APTITUDE À LA REPRODUCTION. AO
fentes prolongées de Furèthre. Quant aux questions relatives aux hypospadias du plus haut degré, les opinions des anatomistes et des médecins légistes sont partagées : les uns admettent l'impossibilité absolue d'exercer un coït avec résultat (Teichmeier, Hebenstreit, Haller, etc.) ; les autres, une impossibilité relative, selon que l'ouverture de l'urèthre est plus ou moins élevée (Zacchias, Metzger, Rose, Kopp, Henke, etc.) [voy. § 6].
Une autre difformité congénitale est Vépitpadias (l'anaspadias), c'est-à-dire l'ouverture de l'urèthre en haut sur le gland ou sur le dos du pénis, ou immédiatement à son insertion. L'épispadias se rencontre très rarement, et encore plus rarement sans autre difformité des organes génitaux, telle que fente complète de l'urèthre, état plus ou moins rudimentaire du pénis; plus cet arrêt de développement sera prononcé, moins l'individu sera propre à la copulation.
Voici un exemple des mensonges auxquels sont exposés les médecins légistes, et que je ne puis passer sous silence. En 1847, j*eus à explorer le nommé K..., âgé de trente-quatre ans, d'une bonne santé, contre lequel était portée une plainte en paternité, qu'il repoussait en alléguant une prétendue impuissance. Le résultat très intéressant de mon exploration fut le suivant. Le scrotum était très rentré, pourtant on sentait les testicules de chaque côté, de grandeur normale, avec conduits déférents; il y avait exslrophie de la vessie ; la muqueuse, très rouge, laissait couler l'urine, surtout quand cet homme venait de boire. Le pénis était très plat, et à l'état rudimentaire; il avait un pouce de longueur et un demi-pouce d'épaisseur; Turèthre était fendu le long du dos de ce pénis imparfait, en forme de gouttière plate et à peine sensible. K... disait n'avoir jamais eu d'érections, et cet homme était accusé d'avoir fait un enfant ! J'ai observé un autre cas tellement semblable, que les deux dessins que je conserve pourraient être pris l'un pour l'autre : c'était en 48ôl, sur un étranger qui depuis plusieurs années vivait avec une femme, mais sans en avoir eu d'enfants.
Les anomalies congénitales de cette espèce forment la transition à rhermaphrodisme (voy. page 6Â).
60 PkMtJE BIOLO(HQUE.
liYPOftt»Àt>tAS ET ÉI>ISl>ADIAS.
La propagation de l'espèce suppose la cenfiguratâon normale des organes génitaux des deux sexes, et Tacconiplissenient régulier de leurs fonctions dans Tacte de la reproduction.
Mais la configuration et la fonction de ces organes peuvent dévier de rétat naturel, dans certaines limites, sans que la féeondation et la conception deviennent impossibles. Quant aux anomalies insignifiantes dont noua avons parlé, Thypospadias à un léger degré, par eitemple, elles n*empéchent nullement la fécondation. L'hypospadias ati plus haut degré, avec état normal du reste de Torgane, pouvait bien aussi autrefois être regardé comme permettant la fécondation, lorsque la théorie de cette fonction était encore inconnue, lorsqu'il fallait, pour Texpliquer, recourir à la théorie de Texbalation séminale^ aura seminulis, d'après laquelle il suffisait, pouf que la conception eût lieu, du contact tles vapeurs du sperme avec les organes génitaux de la femme. Des médecins modernes, même bélèbres, ont soutenu cette vidlle thèse encore au commencement de ce siècle (Kopp^ HeiA), Formey et autres), et ont fait connaître des f observations f> (!)) hoHn ftde (1), de conceptions après éjaculation de s^^erme sur le ventre de la femme, SaUS prendre garde que dans cette question on ne doit se fier à personne.
Dans rétat actuel de la physiologie, maintenant que le voile mystique de la génération a été soutevé, il ne doit plus jamais être
(1) Le mémoire cilé dans la préface Lucma ^nê concubUu est la source princijUile de la théorie de l'exhalation séminale ; il est cité si souvent dans les ouvrages anciens, qu'il ne sera pas superflu de s'en débarrasser ici une fois pour toutes. Je possède deux éditions de ce tnémoire très rare, la traduction française et la traduttion allemande de l'orignal anglais, <|vi parurent il y a cefit ans. La première a pour titre : Lucina sine concubitu [LeUre à la Sociélé royale de Londres dans Utquelle il est pleinement di'monlré par des preuves tirées de la théorie et de la pratique qu'une fem^m peut concevoir et enfanter sans le commerce de l'homme) (Londre:>, 1750, 48 pages in«12)> Le titre allemand est : Lttdna sfne ccncftbUu. Das ist em Brief an die Societai der Wnsenschafttnf etc. (Francfort et Leipftif, 1751,