‹ Traité pratique de médecine légale v. 2 (volume 2)Chapitre 37 sur 98 · APTITUDE A LA REPRODUCTION · texte numérisé non relu

APTITUDE A LA REPRODUCTION

R... niait Aner^quement, et prétendait au contraire qu'il y avait cinq sen^aincs il avait encore accompli le devoir conjug;aI « jusqu'au bout »

R... avait cinquante-deux ans, jouisMÎt d'une excellente santé et était très bien constitué ; il paraissait encore jeune et avait tous les caractères de la virilité la plus énergique. Je n'hésitai pas à conclure que R... était sans aucun doute très apte au e<Mt et à la fécondation.

Obs. 28. — La femme E.. . demandait également le divorce à cause de l'impuissance de son marj. E... était âgé de quarante ans, petit, trapu ; il avait une barbe épaisse, la voix mâle, les poils du pénis très abondant?* les organes génitaux normaux ; la lanté ^nérale était excellente. Ma conclusion fut la même que dans le cas précédeiit.

Obs. 29. ^ La femme M,-, voulait également le divorce, disant que son mari étai( devenu impuissant par suite d'excès d'onanisme. Le sieur M... avait quarante-huit ini ; sa coQstitution forte, sa santé florjsiantc, ne pouvaient permettre da croire qu'il sa fftt livré aux excès si ftinestei de la masturbation, et j'atRrmal que If.«. était trèi Bpte au coYt et à la fécondation.

Obs. 30.— La femme G.. . réclamait, elle aussi, le divorce, prétendant que ion marii « par ses excès de libertinage avant son mariage, s'était lui-même rendu impuissant, » et elle ajoutait que a pendant la nuit de ses noces et plus tard, il avait fait tous ses efforts pour obtenir d'elle la permission de satisfaire ses honteux désirs par des procédés contre nature, u Nous n'avions, nous, à nous occuper que de l'accusation d'impui«sance, et nous nous convainquîmes que cette accusation était sans fondement, car cet homme', âgé de quarante-deux ans, était vigoureux, bien portant, doué d'un extérieur tout à fait viril et d'organes génitaux parfaitement intacts.

Obâ. 31 à 33. — Demandes de divorce à cause de refus du dévoir conjugal.

Obs. 31. •— La femme F... demandait le divorce parce que, depuis quatre ans de mariage, disait-elle, son mari n'avait pas encore accompli une seule fois le devoir conjugal, et pour preuve elle prétendait avoir encore sa virginité.

Cette femme, âgée de quarante-huit ans, bossue, s'était mariée avec un jevne homme de vingt-huit ans (à cause d'une dot de quelques centaines d'écus qu'elle possédait). J'examinai ses parties génitales, et je trouvai une membrane hymen parfaitement conservée, sans dilatation ni déchirures, et je déclarai qu'un coït complet avec intromission du pénis n'avait pas encore été accompli avec la femme E...

Obs. 32. — Les époux P... avaient porté chacun de leur côté une plainte en divorce. La femme prétendait que son mari lui avait toujours refusé le tribut conjugal ; le mari, de son côté, disait que sa femme était atteinte d'une stérilité complète et incurable, car ses parties génitales étaient si étroites qu'il lui était impossible d'y pénétrer. Le mari avait vingt-huit ans, la femme cinquante et un ans, ils étaient mariés depuis trois ans, n'avaient jamais eu d'enfants, et le jeune époux avait quitté le toit conjugal trois mois après son mariage. Lorsque j'examinai la femme, je lui trouvai les parties génitales encore vierges et complètement normales, sa santé générale était très bonne, et je déclarai que la plainte du mari n'était pas fondée.

70 PAETIE BIOLOGIQUE.

Obs. 33. — Ici c'est tout le contraire. C'était le mari qui se pUUfQaUdeoa^ue la femme lui refusait le devoir conjugal ; celle-ci répondait « qu'elle était atteinte d'une infirmité qui ne lui permettait pas 4'accompUr le coït san« danger pour sa santé, u Cette infirmité n'était autre qu'une hernie inguinale du volume d'une noii, qui le réduisit d'elle-même lorsque l'on Qt coucher U femme sur le doe. Cette femme, du reste, avait déjà eu cinq enfants, et le dernier neuf moia auparavant* Mon jugement était donc tout tracé.

Obs. 31 et SS. — Prétendu9 impuissance dM à des difformités

des organes génitaux.

Obs. 34. — La femme S... prétendait que son mari était complètement impuissant à cause de difformité des organes génitaux. Le mari au contraire assurait que depuis plusieurs mois il payait son tribut conjugal presque tous les soirs. J'eus à examiner le fieur F..., âgé de quarante et un ans ; je le trouvai très bien constitué et parfai« tament apte au coït et i la fécondation.

Obs. 35.— Voici la question qiy me fut posée: a H... est-il atteint d'attaques d*épilep« sie et de difformité des organes génitaux? » Quant aux attaques, je répondis que je ne pouvais me prononcer sans être témoin des convulsions ; mais, quant à la difformité des organes génitaux, je pus la nier avec certitude, car H .. était des mieux doués.

