtout est enflammée ; et ils se fondent sur ce que la douleur que ressent le malade a son siège à la partie antérieure delà verge, sur ce que l’on fait sortir le liquide purulent en pressant celte partie, et sur ce que, dans l’examen des corps, on ne trouve de rougeur que dans cet endroit. Mais si l’on fait attention que les rétrécissemens de l’urètre ont leur siège dans tous les points de la longueur de ce canal , on doit convenir que l’inflammation se propage dans toule son étendue. Si la douleur se fait sentir à la partie antérieure de l’urètre vers le gland, c’est par sympathie comme dans les cas de calculs vésicaux, etc. Si la pression de la partie antérieure de l’urètre fait sortir plus de matière purulente que celle de sa partie postérieure , c’est que le pus s’y amasse par son propre poids , et par la facilité qu’il trouve è s’y loger h cause de la largeur plus grande du canal, et surtout de la fosse naviculaire. Si après la mort pendant l’existence d’une urétrite , on ne trouve réellement de la rougeur que dans la partie antérieure de l’urètre, comme l’ont vu Hunter et Morgagni , et comme je l’ai vu moi - même chez un jeune homme mort d’une péritonite pendant le cours
inflammations.
de l’inflammation de l’urètre , c’est un phénomène cadavérique plus (ju un phénomène morbide. Chez ce jeune homme l’urèlre était rouge à sa partie antérieure seulement dans une étendue d’un pouce et demi, et la rougeur était d’autant plus intense qu’on s’approchait plus de la fosse naviculaire : le reste du canal était dans l’état naturel. Pendant les 24 ou 00 heures qui s’étaient écoulées entre le moment de la mort et celui de l’ouverture du cadavre , la verge était restée pendante , et j’ai remarqué que c’était dans la partie qui se trouve au-devant du pubis , et par conséquent dans la partie pendante qu’existait cette rougeur, ce qui m’a porté à croire qu’elle était un effet de la pesanteur des liquides qui s’accumulent dans la partie la plus déclive. Cette rougeur était uniforme comme celle qui résulte de la stase du sang : elle 11’était pas par stries , par arborisation, comme les rougeurs inflammatoires des membranes muqueuses. Je pense qu’il faudrait, pour bien résoudre cette question, que, dans les cas où des individus affectés d’urétrile meurent , on relevât la verge sur le ventre etqu’on la maintînt dans cette position jusqu’à l’examen de l’urètre. Peut-être alors trouverait-on toute la membrane de l’urètre rouge. Ou bien il faudrait examiner un urètre affecté d’une inflammation chronique durant depuis 6, 7 ou 8 mois.
M. Cullerier , qui dit n’avoir eu dans une pratique de vingt ans qu’une seule fois l’occasion d’examiner un urè lre affecté d’inflammation récente , a observé un phéno mène qui vient à l’appui de ce que j’ai avancé. Il a trouvé une vive rougeur avec injection vasculaire dans la fosse naviculaire, d’où partaient des lignes rouges qui se prolongeaient dans la partie moyenne du canal , et allaient rejoindre des pro'ongemens analogues partant d’une autre plaque rouge qui en occupait la partie membraneuse.
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Vaginite.
Quoique j’aie exposé plus haut les motifs qui m’ont engage à choisir celte dénomination , je dois y revenir ici parce que tous les praticiens ne partagent pas mon opinion. Le vagin est le seul des organes génitaux de la femme qui soit afïéclé dans les inflammations syphilitiques primitives: l’urétre, qui chez elle ne fait pas une partie essentielle des organes de la. génération, comme chez l'homme, participe à cette inflammation dans tous les cas , de sorte que pour être exact , on devrait nommer cette affection , urétro-vaginite. Cependant comme c’est dans le vagin que se passent les principaux phénomènes, à cause de sa grande surface, et que l’inflam-
mation de l’urètre ne s’observe que dans les premiers momens, j’ai préféré le nom de vaginite. Depuis long-temps les praticiens avaient remarqué que dans les écoulcmens syphilitiques par la vulve , l’urètre donnait aussi issue h de la matière purulente, mais ils n’avaient pas noté ce phénomène comme constant. On est revenu dans ces derniers temps à cette opinion, qui est très-juste. Il est impossible d’ailleurs de ne pas admettre l’inflammation de l’urètre comme accompagnant toujours celle du vagin, quand on fait attention au siège de la vaginite. En effet , celle ci commence à l’espèce de cercle formé à la vulve par le bord adhérent des petites lèvres, et par les caroncules m y rti formes., et elle s’étend jusqu’au fond du vagin. Or l’urètre est en arrière de ce cercle, immédiatement au-dessus de la saillie que forme la paroi antérieure du vagin, il doit donc participer à l’inflammation de cette saillie, avec la membrane muqueuse, de laquelle la sienne est continue.
inflammations.
