PENDAISON, STRANGULATION* — ÉRECTION. 3A
langue esi tantôt derrière les dents, tantôt entre les dents, sans que Ton puisse en savoir le motif. Pour nous, il nous suflit de savoir que le fait est sans conséquence.
d. Turgescence des organes génitaux mâles et même (d'après Remer) femelles^ c'est-à-dire chez l'homme érection avec sortie de sperme ou de liqueur prostatique, chez des femmes érection avec hu*» midité du vagin. Plus j'ai observé les strangulés, plus je me suis con* vaincu que cette thèse qui a envahi la médecine légale et qui a été copiée d'un livre dans un autre, était contraire a l'expérience.
Guyon (1), médecin de la marine française, raconte que quatorze nègres, pendus en même temps, ont eu tous, au moment de leur mort, une érection qui, chez neuf d'entre eux, persista encore pendant une heure après la mort. Il s'agirait d'abord de savoir dans quel état ces cadavres se sont trouvés plus tard, en combien de temps la turges^ cence a disparu chez les cinq autres, puis une érection réelle qui a eu lieu au moment de la mort, peut-elle disparaître avant la putré* fiction, quand lereQux du sang est arrêté?
Nous nous passerions des objections théoriques, si l'expérience pemneltait de constater les faits, mais c'est ce qui n'a pas lieu. J'ai pu obsen'er un très grand nombre de pendus, dont la plupart s'étaient suicidés, ainsi étaient bien vivants au moment de la pen* daison, j'ai toujours examiné avec soin l'état des parties génitales et je n'ai jamais vu une érection; quelquefois, mais très rarement» îl semble qu'il y avait une espèce de turgescence, une demi-érection, mais c*e8t là un fait trop rare et trop peu prononcé pour qu'il mérite la peine d'être noté.
On pourrait croire qu'il y a toujours érection si l'on trouvait toujours éjaculation de sperme^ mais cela n'arrive pas» Il est étonnant qu'un savant comme M. Devergie qualifie les taches de sperme sur le linge des pendus comme < très fréquentes », quoiqu'il avoue n'avoir jamais vu, lui non plus, ni une érection ni une demi-érection sur le cadavre. On ne sait pas si ces taches observées par N. Devergie
{\) Bévue mtdicale , 1823.
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étaient fraîches; était-ce lAtn du aperme^ les a t on examinées atfc le microacope? Nona atons souvent trouvé au méat de l'nrèthre dv fluide visqueux, mais qui ne contenait que très rarement des spc^ ttatoiôairea ; noua tes ayons trouvés : chei un ouvrier de cinqiiantfr huit ans ; cbes un homme de quarante ans qui s'était pendu avec ni ttdsud-coulanti lequel avait Tait une marque strangulatoire sur lool la ciit^onféfence dit coii ; ehet un ouvrier de vingt- neuf ans qui 8*élli également penda avee un nœud-coulant ; dana quelquea autrM tt encore ttmta trèa rares.
Une autre circonstancei aur laquelle je n*ai dirigé mon ailentioi que depnia quelques années, diminue beaucoup la valeur diagnoi tique de la présence du sperme. En ftiisant des expériences sur 1 contenu de Turèthre, j*ai trouvé des spermaloxoaires ehes di hommes mort) subitement, tués par armes i feu, asphyxiés dai dea gai irreapirablea (obs^ 262), empoisonnés par Tacide prai alqtte (obs. 20A), chet un noyé de vingt-neuf ans. On ne peut pi admettre que tous ces hommes aient exercé le coït tin instant aval la mort!
Quant aux partiea génitales des femmes, que d*erreurs ne penl-o )[>as commettre dans cette question ! Quelle valeur peut avoir la pré «ence d*huroidité dans le vagin !
Ainsi, dans aucun cas, l'état des organes génitaux, dans les dei ièkes, ne peut atoir une Taleur quelconque dans le diagnostic de ! mert par pendaison ou par strangulation.
a. Sortie de ficeê et d'urine au moment de la mort. Très aoi vent on voit le linge et les habits salis de rèces ou d*urine chez li stratigulés, même dans des cas oA Ton ne peut expliquer cet écoulemei par le transport de cadavre et par la position béante du sphincta Mais c'est encore un signe sans valeur dans le diagnostic, car i phénomène )se présente dans tous les genres de mort, surtout pot les morts subites même non violentes. Cela s'explique physiologiqiM imsnt pst Tarrèt de la circulation précipitant les mouvements péri! tal tiques des intestins.
FBUDAISOM, STRÀMè^liÀttOll. — MLLOU StHANGULÀTOlRE. S5l
1* NÉmaAni tiocAini tliR li c«lr. uLtéM stluMoLAtoiftt.
