‹ Traité pratique de la syphilisChapitre 9 sur 38 · EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

EN GÉNÉRAL

rapport avec* les moyens thérapeutiques mis en usage pour combattre la syphilis primitive. Plus ces moyens sont effii cacc, plus son apparition est tardive. Sa durée, après que ces symptômes se sont montrés , varie en raison de leur nature.

La terminaison la pins ordinaire de la syphilis consécutive est le retour h la santé. Rarement aujourd’hui la mort est produite par elle. J’en ai cependant vu deux exemples : l’un chez une négresse qui avait plusieurs os de latete nécrosés , et une syphilide ulcéreuse sur différentes parties du corps : l’autre chez un jeune homme de 20 ans qui eut à la suite de chancres une syphilide ulcéreuse et serpigineuse. Plusieurs autres sont venus à ma connaissance ; mais je n’ai pas sur eux assez dé détails pour les citer. On voit souvent les individus qui ont eu la syphilis , et chez lesquels elle a été suivie de symptômes consécutifs , conserver pendant toute leur vie des douleurs soit dans les membres, soit a 1 abdomen , a la poi trine ou à la tête. Ce sont principalement ceux qui ont passé entre les mains de plusieurs hommes de Part , et qui ont subi plusieurs traite mens incomplets. Les acQtdens sonl tïès-difliciies guérir, et souvent incurables, quoi qu’on lasse.

La multiplicité des formes sous lesquelles se présente la syphilis constitutionnelle, la différence de ces formes, le peu d’analogie qui existe entre elles et élus encore peut-être la dissidence d’opinions entre les praticiens écb.irés, et la mauvaise foi de quelques personnes que l’on croit avoir acquis une grande habileté dans la connaissance de la syphilis, rendent le diagnostic des maladies syphilitiques très-incertain et très-difficile pour les personnes de l’art qui n’ont pas I habitude d’en voir. Mais lorsqu’on en a observé un grand nom bre, et que l’œil et le jugement se sont appliqués a les comparer, on peut sans peine arriver à un diagnostic sur. il est possible que dans quelques cas épineux ou ait au premier

S V J'HUjJS coaskcotive

I of>

abord quelque incertitude : mais bientôt l'élude approfondie du malade et de la maladie éclairent et affermissent le jugement.

Le pronostic doit être considéré sous le rapport de l'infection syphilitique, et sous celui de la maladie locale. Sous le premier point de vue, il est grave, puisqu’il est la preuve qu’il existe dans 1 économie un principe malfaisant qui peut agir indistinctement sur nos organes et les compromettre plus ou moins. Sous le second point de vue, sa gravité varie en raison du symptôme.

J’ai dit en parlant des signes de la syphilis consécutive que l’inflammation, la teinte jaune de la peau, la fièvre et la névrose syphilitiques pouvaient se rapporter aux symptômes communs ; je vais les décrire successivement,

Inflammation syphilitique consécutive.

Un grand nombre des maladies produites par la syphilis consécutive peut être rapporté à l’inflammation; car nous trouvons dans beaucoup d’entre elles tous les phénomènes de celte affection. Néammoins, nous y rencontrons des différences notables tant dans les signes, la marche, et la durée, que dans les terminaisons et le traitement.

Les signes de toute inflammation sont l.a tumeur, la douleur, la rougeur et la chaleur. Nous les retrouvons dans celle qui nous occupe; mais quel que soit son degré d’intensité, ils ne sont jamais aussi marqués que dans l’inflammation aiguë, et ils ont toujours une analogie très-grande avec ceux de l’inflammation chronique. Et même le dernier de ces symptômes, la chaleur, pourrait être éliminé : car je crois qu’on ne l’observe dans aucune inflammation syphilitique consécutive ; au

KN GÉNÉRAL.

iog

moins je ne l’ai jamais vu, et jamais les malades ne m’onl dit éprouver un sentiment de chaleur, comme cela arrive dans les inflammations aigues.

La tumeur est très-constante et très-apparente. • Elle est souvent le seul symptôme qui existe. Son caractère spécial est d’être très dure et très renitente : elle n’offre ni empâtement, ni élasticité. Elle est rarement sans douleur : mais elle existe fréquemment sans rougeur qui ne se manifeste que très tard. Elle s’observe dans les inflammations soit superficielles, soit profondes.

La douleur est de deux sortes : l’une dépend de l’altération des parties, l’autre dépend de l’action générale du virus syphilitique sur l’économie. Cette dernière appartient â la névrose syphilitique consécutive et ne doit pas nous occuper ici. La première qui seule appartient h l’inflammation syphilitique consécutive est obtuse, sourde, et gravative : elle n’est jamais aiguë ni pongitive.

La rougeur ne s’observe pas constamment, au moins dans le principe, et ce n’est qu’après que rinllammalion a persisté longtemps, ou qu’elle tend â*la suppuration qu’on la voit survenir. Il y a même certaines affections où elle ne se manifeste jamais, quels que soient leur ancienneté et leur degré d’intensité. On lui a donné un nom particulier : on l’a nommée teinte cuivrée. Si ce nom était appliqué à une couleur très tranchée, qu’on ne pût jamais confondre avec d’autres, je l’admettrais, et je donnerais une description sans faire aucune remarque sur la dénomination : mais j’ai vu désigner sous le nom de teinte cuivrée des couleurs très différentes; j’ai vu cela â une époque où je ne connaissais pas les maladies syphilitiques, et plus tard ce fut pour moi une difficulté de diagnostic; je l’ai vu faire depuis devant des élèves qui ne les connaissaient pas, et comme il est impossible de dire exacte-

Page 1