RAPPORTS SEXUELS CONTRE NATURE
LÉGISLATION. — Code pénal prussien, § H3. — Seront punis (rcniprisonntmcnt de M\ mois à quatre ans, avec interdiction des droits civiques, ceux qui auront des rapports sexuels contre nature : soit des hommes entre eux , soit des liommrs avec des animaux.
Oénéralilés.
Il n*est pas du domnine de la médecine légale d*intcrpréter les mots, attentais à la pudeur, rapports sexuels contre nature , sodomie, etc., qui ont donné lieu h tant de controverses savantes en matière pénule, et dont la ^ignificaliou diiïère encore souvent dans les diverses instances. Le médecin légiste doit seulement rechercher dans ces rappoiis sexuels contre nature, quelque nom qu*on leur donne en jurisprudence el dans le Code pénal, les traces plus ou moins apparentes qu'ils Inissenl Fur le corps, traces qui seront invoquées contre Taccusé et dont la vérification sera et devra être demandée parle juge. Il s'agit seulement de déterminer, parmi les nombreux égarements sexuels que la fantaisie des hommes a multipliés en tout temps et tous pays, quels sont ceux qui sont de la compétence du médecin légiste, et quels sont les moyens de diagnostic que nous fournil la science pour établir la preuve de ers actes honteux. Les auteurs ne font qu'efncurer supernciellemenl celte question el n'en parlent que d'après la tradition; la raison bien simple en est qu*il leur manque les observations personnelles de pareils cas qui heureusement ne se rencontrent que rarement et seulement dans les grandes villes (1).
(t) Depuis la deuxième édition de cet ouvrage, un médecin de Paris, M. Amb. Tardieu, apublié dans les Annales d*At/^ten«, 1858, vol. IX, une élude médico légale sur les attentats aux mœurs dans laquelle il parle aussi de la pédérastie. Cette étude repose sur plus de deux cents observations faites sur des sujets réunis en bande et qui avaient été arrêtés. D'abord, nous y voyons qu'à Paris des malfaiteurs profitent de ces rapports sexuels entre hommes pour tromper, pour soutirer de l'argent, pour assassiner, et que c'est là le but réel de l'association. Il me semble que ce fait aurait dû faire soupçonner à l'auteur qu'un jçrand nombre de ces hommes ne pou*
RAPPORTS SEXUKLS CO.NTUE M VTURE. — PÈDâUASTlE. 117
Aussi dans celte malière chacun a toujours copié bona fidc ses prédécesseurs, et il s'est répandu les plus grandes erreurs diagnostiques. Je me crois obligé de rectifler ces erreurs et de rapporter mes observations personnelles dans toutes leurs formes repoussantes^ mais avec toute la réserve qui convient et en ne disant que juste ce qui est nécessaire pour In pratique.
Déjà le nom : amour pour les jeunes garçons, que Von trouve dans les anciens auteurs, n'est pas exact, car nous citerons dans les observations des cas où des désirs sexuels ont été assouvis entre individus
mâles d*un âge avancé.
Yaient être considérés comme pédérastes. En effet, beaucoup devaient jouer le rôle de procureur servant à attirer le pub*ic ; un certain nombre était employé pour la masturbation et autres obscénités.
Je suis loin de partager les opinions de M. Tardieu. 11 admet, par exemple, chez les pédérastes actifs ■» que la forme caractéristique du membre va en s*amincissant considérablement depuis la base jusqu'à l'extrémité qui est très effilée , ou bien que le gland seul subit un amincissement, tandis que la verge dans sa longueur est tordue sur elle-même, de sorte que le méat urinaire, au lieu do regarder directement en avant et en bas, se dirige obliquement à droite ou à gauche. » L'auteur explique cette configuration par la résistance de l'orifice anal proportionnée au volume du membre et exigeant pour l'intromission une sorte de mouvement de vis ou de tire-bouchon qui à la longue s'imprime sur l'organe entier. Mais il est extraordinaire que M. Tardieu, qui choisit parmi ses 206 observations les 19 « qui lui ont paru offrir le plus de caractère et de signification «, ne peut citer qu'un seul cas présentant cette conformation particulière du membre. M. Tardieu a basé son diagnostic de la pédérastie une fuis sur l'existence d'une fistule à l'anus , une autre fois sur la présence de marisqnes et même sur le seul fait d'un pénis aminci ! Je pense que devant de tels faits la critique ne peut pas se taire et encore moins lorsqu'elle >oit M. Tardieu, en traitant des obscénités dont nous parlerons plus loin, ne pas hésiter à mentionner la conformation particulière qu'il dit avoir observée dans la bouche de deux individus du nombre de ceux qui descendent aux plus abjectes complaisances : » Une bouche de travers, des dents très courtes, des lèvres épaisses, renversée», défurmées,*coniplctement en rapport avec l'usage infime auquel elles servaient. » lue telle description pcul faire dresser les cheveux des pro- Jbnes, mais les hommes de siienco sauront à quoi s'en tenir. J'ai tenu d'autant plus à faire ces observations sur le travail de M. Tardieu, que cet auteur, doué d'un si beau talent, a plus de droits que qui que ce soit à une critiqie sérieuse.