Les réastioDS sur le cou donneroni dans tous les cas de strattgaklÎMi des résaltats importants ; sous ce rapport, les tégumetits mousi les os, les cartilagesi les faisseaui ont été l'objet de rechereiiis eembreuses.
Les anciens regardaient la présence d'un sillon rouge Ueu ecchfnosé autour du cou» comme la preute de la mort stningulatoire { dc|Niia P. Zaccbias, jusqu'à Foderé» on a euaeigné ^u'on siUoB eecliffliosé, tisible sur le cadavrC) est une preuve sâre qu'un homme TÎTant a été pendu, que l'absence d'un sillon ecchymose proufe» avec k même certitude» que la pendaison n's eu lieu qu'après la BMrt ; par conséquent, que l'homme n'est pas mort par strÉdgula« tioft. Daniel a dit {Instùul. nud. puhl. admmkr.^ 1778» in-A^ p. 108) : MaUf eeckymoiin semper locum Aafrert kmcientiM docuere wigiie. forens. scriptores*
Celle théorie a été renversée au commencement de ce sièchi par ks Mservatians de Hersdorff, de Klein, Hiuse, Remer, Fleischmann, bqoirol et autres. Dès l'année 1826, j'ai Tait des eipériences k ce tajel ei dqiuis ce temps, j'ai eiposé mes résultats dans mes leçons ai dans mon journal (1). Bientôt après, Orfila fit des expériences Semblables dont les résultats s'harmonisèrent coaiplétement avec ce ^•e j'avais trouvé. Maintenaut penonne n'admet plus que la pré^ d'un sillon ecchymose au cou est un signe constant et néce»* de la mort par étranglement, c'est-è-dire de l'étranglefflent mjwûlL eu lieu pendant la vie. Si l'on compare les observetions dee ladeua» ou voit que l'erreur provient de ce que le bmI eceliymose m*a pas été délim exactement.
Sugillatîon, ecchymose, extravasation (daus le tissu eellolaire), seul dee expressions analogues et veulent dire la wrût du sang des vaisseaux et son épanchement dans le tissu celhilaire sous-
(I) Woe)lmut^nfi, 1S37, n» I. DmkrwUrdiikeim sur med. SflitHk uatf SlÉatariMkim*. terfin, l»4S, p. SI.
352 PARTIE THANATOLOGIQDE.
cutané et dans les interstices des muscles. On peut férifier l'existence d*un tel épanchement sur le cadavre en faisant une incision dans Tecchymose ; on voit alors ce sang épanché en quantité plus ou moins grande. Les colorations bleue, rouge, violette de la peau cpii se rencontrent quand il y a ecchymose, ne prouvent rien par ellesmêmes, puisqu'une seule hypostase cadavérique on une congestion sanguine produit une coloration semblable. Mais il y a encore les pseudo-ecchymoses (pseudo-sugillations), qui se forment lorsque, par nne pression sur le derme, le reflux des petits vaisseaux est arrêté et que la mort survenant, le sang reste dans cet état. Si l'on incise une telle pseudo-ecchymose, on voit perler des gouttes de sang, sortant des vaisseaux coupés, mais il n'y a pas de sang épanché dans le tissu cdlnlaire sous-jacent. Autrefois, on ne distinguait pas ces différentes sortes d'engorgements sanguins et on donnait le nom d'ecchymose à toute tache d'un bleu rouge, et les médecins légistes n'essayaient pas les € ecchymoses > avec le scalpel. C'est ainsi qu'est entrée dans la science la théorie du signe constant de la pendaison, le sillon ecchymose. Il n'est pas possible de s'expliquer autrement, cette grave erreur qui s'est propagée pendant si longtemps et dans tant d^uuvrages.
