METHODE DE M. FIZEAU
132. Exposé de la méthode. — Dans ses célèbres recherches sur la réfraction des cristaux, publiées en 1862 (*), M. Fizeau eut recours à un procédé particulier, basé sur Tobservation des anneaux de Newton produits entre les deux faces parallèles du corps à étudier. Parmi les corrections qu'il fallait appliquer à ces observations, la plus forte et sans doute la plus mal connue résultait de la dilatation thermique des corps en question. M. Fizeaii adopta, pour cette réduction, les nombres les mieux déterminés, sur lesquels il opéra du reste un contrôle expérimental très ing^énieux. Ce ne fut que deux ans plus tard qu'il songea à appliquer à la mesure des dilatations la méthode légèrement modifiée qui lui avait servi à étudier la réfraction (*).
(*) H. FiZKAU, Recherches sur les modifications que subit la vitesse de la lumière dans le verre et plusieurs autres corps solides sous l' influence de la chaleur {Annales de Chimie et de Physique, 3* série, t. LXVI; 1862).
(*) H. Fizeau, Recherches sur la dilatation et la double réfraction du cristal de roche échauffé {Annales de Chimie et de Physique, 4' série, l. II; i864).
CHAP. VI. — DÉVELOPPEMElfTS ET APPLICATIO?ÎS. 3o3
Nous exposerons le principe de cette méthode très simple et extrêmement précise, qui a reçu, depuis lors, de multiples applications.
Considérons {^fig* 4^^) "i^ système composé d'une lentille plan convexe dont la face inférieure est placée à une petite distance
Fig. 4a.
d'une surface plane réfléchissante. Supposons, dans le plan focal F, une source de lumière monochromatique ab^ dont les rayons, après avoir traversé la face supérieure de la lentille, tombent sous une incidence à peu près normale sur les surfaces M et N ; rimage aV de ab se forme dans le plan F. Les deux systèmes de rayons réfléchis sur les surfaces M et N interfèrent entre eux, et produisent des franges obscures suivant les lignes où la diff(ércnce de marche des rayons est égale à un nombre impair de demi-longueurs d'onde. La position de ces lignes, analogues à des courbes de niveau, dépend de la forme et de la position relative des deux surfaces. Elles correspondent aux lignes d'égale épaisseur de l'espace compris entre ces dernières.
Supposons maintenant que l'une des surfaces se meuve parallèlement à elle-même. Les franges se déplaceront de même, et un mouvement égal à la distance de deux franges consécutives correspondra (la réflexion doublant le chemin parcouru) à un mouvement relatif des plans égal à une demi-longueur d'onde de la lumière monochromatique employée. La longueur d'onde moyenne
3o4 THERMOMÉTRIE DE PRÉCISION.
de la lumière de la soude dans Tair à o'* et sous la pression normale est de oi*, 58980 (*). Dans Temploi de cette lumière, un déplacement d'une frange correspond donc à un mouvement relatif des surfaces égal à 0(^,29463.
Pour estimer le déplacement relatif des surfaces M et N, on marque', sur le plan M, un certain nombre de points en quinconce i^fig' 43), que Ton désigne par les lettres de l'alphabet, et l'on
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