‹ Traité pratique de médecine légale v. 2 (volume 2)Chapitre 33 sur 98 · APTITUDE A LA REPRODUCTION. — HYPOSPADIAS · texte numérisé non relu

APTITUDE A LA REPRODUCTION. — HYPOSPADIAS

question d'exhalation séminale, de fécondation sans coït, c'est-à-dire de fécondation sans que les spermaioxoaires pénétrent dans les organes géniîauâs de la femme.

Il est à remarquer que la physiologie moderne ne considère pas le coït comme nécessaire pour la fécondation ; c'est seulement le procédé habituel et le plus facile de faire parvenir le liquide fécondant jusqu'aux organes intérieurs de la femme ; c'est donc u une fonction mécanique d'une moindre importance » (Leuckart). Ainsi Volentin dit que « les expériences de fécondation artificielle faites sur les animaux apprennent que le coït n'est pas une opération nécessaire pour la fétondation. C'est le moyen que nous offre la nature pour mettre en contact les deux principes du germe chez beaucoup d'êtres... jLV^ rection du pénis ne forme pas une condition nécessaire à l'éjaculation et àla fécondation^ elle favorise seulement le rapprochement des organes.... Si le jet du sperme peut décrire -une ellipse assez grande, s'il peut arriver jusqu'à l'utérus, lorsque le gland n'est même qu'à l'entrée de la fente vulvaire, ou lorsque celte fente est écartée autrement que par le gland, le mouvement propre des spermatozoïdes rend possible leur arrivée jusque dans la cavité des trompes. »

Maintenant que l'on sait que la quantité de la matière fécondante n'importe pas pour la fécondation elle-même, et que les proportions les plus petites de sperme contiennent encore de grandes quantités de matière fécondante (dans les recherches de Prévost et Dumas, 0",012 de sperme suffisaient encore pour la fécondation de cent douze œufs de grenouille), la question de la fécondation a pris

80 pages in-12). L*auteur %t nomme Abraham Johnson. Le mémoire e&t évidem' ment une Mtirc contre les savants de ce temps, notamment contre la Société royale des sciencbs, cohtre Wollaston, et Warburton surtout ; contre la théorie du premier qtii dit que (t des animaux parsemés à des endroits appropries font le germé de toutes leà productions » .

L*aiiteur dit qu'il « a inventé une machine admirable, cylindre- cataptrico^rb* luiido-concavo-convexe, pour attraper les animaux flottants dans la région fécondatrice de l'atmosphère ! »

Et c'est ce mémoire qui a été cité bona fide^ tranquillement, pendant cent ans, dans la médecine légale, comme preuve d'une conception possible sans coït !

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un tout autre aspect pour la médecine légale. Il est prouvé que des hypospades à un haut degré^ et ayant le reste de l'organe normal, ont pu féconder. Chez eux, Tinlroduction naturelle du pénis, et non une éjaculation normale, était possible. Ces faits prouvent la justesse des théories de la physiologie moderne. Schenk et Simeons virent des cas d'hypospadias héréditaire, ce qui démontre bien la puissance génératrice d'un père hypospade; et Schweikhard décrivit une fécondation produite par un hypospade chez lequel Touverture de Turèthre était c entre les racines des corps caverneux et la surface antérieure et supérieure du scrotum, de sorte que cette ouverture avait une direction horizontale, et que le sperme et Turine étaient lancés horizontalement le long du pénis (1). » Traxel a fait aussi connaître un cas nouveau et très remarquable qui, à cause de son exactitude, mérite la plus grande confiance (2).

Une tille de vingt-sept ans avait eu des enfants, et jurait qu'elle n'avait pas eu de contact depuis trois ans avec un homme, mais souvent avec une fille non mariée, Johanna K..., qui était faite comme un homme. Johanna K... avait trente-sept ans, l'extérieur d'un homme, la taille haute, les muscles vigoureux, les formes non arrondies, les traits mâles, la poitrine couverte de poils, le bassin étroit, et pas de seins. Le scrotum était divisé en deux sacs, dont chacun contenait un testicule. Entre ces deux sacs on voyait une fente couverte d'une peau rose et transparente, et dans celte peau, à côté Je la racine du pénis^ une ouverture de la grandeur d'une lentille, qui était l'ouverture du canal de l'urèthre. Le pénis était plus court qu'à l'état normal , assez volumineux et imperfore. A partir de la racine du pubis, c'est-à-dire à partir de l'ouverture de Turèlhre, une fente ronde et lisse se prolongeait jusqu'à la partie inférieure du pvnis et du gland. Cette fente représentait l'ininge d*un urèthre fendu à moitié. Par conséquent, Turèthre aboutissait à l'extérieur, tout de suite après avoir passé le ligament trian-

(1) Kopp, Jahrbuch'der Stantsarz ncikunde y Wlf 1810, p. 246.

(2) Pragcr Vierteljahrschrifl, vol. LU, p. i0x3. — Winner medic, WochenschrifL, I85C, n" 18.

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