Obs. 86 et 87. — Prélindue impuissance à cause d*àbsîèncede ^eilioulet.

Obs. 36. — La femme 7... demandait le divorce, en disant que déjè, il y avait huit mois, au moment de son mariage, elle s'était aperçue que son mari était complètement hors d'état d'accomplir le coït, et que cette impuissance tenait à ce qu'il était dépourvu de testicules. Elle ajoutait que cette infirmité lui était d'autant plus insupportable que son mari «< essayait toutes les nuits do réussir pendant des heures entières, jusqu'au moment où, complètement épuisée, elle était obligée de le repousser. M J'examinai L... : je trouvai un homme robuste, plein de sauté, âgé de trente* deux ans, muni d'une barbe épaisse et ayant une voix des plus mâles ; le pénis était pelil mais normal ; dans le scrotum on sentait très bien les deux testicules. Je déclarai dans mon rapport qu'une dimension plus ou moins courte de la verge n'était jamais une raison d'impuissance, et qu'il n'y avait pas à douter de l'aptitude du sieur Z... â la reproduction.

Ors. 37. — Ici encore la femme W... prétendait que son mari était privé de testicules, et atteint par conséquent « d'une impuissance complète et incurable n (voy. la loi). Le sieur W..., âgé de quarante ans, était fort, robuste et oomplétement sain ; il offrait tous les caractères de la virilité, et son pénis était normal. Mais U n'y avait pas de scrotum, ou du moins on n'en voyait qu'un rudiment vidé et rétracté qui semblait donner raison à la plainte de la femme.

Néanmoins il était facile de se convaincro que les testicules, pour n'être pas entièrement descendus, existaient et étaient très suffisamment développés; iU étaient en dehors et tout près de l'anneau inguinal : je déclarai, bien entendu, que cette anomalie ne pouvait être une cause d'impuissanee.

APTITU DB A U MPRODUCTIOM. 71

Obs. 38 et 39. — Plaintes à cause d* excès de puissance.

Une femme, appartenant à U claua moyennt, demandait le divorce « parce que, disait- elle, son mari réclamait d'elle si souvent le tribut conjugal et agissait avec une frénésie si brutale, qu'tUa •!! étf it dovenue maltd*. » A l'appui de sa plainte, elle produisait un certificat du médecin N..., qui disait qu'elle « était affectée d'une surexcitation nerveuse de la matrice pouvant résulter d*excès de coït : ce qui était d'autant plus vraisemblable, que son mari avait un pénis d'une grandeur démesurée, qui empêchait de remplir le but du mariage. »

J'examinai l'homme, âgé de trente-huit ans. Le pénis avait des dimeoiiQDi très ordinaires, un pouce et demi à l'état de repos. Quant à la femme, elle était très jeune, bien portante, et ses parties génitales, vues au spéculuni, n'offHrent aucun* lésion ni anomalie. Elle prétendit que l'exploration était douloureuse ; mail n*ayant trouvé ni gonflement ni rougeur, je no pus croire à cette assertion. Je déclarai en conséquence que la plainte de la femme n'était pas fondée.

Obs. 40 et 41. — Prétendue HnpossihUité de la part de la femm$

d'accomplir 1$ coU,

0b8. 40.^-Un employé subalterne, voulant divorcer, avait pris pour prétexte que sa femme avait les parties génitales tellement racornies et étroites, qu'il était impossible d'y introduire môme le petit doigt, et que par conséquent elle était inapte à accomplir les fins du mariage, lorsque j'explorai les parties génitales de cette femme, je les trouvai tout à fait normales, très aptes au coït et, dôplus^ défloréps,

Obs. 41 . — Le peintre £..., voulant profiter du passage de la loi qui parle des infirmités excitant « dégoût et répugnance », portait une plainte en divorce contre sa femme, disant qu'elle avait dans la bouche un râtelier répandant une odeur insupportable ; de plus, il ajoutait que les parties génitales de sa f^mme étaient tf tellement mal conformées », qu'il lui était impossible d'accomplir le coït.

Je vis cette femme dans un moment où elle ne pouvait m'attendre, et je trouvai son râtelier très bien entretenu, n'exhalant aucune odeur. Quant à ses parties génitales, elles étalent normales.

Ces observations ont été choisies parmi toutes celles qui se sont présentées à moi dans ma longue carrière médico-légale. Je dois ajouter, avant de terminer ce chapitre, que j*ai eu très souvent à expertiser dans des cas où le plaignant ou la plaignante invoquaient le passage de la loi relatif aux <i infirmités corporelles et incurables inspirant dégoût et répugnance, et empêchant Taccomplissement des fins du mariage » (§ 697, Allg. Landr,). Mais, dans tous ces cas sans exception^ je dévoilai un mensonge, et mes rapports ne furent nullement favorables aux plaignants.

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