‹ Traité pratique de médecine légale v. 2 (volume 2)Chapitre 73 sur 98 · MALADIES HEHTALES. — INTERVALLES LUCIDES · texte numérisé non relu

MALADIES HEHTALES. — INTERVALLES LUCIDES

peut plu* èire refirdée, par lei riiioni que nom venant de citer, comme un accèt iiolë de pastion violente d'un bomme Min, nuis d'un homme «e trouvant dan* un étal de lurexcitalion exceptionnelle. Sa famille n'a rien obierré en lui d'extraordi' luire, >i ce n'est qu'il lit beaucoup dam la Bible, quelijuefoii pendant la nuit ; on peut donc admettre que, dans let rapport* journalier*, il ne *e conduit nullement comme un fou ; mais nous apprenons que H... écrit de lempi en lempi en cacliflUe te* extravagance*, dont le contenu e>l rempli d'expreation* obscènes ; ti cette particularité était arrivée a ta connaissance de sa lamille, il aurait reçu de juste* reprodies. Ainsi, on peut dirn qu'il a ilé fou peiutant ptutitun annin tait çve ptrtonne t'm soil ilovié.

C'est d'autant plus probable à priori que, depui* sept ans, on n'a (ait aucun traitement, et qiio de telles maladies ne peuvent guérir par les seules ressources de la nature sans une hjgîène corporelle et mentale bien ordonnée. Vn trait de sa conduite en prison, qui paraît peut-élre insigniflant, mail qui est très important, prouve à po^lcrion' que son dérangement mental dure encore, quoiqu'il sache le matlriter comme auparavant. Je parle d'une langue lettre écrite dans sa prison â sa femme le 29 novembre. Dans celle longue épltre. H... décrit sa position, demande à voir son enfant, parle de l'état de son procès, dit qu'il a confiance en Dieu, etc., dans des phrases cohérentes et très claires; mais, au milieu du texte, il écrit tout à coup des vers absurdes. Puis il ligne • Ion mari, qui du fond de la pri. Mn soupire après toi. a II n'est pas besoin de beaucoup de mots pour coraclériser l'état mental d'un tel homme. Une telle lettre, écrite par un prisonnier menacé d'une grave punition, doit déjï taire naître des doutes sur son état mental, quand mime ces doutes ne aéraient pu appuyé* *ur une folie antérieure. Ici elle doau* tine preuve certaine d'une manie protonde. Je conclus, d'après ce qui précède, que ■ R... souffre depuis plusieurs années de démence; que l'action qui lui est imputée • été commise dans cette époque de manie, qui du reste est encore periislanle ; qu'il n'a pas été reiponaable au temps du hit, et qu'il ne l'eit également paa tntin-

4* IHTERVALLE* LUCIOES.

licatÂnmi. — AUgtm. : Lanir., 120, tu. 12, vol. 1. — Ceux qui ne sont privés da leur raiaon que de temps en temps pourront disposer par testament dan) les

nu., AU., |141. — Lonqu'il est BTéré que le testateur souffrait à certain* interrallM d'pne maladie mentale, le juge devra rechercher il le testateur était sain u moment où il a lealé.

~ En cas de doute, il aura recours i l'assistance d'un expert.

), g M, lit. 3, Tcd. II. — Le* per*onnes qui sont atteintes

itwÊt mdidta BflBlale à mcIûd* Intemllof devront itre mise* sous tutelle. Dan*

la cxlraordinaim, loraqua l'on na peut «Itendre la mi»e en tutelle, ces per-

sonnes pourront tester dans un intervalle lucide, lorsque le juge aura constaté, à Taide d'un expert, que Tintervalle lucide est réel.

Code civil {rhénan)^ § 489. — Le majeur qui est dans un état habituel d'imbécillité, de démence ou de fureur, doit être interdit, même lorsque cet état présente des intervalles lucides.

Outre les différences de développement que nous venons d'étudier, la manie présente encore des différences dans son cours : ainsi tantôt elle est continue et c'est ce qui arrive le plus souvent, tantôt elle est intermittente, c'est-à-dire qu'elle ne survient que par périodes dans l'intervalle desquelles le malade revient tout à fait, ou du moins en apparence, à la jouissance de sa pleine raison. Cet intervalle a été appelé intervalle lucide.

Ici se présente une question très grave en médecine légale, celle qui consiste à décider si un homme est responsable de ses actes civils ou criminels commis dans un tel intervalle lucide.

Les uns prétendent qu'un maniaque en apparence guéri, peut encore cacher des conceptions délirantes dont la manifestation peut éclater à une occasion quelconque et mettre un terme à l'inten^alle lucide, et qu'ainsi le maniaque reste aliéné même dans les moments où il paraît jouir de son entière raison, et doit être considéré comme non responsable.

D'autres disent qu'un homme atteint d'accès de manie peut, dans l'intervalle de ces accès, reprendre empire complet sur sa raison, et qu'alors il doit être considéré comme responsable de ses actions.

Les législateurs ne sont pas non plus d'accord sur cette question ; le Code français, suivi dans les provinces rhénanes de Prusse, ordonne de mettre en tutelle le maniaque périodique, comme tout autre dément, imbécile ou furieux , tandis que le Code prussien reconnaît la valeur des intervalles lucides pour les questions civiles, et permet aux maniaques qui se trouvent dans un tel intervalle» de tester, de faire un contrat, etc., mais pour les affaires criminelles demande sealemeot si l'accusé était dément ou imbécile au temps du fait. Le Code de Hanovre tient le milieu en conaidénit l'intervalle loeida couine circonstance atténuante. Enfin» le Code tni^ conmie le inpporis

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