Les organes génitaux externes ne participent pas toujours h la vaginite, et nous trouvons ici une grande analogie avec l’urétrite : dans celle-ci , le gland et le prépuce sont plus ou moins enflammés, et souvent ne le sont nullement; de même dans celle-là, les grandes et les petites lèvres sont plus ou moins enflammées , et souvent ne le sont pas.
La vaginite s’annonce par la sécheresse du vagin et des organes génitaux externes , et par un sentiment de cuisson dans ces parties. Il peut paraître étonnant que je parle ici de la sécheresse des organes génitaux externes , puisque je n’admets pas qu’en général ils participent à l’inflammation syphilitique du vagin: quelques réflexions suffiront pour ramener à mon opinion. Bans l’état sain , la sécrétion des follicules sébacés des organes génitaux externes , et celle des cryptes muqueux du vagin sont peu abondantes , et il n’y a aucun écoulement par l’utérus , aussi trouve-t-on ces parties peu mouillées. Il s’y fait simplement un amas de matière blanchâtre, qui , pour la vulve, est semblable à celle que l’on trouve sous le prépuce, et pour le vagin, est un peu moins consistante. Les lotions journalières enlèvent ces matières sébacées et muqueuses. Si la femme malpropre les laisse séjourner, elles produisent de l’irritation, et leur sécrétion augmentant, il peut en résulter un léger écoulement, comme on voit chez les hommes peu soigneux la matière sébacée du prépuce et du gland, amassée entre ces parties, donner lieu à un écoulement que l’on a nommé gonorrhée bâtarde , et dont je n’ai pas parlé, parce qu’il n’appartient pas aux écoulemens syphilitiques. Si une allection quelconque de l’utérus ou du vagin occasionc une sécrétion abondante dans l’un ou l’autre de ces organes , ou dans les deux à la fois , les parties génitales externes sont mouillées plus ou moins en raison de l’abondance de 1 écoulement. Si par une cause contraire, les sé-
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crétions du vagin et de l'utérus sont arrêtées , les parties génitales externes sont h peine humectées , puisqu'il n’y a plus que la sécrétion de leurs loliicules sébacés. Quand le vagin est enflammé, il doit y avoir un peu d’inflammation à ces parties qui sont continues avec lui , comme on voit le gland et le prépuce être enflammés dans quelques cas d’urétrite. On conçoit d’après cela que la sécheresse du vagin et la cuisson produites par la vaginite commençante s’étendent aux organes génitaux externes. Ces deux symptômes sont tellement marqués , que les hommes qui voient des femmes pendant la période d incubation de la vaginite , s’aperçoivent de la sécheresse du vagin et do la douleur que la femme éprouve. La turgescence des parois du vagin diminue le diamètre de ce canal. L excrétion de l’urine est ordinairement douloureuse , parce que se répandant sur l’orifice du vagin , elle augmente l'inflammation de ces parties. Au bout de deux à huit jours, ces différons organes s’humectent, et il paraît un écoulement d’abord blanchâtre et peu abondant, qui augmente et qui prend une couleur jaune verdâtre, faisant sur le linge, comme celui de l’urétrite, des tâches jaunes verdâtres plus foncées dans le milieu qu’à la circonférence. A mesure que l’écoulement se manifeste, les douleurs en urinant diminuent. Si l’on examine les parties génitales aux différentes périodes, on trouve pendant celle de l’incubation, que les orifices du vagin et de l’urètre sont rouges , secs et tuméfiés, et qu’ils offrent, comme toutes les parties enflammées , une augmentation de chaleur. Si l’on veut introduire le doigt dans le vagin 5 la malade éprouve une douleur excessive. Pendant la période de suppuration , l’examen des parties génitales externes fait apercevoir la matière de l’écoulement couvrant ces parties en quantité plus ou moins grande , et quelquefois desséchée sur le bord libre des grandes lèvres,
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surtout chez les femmes malpropres , et en écartant ces parlies , on voit l’orifice du vagin et celui de l’urètre moins tuméfiés et moins rouges , mais couverts de la matière de l’écoulement, et les plis qu’ils présentent remplis de cette matière. Si l’on introduit le doigt dans le vagin , la pression qu’il exerce sur l’urètre , fait sortir par ce canal une petite quantité de matière purulente, et l’on sent que l’intérieur du vagin est mouillé. La douleur qui résulte de celle introduction , varie en raison du degré d’inflammation. Tant que la vaginite persiste à l’état aigu , l’écoulement conserve une couleur jaune verdâtre; mais à mesure qu’elle diminue d’intensité, il perd cette couleur pour devenir Llanchâtre.
