‹ Traité pratique de médecine légale v. 2 (volume 2)Chapitre 45 sur 98 · RAPPORTS SEXUELS CONTRE NATURE · texte numérisé non relu

RAPPORTS SEXUELS CONTRE NATURE

Une paysanne qui avait remarque des lésions ù l'anus de son fds âgé de huit ans, accusait un gan;on de quatorze ans et demi de l'avoir séduit par la promesse d'une tartine^ et de s'ôtrc livré sur lui à la pédérastie. L'cnrant de cette paysanne niait le fait et expliquait ses lésions à l'anus en disant qu'il ébit monté à cheval sur une vache. Je trouvai aux deux fesses, près de l'anus, deux écorchures douloureuses, tout à fait égales, de la grosseur d'une noix, mais déjà sèches et d'un rouge brun. Tout le reste de l'anus et du corps était complètement normal. On ne pouvait admettre que ces écorchures pussent provenir de l'attouchement d'un pénis, tandis qu'il était boancoup plus probable qu'elles venaient d'une promenade sur une vache (au mois d'août et avec un pantalon de toile). Le garçon accusé niait tout.

Mais plus lard je trouvai sur la chemise de l'enfant, à la partie inférieure et postérieure, des taches ayant l'apparence de taches de sperme, et à l'examen microscopique (dix jouis après), je vis des spermatozoaires parfaitement conservés. Conaidèranl que cet enfant do huit ans ne pouvait être capable de produire du sperme, on était autorisé à chercher la source de ces taches chez un sujet plus âgé ; de plus, l'endroit où les taches avaient été trouvées était très important. In mois plus lard, j'explorai l'accusé dans sa prison, il avait l'âge que j'ai dit plus haut, était robuste et musculeux, et, chose remarquable dans cette circonstance, n'avait ni barbe, ni voix mâle, ni poils sur le pénil ! Le pénis avait les dimensions ordinaires à cet âge; les testicules, petits, n'étaient pus dans le scrotum, mais près de l'anneau abdominal. L'accusé avouait avoir eu de temps en temps des érections. On me demanda si je croyais possible qu'il eût du sperme et des envies d'éjaculer: je répondis oui, sans dire bien entendu qu'il devait avoir accompli l'attentat. Il fut cependant déclaré coupable et condamné.

Obs. 94 à 99. — Attentats mastut batohes commis sur des garçons et des fUtes*

Obs. 94. — Le portier F... était accusé d'avoir commis des attentats masturbatoires sur cinq garçons, sans se faire masturber lui-même, et d'avoir eu recours à la violence. La conformation de la tête de l'accusé était bizarre : semblable à celle d'un singe, le front était plat, les pommettes des joues et les maxillaires proéminaient. J'avais seulement ù nie prononcer devant le tribunal sur les suites de ses violences; F... fut condamné.

Obs. 95 à 09. — Le maître d'écolo F... était accusé de s'être livré aux mêmes brutalités sur deux garçons et trois (illes âgés de cinq a six ans. Les questions posées par le tribunal étaient asseï bizarres : « Les lésions des parties génitales des enfants proviennent- elles d'attouchements étrangers plutôt que d'attouchements faits par ces enfants eux-mêmes ? L'état maladif de ces enfants est-il causé par les lésions aux parties génitales? Y a-t-il à craindre pour la vie ou la santé de ces enfants à cause des attentats brutaux dont ils ont été victimes ? »

Otto« ftfé de cinq ans, d'après une altestation d'un médecin, avait eu, trois semainet «Tant mon exploration, * des symptômes d'inflammation au pénis, avec teoulenioft Mennorrhagiquo » . Il avait été guéri en deux jours par l'eau de plomb.

Je trouvai le garçon atteint d'un phimosis, mais, excepté cela, complètement sain.

François, âgé de six ans, avait eu, disait sa mère, six semaines avant mon exploration, le a pénis très gonflé avec écoulement d'une matière épaisse » . Il avait, lui aussi, seulement un phimosis et était sain pour le reste.