JlvS ' 1»AKT1e DiOLOUKiUEi
Ce commerce odieux détient de plus en plus efiVayanl & mesure que Ton pénètre dans ses ténèbres (1). Il est d*oHgiiie asiati(|â6| îlrrivfl pàt* la Crète éil Qrôce, et pld^ tard d*ihtt*odttilit leltemertl i Athènes que la tille en dëVint célèbre (ilmdur grec). De Qt^cé,^ Il pédérastie passa h Rome; les auteurs parlent de liaisoils et dé ScètiDI nhominibles qui eurent lieu surtout sous Tibère et Galigulâ. 6è qu^ils disent des suites de ces égarements est une preuve certaine de Texistence de la syphilis dans l'antiquité (2). Mais ce vice n*a pu être déraciné ni par le christianisme, ni par la civilisation, ni par le Code pénal, même malgré la peine de mort qui fut la punition intligée^ non-seulement aans Tantiquilé, mais encore dans les temps modernes dans quelques pays (Angleterre, Amérique).
Chez lo plupart de ceux qui y sont adonnés, il est de naissance et constitue, pour ainsi dire, tih liëritia^hrbdismë mdràl. Cê§ hoitliitiÈ ont en aversion les rapports sexuels avec les femmes, et leur imagination est charmée à la vue de beaux jeunes gens, ou à la vue de statues ou de peintures dont ils aiment à entourer leur chambré.
Chez d'autres, au contraire, ce vice fait invasion â un certain âge, lorsqu'ils sont devenus blasés de toutes les voluptés naturelles. Chez ces individus il arrive quelquefois qu'ils rillernent leurs rappôl'ls atee les deux sexes. Dans toutes les grandes vilJés, ce vice est un mystère pour le profane, mais il n'y a pas de terre habitée où il ne se rencodtrë. Je dis poUr le profane, car déjà dans l'antiquité il y atah des confréries ayant leurs sigrii^s de ralliertièht. Là paftië ^dsSifê Ipathicus, kinaude^ andî'ogyni ('^)]j avBiii déjà en Grèce ses insignes dvec lesquels elle se faisait reconnaître de la partie aciite, un cos-
(1) A la suite d'un mémoire publié pair moi {Viérteljahrsrchvift^ I, I), j'ai rc^n une lettre anonyme d'un jeune homme que j'ai cru reconnaître riche et noble, qui me fait les confessions les plus intimes sur ce vice qu'il a de naissance et me donne les renseignements les plus détaillés avec un amer repentir sur ce qu'il àpprlTè it son maiiieur ». Toute cette lettre a le cachet de la plus exacte vérité cf a complètement confirmé ce que j'avais observé dans ma pratique officielle.
(2) Voir pour tout le chapitre le livre savant et instructif; Rosembaum : Là syphilis dans l'anliquUc,
(3) Ce mot voulait dire partie pïjssîve, (voy. Rosembaum, loc, ciV., p. iO^).