La durée de la vaginite, convenablement traitée, est de quatre à six septénaires: mais si les malades la négligent, •elle passe à l’état chronique et peut se perpétuer pendant plusieurs mois. De même que l’urétrite , elle peut cesser d’être contagieuse.
La vaginite est accompagnée de l’engorgement plus ou moins considérable des ganglions lymphatiques de l’aine. Je ne répéterai pas ce que j’ai dit sur les bubons inguinaux. La théorie que j’ai exposée trouve ici son application.
Fréquemment la vaginite est accompagnée de douleurs dans les lombes. Elles sont produites , je crois, par la propagation de l’inflammation aux ganglions lymphatiques lombaires , qui reçoivent les vaisseaux lymphatiques de la partie supérieure du vagin. Dans les cas de vaginite, qui , à ma connaissance , ont été examinés après la mort , les ganglions lombaires n’ont pas été l’objet des recherches des personnes qui ont fait l’autopsie du corps.
Pendant long-temps le diagnostic de la vaginite a été trèsdiflicile sous le double rapport de la nature syphilitique de la maladie et de son siège. Aujourd’hui l’un et l’autre point
SYPHILIS PRIMÏTTVF.
*;st éclairé. On reconnaît la nature syphilitique h l’engorgement des ganglions lymphatiques. On reconnaît le siège par 1 emploi de 1 instrument connu sous le nom de Spéculum ttlu t. L on peut juger très-aisément si l’écoulement vient des parois du vagin ou de l’utérus. Autrefois, l’on avait recoins a dilieiens symptômes concomitans pour éclairer soit diagnostic . ainsi les uns avaient egard à l’état de sécheresse et de rougeur des organes génitaux dans le principe de l’écoulement et à la cuisson que les femmes éprouvent en urinant; les autres s’en rapportaient à la couleur, h la consistance et h l’abondance de i’écoulemenl ; d’autres enfin h l’époque de la journée, dans laquelle il était le plus abondant. Mais tous ces moyens étaient défectueux. En effet, toutes les femmes affectées de vaginites syphilitiques n’ont pas rougeur , sécheresse des parties génitales , ou douleur en urinant; et l’écoulement survient et persiste sans être précédé ni accompagné d’aucun des symptômes que j’ai indiqués. La couleur, la consistance et l’abondance du fluide qui sort par la vulve ne servent aucunement à baser le diagnostic , car 1 on voit les ecoulemens du vagin et ceux de l’utérus se présenter h la vulve avec les mêmes phénomènes relatifs à ces caractères. La consistance peut bien servir à établir le diagnostic , mais dans le vagin seulement et non à la vulve.
L'époque de la journée à laquelle l’écoulement a lieu, ne peut guère plus que les moyens précédons, faire distinguer la vaginite de la leucorrhée. Le raisonnement des praticiens qui se servaient de ce moyen de diagnostic était le suivant. Si l’écoulement vient du vagin, comme ce conduit aboutit à la vulve, le fluide coulera même pendant que la femme est couchée : si l’écoulement vient de l’utérus , le Uuide s’amassera dans le vagin, et si la femme est couchée,
inflammations.
i! restera dans la partie supérieure de ce canal, et ne sortira tpic lorsque la femme sc lèvera. On conçoit sans peine combien ce raisonnement est faux; car le fluide doit sortir plus ou moins aisément quand la femme est couchée en raison de son abondance. Le seul moyen que nous ayons pour faire connaître la source de l’écoulement est le spéculum ; et pour que l’on puisse juger des avantages de son emploi , je vais dire tout ce qu’il m’a appris à observer sur le siège , la consistance et la couleur des écoulemens.