On trouve, dans presque tous les cas, la trace de l'instrument slrangulant en forme de sillon qui, chez les strangulés, correspond i la largeur de l'instrument ; il n'en est pas de même chez les pendus. Le sillon esl tantôt profom. de 2 à 3 millimètres, tantôt tellement superficiel qu'on ne le voit qu'en regardant de très près. Ch» les strangulés, il fait le tour du cou, chez les pendus, c'est très rare, cela n'arrive que dans les cas où l'on a employé un nœud coulant qui se ferme exactement par la pression exercée par le poids du corps, de sorte que l'homme est plutôt strangulé que pendu. Hais dans li plupart des cas, Tanseda cordon n*est pas fermée et Ton trouve toute la partie postérieure du cou sans sillon, le sillon monte derrière les oreilles et se dirige vers rarrière-téte. Il y a aussi d'autres parties du cou qui peuvent n'avoir pas de sillon, par exemple, lorsque, en mourant, la tête a été penchée de côté, le côté opposé ne présente aucune
FBNBAlflONy STRANGULATION. — SILLON 8TRANGULAT0IRE. 353
înce. Une forte barbe peut empêcher la formation d*an sillon et alors le cou n*a aucune trace, comme on le verra par l'observation iatéresstnte 276. Dans quelques cas, le sillon n'est pas uniforméflieot creusé dans tout son pourtour, soit parce qu'on a employé des Golfes non uniformes, par exemple un fichu ayant des bords plus durs que le reste de l'étoffe, soit parce que l'on a plié en certains endroits l'étoffe en double ou en triple, de sorte que, à une certaine place, le lien est très gros et serre fortement, tandis qu'à une autre, il touche à peine, alors le sillon est plus ou moins entrecoupé et présente différents aspects et différents états. Voici quels sont les différ«il8 états du sillon :
Tantôt il présente une coloration d'un brun jaune sale avec une consistance dure d'un aspect parcheminé , il ressemble alors aux taches produites par des sinapismes ou vésicatoires qui ont été posés peu de temps avant la mort (sillon momifié) i quelquefois on y trouve, çà et là, de petites écorchures produites ptr des liens* durs, tels que les cordes de chanvres, qui frottent l'épiderme et favorisent l'évaporation (dessiccation). Il n'est pas rare alors, en coupant les bords du sillon, de trouver les pseudo-ecchymoses décrites plus haut, mais on ne trauve pas d'ecchymoses réelles.
Tantôt il montre une coloration bleu ou clair, rouge sale ; il est nwu sous le couteau.
D'autres fois il est peu ou pas coloré et est également mou sous le couteau.
Souvent il offre des taches livides dans leurs bords , ce que les mteurs ont souvent mal interprété, ces colorations ne sont que des lividilés cadavériques comme on peut facilement le vérifier, mais rien moins que des traces d'ecchymose. Je répète que, dans beaucoup de cas, le même sillon présente ces trois formes.
Un sillon bleu rouge foncé qui, à l'incision, présente du sang éfancké dans le tissu celluUire sous-cutané, est excessivement rare après la mort par pendaison ou strangulation. Je n'en ai jamais vu et si réellement il a été observé, il doit être considéré comme une Iriê rare exception.
ibà PARTIE THANATOLOGIQOK. "
Il est bien entendu que la putréraction avancée efface le atrangulatoire.
On a prétendu que les différences de Tétat du sillon strangulatcNre dépendent des différences du lien strangulatoire ou des différentes positions du même lien par rapport à Tos hyoïde, et Ton a expliqué ces différences, parce que tantôt des corps mous, tantôt des corps durs étaient employés, que le liett était tantôt au-dessus, tantôt audessous du larynx. Ce sont là des thèset que ne confirme pas Tobservalion. J'ai trouvé les liens les plus divers appliqués dans des po»* tions toutes différentes qui offraient des résultats tout à fait analogues, tandis que le même lien, placé dans la même position, présentait des résultats très différents. Du reste, cette question n'a aucune valeur, comme le prouvera le paragraphe suivant; ce qui est très important en pratique, c*est de distinguer le sillon strangulatoire produit par rentorlillemenl du cordon autour du cou d'un nouveau né ; da (illon produit par une strangulation criminelle ; c'est facile à reconnaître sur le cadavre, nous y reviendrons plus bas.
Quand la strangulation a eu lieu par la pression des doigts, on trouve des deux côtés du cou les traces de Timpression des doigts; ou bien une trace de chaque côté ou bien une d'un côté et deux l'autre. Il n'est pas rare surtout de reconnaître l'impression do. pouce. Ce sont des lâches rondes ou semi-lunaires ou tout à faiC irrégulières, quelquefois accompagnées d'égralignures d'ongles, c'est-à-dire d'écorchures de l'épiderme, ces taches^sont ordinairement d'un brun jaune, parcheminées, non ecchymosées, elles son/ aussi quelquefois comme le sillon strangulatoire d'un bleu sale; enfin dans des cas exceptionnels, quand la mort n'a pas été immédiate, elles sont réellement ecchymosées.
Expériences sur le cadavre, — La certitude diagnostique, attribuée à la présence du sillon strangulatoire, est très amoindrie par les expériences qui ont été faites par nous et par des médecins de Paris, expériences qui démontrent qu'un sillon strangulatoire peut être produit après la mort, de manière à ne pouvoir être distingué d'un sillon fait pendant la vie. Nous rapportons ici des expériences