RAPPORTS SEXUKLà tOr^îkk NAÎtkfc. — PÉDÉRASTIE. lit)
llibë fétiitUib, (iéà (ilie^eu^ tressés comme cetl^ de^ femmes, etc. El Ariiioiélés, t^olédiori, Aristophane, Liicàih et ^dtreë, pâflëiit de» ifidicëâ Ithi Mï fekônhaith le pathicùs et le (iéilëraâlë , teU que là démarche, le regard, les manières, la voix, etc. Ces hommes se i^ë- Ëbhnsiisèëhl de éliilè entre eux encore aujburd'hiii, à quelt^be classe de li société qiiMls appdHiétihëht. Le correspondant anonyme, dont lidtis tenons de parler, dit : c Nous nous reconnaissons db silite pdt un siitiple regard, et Je tié iriè suis jarhiiis trdmpé en pi'èhârit quelque précatition. Sur le Righi, à PàJerme, au Louvre, daiiis le^ rhotitâgnês d'Ecosse, â Saint-Pétersbourg, en débarquant â Bârbetodftë, y ai récohiiti eh une sccbndë, des pédéf^âtes qtie je n'à^âiè jamais vui! > Hais ce diagnostic persoiihël échappe et au jii^ë et au itiédëciii. i'eif ai vu, il est vrai, un assez grdhd nombre ayant iiii éiiérieiir féminin, par le costumé, par h coquetterie. Mais il jr à s(us§i dk veriiableâ pédérastes qui sont tout adtres , surtdnt les homiuës iS^és qui sont insouciants, négligea dahs leur costnrflë ël lèiir lendé, et enfiû il y éh al qui appartiennent à la bdsse clâsâë et qui né diffèrent ëfa rien des itiitres hdmnies.
D'aprëâ cela, je ne puis être de Tavis dé P. Zacchias, sur les circdristî^ncbs psychblogiqiiës et sur TëxléHenr gértëfàl, qhôl^u'il parle d'après sbn èipériencé : k Mcdici de hac rc facile tcritalem prùhuntiare fioi'erunt, màgna cautela adhibil'a, noU negleclis itiâm conjeblàHà et prHfHÛmptiàhibus, ettàhi quœ extra artcm habcri possunt (1). y> Il est vHi que Zacchiââ Védt aussi que Ton preHhe en cdhâiHérdlloil les signes ph^^icfuës.
bes sigriës f)Hysiqiiés cônsiâlént, d'après ce qilë Hisëdt t8u^ Ids traités, eH tnalâdlës tantôt générales, tantôt Idcalës: Ihè vàMi- Ûiei IdcàlëS sëraiëht, a Tâhiis, écdi*chdhëé, cbntdâioh^.; iriftSlhifnjtion, suppuration, paralysies du sphincter, iistules, chutes, excroissances, etc. — Le^ hldlàtlies générales géraient atrophie, jJrithisie, hydropisie, elc. — Mais oh cherche en vain les observations réelles Sur lesquelles est basé ce diagnostic. Fahner seul (Traité, 111) ra-
(1) (fiaisl., lîb. IV, lit: il ; Quœst., V, p. 382.
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conte qu'il a vu un cas (!) dans sa pratique médico-légale, où un précepteur avait eu îles rapports de pédémstie et d'onanisme avec son élève, et où il trouva les signes physiques à l'anus cMessus indiqués.
Pour moi, je puis affirmer que sur la partie active on ne |>eut rieo trouver, et des symptômes syphilitiques que l'on rencontrerait an pénis de l'un el à l'anus de l'autre, comme nous l'avons vu une fois, ne prouveraient rien. Un point aussi dont je me suis assuré par mes nombreuses observations personnelles et qui est confirmé par lei observations très intéressantes de Dobrn (1) ainsi que par le correa* pondant anonyme dont j'ai parlé plus haut, c'est que le vice n'est pu constitué toujours par la pédérailie dam le tent propre du mot, c'est-ù'dire l'introduction du pénis dans l'anus, mais anssï par les jouissances sexuelles acquises par la maslurbAtion, etc., ce qai eiplique qu'il est arrivé si souvent que des gens évidemment pédiruto passifs ne présentaient aucun signe sur leur corps (2).
Pour ce qui regarde la valeur des signes trouvés sur le corps du passif, je dois dire que, parmi les cas qui se sont malfaenreusenitjii pressentes assez souvent â mon exploration, qae je n'ai jamais reii<' Iré de maladies générales, telles que tuberculose, fajdropisic, i-
i'our les signes locaux, j'ai vu seulement deux caa où il y v violence (01' et 02° cas) : dans l'un une pulite déchirure di ter, dans l'autre excoriation de la peau du ponrtODr de sensibilité du sphincter et de l'anns. ,
Hais il y a surtout deux sjmpUmet qmj'atol l'un enfoncement en forme. J dire un aplatissement de la s tion de la rainure, de sorte que les cétés de'rMfi
(1) Darn ma rierteljartcliriff, vol. IV, iwga i
{i) ie rrois util« de citer le pâture «uivant <!''
dant aaonjinfl : • Haf^ei-voui dfl çfOlrr
raili0,je no l'ai jniimIi Aite. moi tllajiiifarl nau> naiH cunlentont, clc. .. lant me pa* «ik ' <iuea honniicii «bJBClf {fie !>, cciix-cladiU^Ki