Louise S..., âgée de neuf ans, avait, disait une attestation du médecin, présenté dix-huit jours avant mon exploration, une excoriation de deux lignes à la paKie gauche de l'oriflcc du vagin, une rougeur douloureuse et un gonflement du pourtour du vagin. L'enfant était, lorsque je l'explorai, localement et généralement parfaitement saine et pas déflorée.

Louise M..., âgée de sept ans, d'après l'attestation du même jour, du même médecin, présentait à la partie droite de l'oriflcc du vagin une écorcbure rouge de la grandeur d'une pièce de dix sous. Cette rougeur n'était pas encore effacée ; pour le reste l'enfant était saine et pas déflorée.

Enfln, Marie, âgée de six ans, avait eu aussi, disait-on, «une écorchure rouge et assez grande ». Lorsque je fls mon exploration, cette rougeur n'existait plus, l'enfant était bien portante et non déflorée.

Je déclarai dans mon rapport : N'ayant rien trouvé sur le corps des enfants Marie et Louise, je ne puis affirmer qu'il y ait eu attouchement irritant des parties génitales. La rougeur des organes génitaux de Louise M .. pourrait être le résultat d'une cause interne, comme cela se rencontre assez souvent chez les petites filles. De même aussi les phimosis des deux garçons que Ton peut facilement guérir par des opérations très simples, peuvent, comme cela se voit souvent, être congénitaux, et non le résultat d'une irritation des organes génitaux ; ils peuvent aussi résulter d'une inflammation de l'urèthre et du prépuce ; mais la coexistence singulière de ces deux affections chez deux enfants de la même maison, aficctions qui ont été précédées d'inflammation, rendent probable une cause réitérée d'irritation, qui, à rage de ces enfants, n'a vraisemblablement pas été spontanée.

D'après cela, je répondis aux questions posées, que les organes génitaux des garçons Otto et Franz ont été vraisemblaUemenl masturbés par la main d'un tiers, et que ceux de la flUe Louise M... ont pu être altérés par la même cause. Je n'admis pas que ces attouchements brutaux aient pu être la cause de l'état maladif de ces enfants, et qu'ils pussent provoquer un danger pour leur vie ou leur santé. L'accusé niait tout, jurant « par Dieu cl par son salut éternel » ( ! ! ;. Mais il fut convaincu de culpabilité. La conflguration de sa tète, que j'ai décrite plus haut, parut si singulière, que l'on me demanda si l'on ne pourrait pas en tirer une conclusion pour sa culpabilité. Je répondis évidemment que non. 11 fut condamné aux travaux forcés.

Obs. 100. — Expertise de pédérastie sur un cadavre.

Ce cas est unique en son genre. Mn commis marchand s'était empoisonné avec l'acide sulfurique, et on soupçonnait que Ton avait exercé sur lui la pédérastie. Le tribunal me demanda de rechercher sur le cadavre s'il était possible de retrouver le« traces du crime. L'anus était ouvert et hàssait passer les fèces, chose très commune

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chez les cadavres, et qui ne pouvait rien prouver. Ce qu'il y avait de plus remar« quable, c'étaient deux cicatrices do la grosseur d'un petit pois, l'une près de l'autre, peu profondes, circulaires, aux bords nets, sur la muquev$e du rectum à gauche et très près de l'anus. Ces cicatrices, qui avaient tous les caractères de cicatrices de chancres, étaient d'autant plus remarquables que l'on ne trouvait pas ni sur le pénis ni dans toute la région génitale aucun ulcère, ou cicatrice ou autre lésion, et que l'infection ordinaire ne donne pas de chancre au rectum. Ajoutes que la peau au pourtour de l'anus, chez ce sujet encore jeune, d'une vingtaine d'années, était sensiblement lisse et sans plis. D'après cela, je conclus «r qu'il était très vraisemblable, d'après les signes trouvés sur le cadavre, que F... avait été l'objet de la pédérastie m .

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