Dans le principe de la maladie, lorsque l’inflammation est très- intense , son emploi est impossible , puisque la tuméfaction des parties est telle que l’introduction même du doigt ne peut avoir lieu. 11 faut donc attendre que cette inflammation soit dissipée pour avoir recours à son usage. Chez quelques malades on ne trouve pas cette inflammation intense, mais seulement h la base des câroncules myrliformes des rougeurs qui empêchent son emploi. Lorsque l’état des parties extérieures le permet, voici ce qu’on observe à me sure qu’il pénètre. Dans les vaginites, on trouve les parois du vagin rouges, tuméfiées, comme grenues; on ramasse avec le spéculum un fluide jaunâtre, puriforme, qui paraît sortir des saillies qu’offre le vagin, et qui ne sont autre chose que les cryptes muqueux enflammés. Parvenu au fond de ce canal, la cavité de l’instrument contient le liquide qu’il a enlevé de la surface des parois vaginales, et on en voit tout autour du col de l’utérus , principalement en bas. Ce dernier organe est quelquefois sain, quelquefois il participe ù 1 inflammation: d’autres fois i! présente une excoriation. Dans la leucorrhée, on trouve les parois du vagin blanchâtres , sans tuméfaction ni saillies rouges : le spéculum, en pénétrant dans le canal, ne ramasse pas de fluide puriforme : si l’écoulement est abondant, la cavité de l’instrument renferme un
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fluide albumineux , transparent , diversement coloré en blanc, en jaune ou en jaune verdâtre. Quand le spéculum est parvenu au fond du vagin, l’œil aperçoit le col utérin de la cavité duquel découle quelquefois le liquide dont j’ai parlé; et si au moyen d’un pinceau de charpie on veut tirer au dehors ce liquide , il est dans quelques cas si adhérent à la cavité du col utérin qu’on ne peut y parvenir, et quand on est assez heureux pour réussir, on le trouve filant comme l’albumine.
11 est facile , d’après ce que je viens de dire , de distinguer le fluide produit de la vaginite , et le fluide produit de la leucorrhée. Mais on ne peut dire si ce dernier a des propriétés contagieuses ou non. La couleur ne prouve rien. Lorsqu’il y a à la fois leucorrhée et vaginite, on distingue le mélange des deux fluides , et on voit dans le fluide albumineux de la leucorrhée des stries jaunâtres et opaqnes.
L’on sait que le vagin a des cryptes muqueux qui fournissent, dans l’état sain, une sécrétion peu abondante. Le mucus forme alors de petits grumeaux blanchâtres, semblables a ceux du lait caillé , et il arrive souvent , quand les femmes ne sont pas bien lavées , qu on ramasse avec le spéculum, ces grumeaux mêlés au fluide leucorrhoïque coloré, au milieu duquel leur blancheur les fait reconnaître.
La couleur jaunâtre du fluide fourni par le catarrhe utérin ne persiste pas chez les femmes qui se font traiter localement; elle disparaît et l’écoulement devient totalement blanc et transparent comme de 1 eau de gomme, ou du blanc d’œuf. Cette transparence est si remarquable chez quelques femmes, qu’en écartant les lèvres de la vulve, on la reconnaît en voyant le fluide qui recouvre les parties génitales
externes.
Les différences que je viens d’indiquer servent beaucoup
INF I, AM MATIONS.
Gr»
à faire distinguer Ja source des écoulemcns par les organes génitaux de la femme , mais ils ne peuvent nullement servir à faire diagnostiquer sa cause, il faut donc avoir recours à d’autres moyens. Le seul qui puisse guider le praticien est l’existence des bubons. En parlant de ces tumeurs, j’ai exposé sur quelles raisons je me fondais pour les regarder comme signe pathognomonique de la syphilis : or si l’écoulement est accompagné de leur présence , on peut avancer qu’il est syphilitique et cela pour les vaginites comme pour les urétrites.
