SYPHILIS CONSÉCUTIVE EN GÉNÉRAL
La syphilis consécutive est une maladie non contagieuse, qui reconnaît pour cause la transmission accidentelle, ou la transmission originelle de la syphilis.
Je répéterai , relativement à la non-contagion de la syphilis consécutive, ce que j’ai déjà dit plus haut , que mes recherches et mes observations m’ont toujours prouvé qu’elle ne pouvait pas se transmettre par le contact, et j ajouterai que je connais plusieurs exemples de syphilides tuberculeuses végétantes , dans lesquelles il y a eu contact sans infection. L’inoculation ne peut avoir lieu non plus; elle occasione des accidens, résultats de l’irritation produite par le pus : mais elle ne donne pas la syphilis.
J’étudierai successivement la syphilis consécutive par transmission accidentelle, et celle par transmission originelle. Je désignerai la première sous le nom de syphilis consécutive , et la seconde sous le nom de syphilis congéniale.
La syphilis consécutive est toujours la suite de l’absorption du virus syphilitique manifestée par une inflammation ou un ulcère syphilitiques primitifs avec bubon.
Des praticiens ont avancé qu’elle pouvait survenir sans avoir été précédée des symptômes de la syphilis primitive. Ils ont cru que celle -ci pouvait être introduite dans l’économie animale, y séjourner plus ou moins long-temps et appa-
SYPHILIS CONSÉCUTIVE
raître ensuite sous forme de syphilis consécutive. Cela ne s’observe jamais. 11 y a toujours eu antérieurement inflammation ou ulcère syphilitiques primitifs avec bubon. Si l’on se contente d interroger les malades, et si l’on s’en rapporte à leurs réponses, on en trouvera fréquemment qui diront qu’ils n ont jamais eu d affections primitives : et si l’on examine avec soin les diverses parties qui peuvent en être le siège, on verra souvent qu’on a été induit en erreur.jMais souvent aussi on ne trouvera aucune trace , comme à la suite des urétrites , des vaginites et de certains chancres. L’existence du bubon mérite donc une grande attention , et le praticien ne saurait faire trop de recherches à cet égard; car c’est, comme je l’ai démontré, le seul signe vraiment pathognomonique de la nature syphilitique des inflammations et des ulcères. 11 devra aussi multiplier ses demandes, et ses interrogations, et souvent ce ne sera que par des questions réitérées et laites sous toutes les formes qu’il parviendra à obtenir l’aveu des malades, hn parlant du bubon , j ai dit que je rapporterais des observations tendant h prouver l’infaillibilité de ce signe. Les détails en seraient, je crois, inutiles, parce qu’il est facile de vérifier chaque jour ce que j’avance. Je ne donnerai que les résultats de 3o cas, pris au hasard, en une fois, b l’hôpital des vénériens , sur des hommes et des femmes.
Syphilides, 28 cas.
8 h la suite de chancres.
6 à la suite d’urétrite ou vaginite.
14 è la suite de chancres et d’urétrite ou vaginitecoexistans.
16 avec bubon suppuré.
1 2 avec bubon non suppuré.
Maladies des os.
3 h la suite de chancres avec bubon suppuré.
EN GÿNEltAE.
La syphilis consécutive peut se manifester à toutes les époques après l’infection. Quelquefois il se passe un assez grand nombre d’années entre l’époque de son apparition et celle où a eu lieu la contagion. D’autres fois au contraire elle survient pendant que les premiers symptômes de la transmis-» sion existent encore. Cette différence a fait établir une division des maladies syphilitiques consécutives en maladies secondaires ou qui surviennent pendant l’existence des symptômes primitifs, et en maladies consécutives ou qui surviennent plus ou moins long-temps après la disparition des symptômes primitifs. Cette distinction est totalement insignifiante, et a le grand inconvénient de nécessiter des subdivisions qui loin d’être utiles h la connaissance des maladies syphilitiques ne font que jeter de 1’obscurité dans leur diagnostic. Je la concevrais si certaines maladies n’avaient jamais lieu que pendant le cours des affections primitives* et si certaines autres ne se manifestaient qu’à une époque plus ou moins éloignée de la guérison des symptômes primitifs. Mais il n’en est pas ainsi. Elles peuvent toutes apparaître soit pendant l’existence soit après la guérison des symptômes primitifs. Quelques-unes à la vérité sont plus fréquentes pendant leur durée , mais elles existent aussi quand iis sont totalement guéris, et elles sont si peu nombreuses qu’elles ne peuvent que confirmer la règle. Leur apparition d’ailleurs tient à une cause que l’on peut prévenir. Lorsqu’une inflammation ou un ulcère se manifeste et qu’il est accompagné de bubon , si on combat de suite sa nature par un traitement spécifique convenable, on prévient le développement des symptômes consécutifs; si au contraire, on n’emploie qu’une méthode antiphlogistique, on aperçoit bientôt des symptômes consécutifs. Dans quelques cas même leur apparition est si rapprochée de celle des primitifs qu on les a confondus ensemble : et c’est là l’origine de
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SYPHILIS CONSÉCUT1VK
la confusion établie entre les uns et les autres , confusion que J. L. Petit et John Hunier avaient bien reconnue , et avaient déjà lait disparaître en partie. 11 y a plus : si vous employez le traitement spécifique à dose non convenable,, vous ne suspendez que momentanément la force du virus syphilitique, et bientôt vous lé voyez faire naître des symptômes consécutifs, dont l’apparition est plus ou moins prompte en raison de la quantité du spécifique mise eu usage. Un rencontre tous les jours des exemples de ce genre, où l’on voit d’une manière bien ésidente le rapport entre la dose du spécifique et l’époque de l’apparition des symptômes consécutifs.
La syphilis consécutive se développe dans tous les tissus du corps ; et elle se présente sous des formes très-nombreuses et très-variées.
Les signes de la syphilis consécutive ne peuvent pas être indiqués : il n’y a aucun symptôme général, qui fasse connaître qu'un individu renferme en lui un principe syphilitique: ce n’est que par l’apparition des symptômes locaux que son existence se manifeste. On pourrait rattacher aux signes communs à toutes les maladies syphilitiques les phénomènes que présente l’inllammation , la teinte jaune de la peau , la fièvre et la névrose syphilitiques.
La marche et la durée de la syphilis consécutive sont très lentes en général. L on voit souvent les maladies qu’elle occasione persister pendant des années, et tourmenter, pour ainsi dire, l’éconoipie avant de la compromettre. Il y a cependant quelques-unes de ces affections qui ont une marche très rapide: ce sont celles qui sont suivies de suppuration abondante, comme lagyphilide ulcéreuse, et les nécroses, qui peuvent sphsi slor longtemps sans nuire à la vie. La durée du séjour de la sy piitlis consécutive dans l’économie animale, sans se manifester au dehors, varie beaucoup : elle est en