MÉTHODE ET APPAREILS
97. Méthode. — La méthode adoptée par M. Chappuis est celle du thermomètre à gaz à volume constant. Le principe de cette méthode consiste à évaluer les températures par la variation de la tension du gaz, cette quantité étant supposée une fonction linéaire de la température. Le degré est donc représenté par la
(*) Les n*" 97 à 112 sont le résumé du Mémoire de M. Chappuis déjà mentionné : Études sur le thermomètre à gaz et comparaisons des thermomètres à mercure avec le thermomètre à gaz {T. et M., t. VI, i888); nous citerons plusieurs fois textuellement le Mémoire original.
Voir^ pour les travaux antérieurs :
Hegknaqkl, Thermometrische Versuche {Pogg. Ann.f t. CXXIII, p. ii5; 1876). UowLAND, On the mechanical équivalent of heat {voir p. 2i3). P»RNET et Grunmacii, Vergleichungen von Quecksilberthermometern mit dent Lu/tlfiermometer {Afetronomische lieitràge, n«3; Berlin, 1881).
CHAP. V. — SUR l'échelle THERMOMÉTRIQUE NORMALE. 229
ceniîème partie de l'accroissement entre o** et 100° de la pression exercée par le gaz.
Dans remploi de cette méthode, on suppose que le volume du gaz est rigoureusement constant et que la température de toute sa masse est uniforme. Or ces conditions ne peuvent être qu'imparfaitement remplies; car, d'une part, l'enveloppe se déforme nécessairement sous l'influence de la température et de la pression^ d'autre part, la tension du gaz doit être mesurée au moyen d'un manomètre qui ne peut pas être soumis aux variations de température auxquelles le réservoir est exposé. L'ensemble des parties de l'appareil servant à transmettre la pression du réservoir à la surface du mercure se nomme espace nuisible; il se compose d'un tube fin et d'une chambre située au-dessus de la branche fermée du manomètre.
Les écarts des suppositions théoriques obligent à appliquer aux mesures des corrections calculées en admettant les lois de Mariotte et de Gay-Lussac.
Il est naturellement avantageux de disposer l'appareil de telle sorte que les corrections, sur lesquelles règne toujours un peu d'incertitude, soient réduites à un minimum.
On sera donc conduit d'abord à choisir, pour la construction du réservoir, un corps peu dilatable, et à donner à ses parois une résistance suffisante. Puis, comme les erreurs dues à l'espace nuisible sont proportionnelles au rapport de son volume à celui du réservoir, on cherchera à rendre ce rapport aussi petit que possible.
Les phénomènes d'absorption des gaz par les solides et d'arfsorption (*) à leur surface, la perméabilité, les résidus de dilatation, la conductibilité, etc., limitent le choix de l'enveloppe. Quant à la forme qu'il convient de lui donner, elle est subordonnée, dans une certaine mesure, à la rapidité des indications que l'on veut obtenir. On cherche généralement à rendre le rapport de la surface au volume aussi grand que possible.