J’ai dit que l’on trouvait quelquefois des excoriations au col de l’utérus. Ce nom convient mieux que celui d’ulcération que donnent quelques praticiens. Une ulcération suppose une altération plus ou moins profonde dans les tissus : une excoriation au contraire suppose seulement l’ablation de l’épiderme, et c’est ce qu’on voit au col de l’utérus. Chez quelques femmes il y a bien des fongosités saignantes qui peuvent faire croire à une ulcération , mais la promptitude de la guérison, et l’absence d’une cicatrice sensible doivent eloignei de celte opinion. Ces excoriations ont une grandeur variable : elles ont leur siège aux deux lèvres du col ou h une seule levre; elles sont arrondies, et placées vers le sommet : je n’en ai pas vu à l’union du vagin et du col. Elles existent souvent avec la leucorrhée , quelquefois avec la vaginite, et très-rarement seules. Chez les unes elles se guérissent très-promptement; chez les autres elles sont très-longues à guérir. Le col de l’utérus offre aussi des différences dans son volume et dans sa forme. Mais je n’ai remarqué aucun rapport entre ces altérations et les écoulemens. Dans un très-o-rnnd nombre decason trouve des rougeurs au col. Quelquefois elles sont le résultat de la compression exercée par le spéculum, ce qu’onreconnaît aisément pareequ’on fait varier l’intensité de ce <
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rougeurs en raison du degré de la compression. D’autres lois elles sont totalement indépendantes de cette pression. Ces rougeurs sont insignifiantes. 11 faut prendre garde aussi de s’en laisser imposer par le reflet du spéculum.
Ce que je viens de dire relativement aux symptômes et au diagnostic doit s’appliquer au plus grand nombre des vaginites. Néanmoins cette maladie offre dans ses symptômes quelques différences , qui en apportent également dans le diagnostic. La vaginite occupe toute l’étendue du vagin, et elle persiste ainsi pendant toute sa durée, b moins que la femme n’emploie un traitement local , qui guérit la partie la plus externe du vagin , et laisse malade la partie profonde. On voit cela, surtout chez les filles publiques et les femmes galantes. Les premières, pour tromper les médecins chargés de leur surveillance; les secondes pour tromper leurs amans souvent renouvelés, lavent les parties génitales externes avec des liquides astringens, et elles introduisent dans le vagin leurs doigts couverts d’un linge imbibé de ces liquides : quelquesunes font des injections. Mais nil un ni 1 autre de ces moyens ne permet au médicament de pénétrer jusqu’au fond du vagin, de sorte que l’inflammation en quelque sorte refoulée dans le cul-de-sac de ce canal , n attaque plus que ce cul-desac, et quelquefois le col de l’utérus. L’examen dos parties ‘■énitales externes et de l’entrée du vagin fait croire b un état.
sain, tandis que l’examen avec le spéculum fait découvrir une maladie cachée. J’ai eu très-souvent occasion d’observer cette supercherie. On peut quelquefois la reconnaître au premier aspect, parce que la couleur des parties vues n’est pas naturelle; elle est semblable h celle des lèvres de la bouche touchées parune boisson très -vinaigrée ourendue astringente; on croit voir un fond rose sous une couche blanche transparente : et parce que les parties ne sont pas couvertes de ce
INFLAMMATIONS. C)'
mucus qu’on observe chez (ouïe femme saine et bien portante. Mais lorsqu’on introduit le spéculum , on trouve la partie profonde du vagin rouge et fournissant une sécrétion mucoso-purulente semblable à celle dont j’ai parlé plus haut. Quelquefois le col utérin est dans 1 état naturel r ce cas est rare; le plus souvent, il est tuméfié, excorié, et saignant. Les femmes prétendent que ce sont des fleurs blanches : mais en supposant qu il en existe , on les distinguera sans peine. Le fluide qui sort de 1 utérus est filant, albumineux et diversement coloré, tandis que celui fourni par le vagin est purulent, et lurme des stries opaques qui ne sont pas mêlées avec le premier , et qu il est facile de reconnaître.
L’anatomie pathologique de la vaginite peut être étudiée très-aisément sur le vivant, 1 emploi du spéculum permettant de voir le vagin dans toute son étendue. Aussi la connaît-on mieux que celle de l’urétrite. Quand le vagin et l’urètre sont seuls malades, on n’aperçoit rien à l’extérieur; ce n’est qu’après avoir écarté les grandes et les petites lèvres , qu’on découvre au-delà des caroncules myrtiformes des rougeurs saillantes qui sont les orifices enflammés des cryptes muqueux. A mesure que le spéculum pénètre dans le conduit , il fait voir les autres cryptes muqueux dans le même état, et quand il est parvenu au fond du vagin , il montre le col utérin parfaitement sain. L’orifice de l’urètre est rouge et tuméfié. En un mot on observe tous les phénomènes dont j ai parlé plus haut. Je n’indiquerai pas les lésions cadavériques, je n’ai jamais eu occasion d’examiner après la mort le vagin enflammé.
