‹ Traité pratique de médecine légale v. 2 (volume 2)Chapitre 84 sur 98 · MALADIES MENTALES. — IMBÉCILLITÉ · texte numérisé non relu

MALADIES MENTALES. — IMBÉCILLITÉ

leur nature dramatique, un certain attrait. Les personnes nerveuses, hyponchondriaques, hystériques, surtout les femmes, aiment à évoquer certains de ces rêves fantastiqueset à en savourer les émotions, qui, une fois produites, renaissent par suite des lois de l'association des idées. La mère qui, en baignant son enfant, a eu Thorrible idée de le laisser couler, y pensera de nouveau la prochaine fois qu'elle voudra le baigner. L'hommef qui repasse son rasoir est repris tout naturellement de son idée de la veille, de se couper les yeux. C'est ainsi que s'enracinent ces écarts de l'imagination, qui peuvent passer à l'état d'idée fixe et porter le plus grand trouble dans la vie ; mais l'expérience démontre combien le fonds moral de l'homme est d'un grand secours dans la lutte que ce dernier livre à l'envahissement de cette idée fixe. Les cas nets que j'ai rapportés le prouvent bien; car, dans 'aucun d'eux, le fait horrible qui se présentait à l'imagination n'a été mis à exécution.

Nous croyons avoir donné une explication psychologique conforme à la nature, concernant les cas dans lesquels le désir de tuer est parvenu à l'état d'idée fixe. C'est assez dire que ces cas devront être interprétés selon les règles que nous avons posées dans le paragraphe traitant de l'idée i\\e. Ici encore nous devons blâmer la fabrication des nouveaux noms et l'admission des nouvelles espèces de maladies mentales qui ont paru si séduisantes à certains auteurs, et qu'ils n'ont pas craint de prodiguer au grand détriment de la vérité et de la justice.

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