Plusieurs complications peuvent se manifester pendant le cours d’un écoulement syphilitique; les unes dépendent une métastase , et sont chez l’homme l’inflammation du testicule ^ et chez les deux sexes les inflammations des yeux.
SYPHILIS PRIMITIVE
Les autres dépendent de l’infection générale, et seront traitées en même temps que les affections consécutives.
L’inflammation du testicule est, chez l’homme, l’affection qui complique le plus souvent l’urétrite. Son siège spécial est dans l’épîdidyme. Cette partie est la première qui s’enflamme ; elle reste engorgée après la disparition des symptômes inflammatoires , et pendant qu’ils existent , elle forme quelquefois la moitié du volume de l’organe malade; ses causes sont peu connues ; le testicule gauche étant plus fréquemment enflammé que le droit, on a pensé que le poids de cet organe pouvait contribuer à faire naître celte maladie. Cependant comme on la voit également à droite , il est présumable qu’elle est produite par d’autres causes, et d’ailleurs le développement de la maladie chez des personnes qui portent des suspensoirs prouve bien que le poids de l’organe ne suffit pas seul pour l’occasioner (1). L’équitation, la marche longtemps prolongée , la station , tous les exercices du corps et les écarts de régime ont été rangés au nombre des causes; la contusion, le froissement du testicule, mis également parmi les causes , me paraissent devoir l’occasioner plutôt que les exercices violens. Comme dans quelques cas les malades éprouvent une douleur qui se propage le long du conduit déférent, l’on a dit que la phlegmasie s’étendait de l’urètre au testicule par continuité de tissu , et ce qui a servi à favoriser cette opinion , c’est l’engorgement de l’épididyme et du cordon testiculaire. Cette opinion, quoique admissible, ne me paraît pas probable , et l’on doit regarder cette affection comme une métastase , h cause de la suppression de la suppuration de l’urètre pendant l’inflammation, et de son rc~
(i) On a c.n que la constriction trop forte du suspensoir pouvait être une cause de cette, maladie. Je ne le pense pas.
l.M J.AAm.VUOSS.
tour fréquent quand celle-ci est passée. Ce qui doit encore porter à penser ainsi , c’est le développement de l’inflammation du testicule , quand on arrête l’urétrite par une médication astringente; accident que l’on observe assez souvent.
Elle survient à toutes les époques de l’urétrite; le plus souvent dans le troisième et le quatrième septénaire.
Elle n’attaque qu’un testicule à la fo s ; quelquefois les deux sont successivement malades. J’ai vu une seule fois les deux malades en même temps.
Elle s’annonce par la pesanteur dans le cordon testiculaire et dans les lombes , et par la douleur dans l’épididyme. Celui-ci se tuméfie, l’urétrite diminue, et la fièvre survient. A mesure que l'inflammation augmente , ces symptômes s’aggravent : l’épididyme devient volumineux , le testicule participe à la phlegmasie, la suppuration de l’urètre se supprime complètement , et la fièvre est intense; le scrotum est rouge et tuméfié, le malade ne peut rester debout sans souf- Irir considérablement * la moindre pression est très douloureuse. Quelquefois le cordon testiculaire est aussi le siège de l’inflammation; il s’engorge, acquiert une dureté remarquable, et on peut le sentir jusque dans la cavité abdominale. Je l’ai vu plusieurs fois aussi dur qu’un morceau de bois.
11 se fait souvent un épanchement de sérosilé dans la tunique vaginale; c’est surtout dans les cas où le testicule a pris beaucoup de part à l’inflammation. Cet épanchement se dissipe avec la maladie primitive.
Quand par des moyens convenables on a dissipé l’inflammation, on voit ordinairement l’écoulement revenir: quelquefois cependant . il est tout-à-fail guéri.
L’iiillànimation du testicule occasionée par la métastase de 1 urétrite est facile à reconnaître h cause de l’engorgement
SYPHILIS PRIMITIVE
de l’épididyme. Dans les inflammations de cet organe produite par d’autres causes, c’est la glande elle-même qui est tuméfiée, l’épididyme ne l’est que secondairement.
Cette maladie n’offre rien de grave , elle se termine toujours par résolution, même quand les malades ne se soignent pas, seulement la cure est beaucoup plus longue ; l’épididyme reste toujours engorgé.
La durée est de deux à trois septénaires , elle peut subsister pendant un espace de temps double chez les individus qui ne se traitent pas convenablement.
L’ophthalmie qui survient pendant le cours d’une vaginite ou d’une urétrite est métastatique. Elle peut être produite par le contact du fluide vaginal ou urétral , agissant comme fluide irritant et non comme fluide syphilitique; mais ces cas sont excessivement rares , car si elle était facilement occasionée par le contact , on l’observerait plus fréquemment à cause de la négligence , de l’insouciance et de la malpropreté des gens du peuple et surtout des hommes , qui après avoir touché leurs parties génitales , portent leurs mains au visage sans les laver. Aussi suis-je tout- à-lait revenu à 1 opinion de St-Yves, qui rallribue à la métastase. Il n’est pas d’ailleurs nécessaire d’admettre un principe particulier pour la production d’une ophthalmie aussi grave que celle qui survient pendant le cours des écoulemens syphilitiques primitifs'. L’ophthalmie puriforme descnfans, celles occasionées par la présence de corps étrangers dans la conjonctive , et quelques ophlhalmies épidémiques présentent les mêmes phénomènes, sans cependant avoir un caractère spécial. Ainsi donc l’irritation produite par l’application du pus doit suffire pour la faire naître. J’ai vu, dans une épidémie d’ophthalmies chez desenfans, une des religieuses chargées de soigner les malades, perdre la vue b la suite d’une ophthalmie survenue
INFLAMMATIONS
à un œil parle contact du pus d’un œil malade. L’inflammation se propagea h l’autre œil , et la malade devint aveugle. Les symptômes ont été aussi intenses que ceux d’une ophlhalmie survenue pendant le cours d’une inflammation syphilitique récente. Au surplus l’ophthalmie qui se manifeste dans le cours des écoulemens syphilitiques primitifs , ne présente jamais le caractère propre à faire reconnaître la nature de ces écoulemens , le signe pathognomonique de la syphilis , le bubon. Dans les écrivains 011 11e trouve rien qui soit relatif à cet engorgement , et il est cependant bien certain que si les praticiens l’avaient observé, ils en auraient parlé, car il eût été un phénomène trop remarquable pour être passé sous silence. Tout cela démontre que l’ophlhalmie produite par l’application du pus de l’urètre n’est pas syphilitique, c’està-dire le résultat de l’application d’un pus renfermant le virus syphilitique, mais seulement le résultat de l’application d’un corps irritant , et elle ne jouit pas des propriétés syphilitiques.
L’on avait cru pouvoir distinguer cette ophthalmie produite par le contact de celle produite par la métastase, en établissant en principe que la première n’attaquait qu’un œil, tandis que la deuxième attaque les deux; mais celle distinction n’est nullement fondée, car ordinairement il n’y a qu’un œil qui soit affecté.
L’on dit généralement qu’elle est plus fréquente chez l’homme que chez la femme , je l’ai vue plus souvent chez cette dernière , le raisonnement le veut aussi. Chez l’homme la métastase peut se faire et sur l’œil et sur le testicule; le voisinage de ce dernier et de la partie affectée fait qu’il devient plus aisément malade; chez la femme au contraire, l’œil est le seul organe qui soit soumis aux influences qui peuvent donner lieu à une métastase.
SYHHiLlS i'RtJimVt.
Les causes qui favorisent la métastase , sont toute irritation portée sur l’œil , les écarts de régime , la suppression brusque de l’écoulement par des moyens thérapeutiques.
Les symptômes sont ceux de l’ophthalmie très intense , arrivant en peu de jours à son plus haut degré d’intensité, avec suppuration excessive, chemosis, taches de la cornée, abcès , ramollissement et ulcération de cette membrane. Sa marche est très rapide, le diagnostic est iacile, elle pronostic excessivement grave , car il est rare qu’elle ne lasse pas perdre la vue.
On a confondu chez les cnlans nouveau-nes 1 ophthalmie purilorme avec celle qui nous occupe maintenant. Je reviendrai sur ce sujet en traitant des affections syphilitiques chez les enfans.