PENDAISON, STRANGULATION. —SILLON STRANGULATOIRE
fie pendaison faites après la mort qui prouveront ce que nous venons d'avancer.
1* En avril 1855, je fis une expérience sur un homme mort depuis à peine un quart d'heure. Cet homme, âgé de quarante-cinq ans, était monté dans un fiacre pour se faire conduire à l'hôpital, et mourut chemin faisant. Le cadavre fui mis dans la chambre des morts, où nous nous trouvions par hasard. Après nous être assuré que la mort était réelle, nous flmes étrangler le cou du cadavre encore chaud avec un cordon de chanvre de 5 millimètres d'épaisseur, serré avec une grande force. Trois jours après, nous examinâmes le sillon. 11 était d'un brun jaune très prononcé , mou sous le couteau , profond de près de 2 millimètres, sans ecchymose, et naturellement entourant tout le cou sans interruption, mais plus prononcé à gauche qa*à droite. La figure était pâle et affaissée. Il y avait une circon* itance accidentelle très curieuse, c'était une turgescence du pénis au méat duquel se trouvait un liquide muqueux, ne contenant pas de sperme. Bref, l'aspect extérieur du cadavre était tout à fait celui d'un homme mort par strangulation. L'autopsie montra que la cause de mort avait été une asphyxie prorduite par hépatisation du poumon droit et de la moitié du poumon gauche, qui les rendait imperméables. La trachée- artère était remplie de liquide écumeux blanchâtre.
2*" Un honune âgé de vingt-huit ans, mourut du typhus, le 6 août 1827, à dix heures et demie du matin. Une heure après la mort, dont on ne pouvait douter, il lut pendu à six pieds de terre au mojea d'on cordon tourné deux fois au-dessus du larynx. Le lend»main, à dix heures, le cordon fut coupé et le cadavre fut examiné par moi et deux de mes collègues. Le cadavre était encore frais. Les lividités cadavériques se trouvaient en grande partie ù la surface postérieure. Autour du cou, entre le larynx et l'os hyoïde, se trou* vait un double sillon parallèle, de 6 millimètres de profondeur ; les bords da sillon étaient colorés en bleu jaune brun. Ce sillon avait tant à fiait l'aspect de ceux qui sont formés sur le cou des hommes vivants. Il y avait surtout des places plus colorées an c6té
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droit du cou, à 2 centimètres de l'apophyse mastoîde. La peau était dure à couper et parcheminée. A plusieurs endroits, elle était légèrement excoriée. L'incision du sillon ne montra pas de sang ni d'ecchymose. La peau et même les muscles étaient seulement colorés en i^iolet, ce qui, évidemment, était un phénomène cada?érique.
S^'Le 21 septembre 1827, un jeune homme mourut de phthi»e pulmonaire. Une heure après la mort, on pendit le cadavre comme dans le cas précédent, et il fut examiné le lendemain. Tout autour du cou, au-dessus du larynx, il y avait un double sillon, dans lequel on distinguait très nettement la disposition du cordon. Le sillon rouge brun parcheminé pénétrait au-dessous du derme, dans le tissu cellululaire; il n'y avait ni épanchement de sang ni coloration des muscles, mais le derme était bruni et comme brûlé dans tout son tissu. La veine jugulaire, qui ne proéminait pas beaucoup à l'extérieur, était très remplie à Tintérieur.
h"" Un homme de vingt-sept ans était mort d'hydropisie. Deux heures après la mort, il fut pendu. Il présenta les mêmes résultats que dans le cas précédent, excepté que la couleur jaune brun était plus visible des deux côtés, près des apophyses masthoîdes.
5o Une femme de trente-deux ans se noya le i"*^ janvier 1816 ; et ne resta que quelques heures dans l'eau, on lui serra, douze heures après la mort, un cordon autour du cou; il y avait déjà rigidité cadavérique. On laissa le cordon pendant vingt- quatre heures. Dix heures après, nous examinâmes le sillon. Celui-ci était très prononcé, profond de h millimètres, il parcourait toute la circonférence du cou et était coloré en brun sale, au côté gauche du cou et à la nuque ; mou sous le couteau et ayant tout à fait l'aspect du sillon produit par la strangulation pendant la vie.
L'expérience était d'autant plus instructive que nous pouvions comparer avec le cadavre d'un suicidé de soixante et dix ans, qui s'était pendu, disait-on, pour ne pas mourir de faim. En effet, ce sujet très amaigri, était mort de neuroparalysie, il présentait un estomac contracté, ayant les dimensions du gros intestin. Quant au
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sillon, il éUiit beaucoup moius visible que celui qui avait été produit artificiellement sur l'autre cadavre.
6'' Le 17 août 1827, dans Taprès-midi, un homme mourut de neuroparalysie. Treize heures après la mort, il fut étranglé au moyen d*un cordon placé au-dessus du larynx, avec autant de force que possible; six heures après, le cordon fut enlevé. Je trouvai un sillon facile à efiacer sans coloration ni altération de la peau.
7* Le même jour, une femme était morte d'un cancer de l'utérus. Six heures après la mort, on lui posa un cordon double au-dessous di larynx et on serra fortement. Le lendemain matin, le cordon f«t détaché et dans la journée j'examinai le cadavre; je ne'trouvai rien du tout, on pouvait à peine retrouver la place où le cordon avait été placé.
8"* Vingt^quatre heures après la mort qui avait succédé à une phtbisie pulmonaire, on posa sur le larynx d'un homme un cordon disposé de telle sorte que le nœud se trouvait en avant et on serra le cordon fortement. Le jour suivant, 18 août 1827, je dénouai le cordon et je trouvai le sillon peu profond, on voyait toutes les empreintes du lien, mais il n'y avait ni coloration , ni dureté de la peau, ni aucune tache remarquable. En incisant ce sillon, on ne troova rien comme dans les cas précédents 6 et 7.
9^ Le même jour, un homme mourut d'ascite, le lien fut mis tringt' quatre heures après la mort, au-dessus du larynx et fut serré Enriement , et plus tard il fut impossible de reconnaître l'endroit où le cordon avait été serré.
10* Une fille d'un an et demi, mourut le 25 août 1827. Le jour nn^anl on cordon mince fut serré fortement sur le larynx. Après fingt-qnatre heures, on dénoua le cordon; il y avait, autour du cou, in sillon bleu très mince, sans concavité, mais très visible. On ne trouva aucun épanchement à l'incision.
Dans tous ces cas, les cadavres qui ne furent pas strangulés, fiurent pendus en les abandonnant au seul poids de leur corps. Hais le sillon est beaucoup plus visible si, en pendant le cadavre avec un aood eoolanty on tire fortement le tronc, ou en pressant sur les
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épaules, ou en tirant par les pieds, de sorte que le nœud coulant se ferme avec de plus en plus de force.
Il ne faut que quelques minutes, même si la mort date de finsieurs jours, pour produire de cette manière un sillon profond, uniforme d'un brun jaune sale, plus ou moins dur, nous citons ici quelques-unes des nombreuses expériences que nous avons faites.
Il"" Un aliéné très maigre, mort à Tftge de quarante-si;c ans d'une paralysie, présentait, soixante heures après la mort (-4- l^-^'à -4- 15^ R.), les téguments du ventre déjà verts. Le cadavre fat pendu et tiré par les pieds ; deux heures après, le lien Ait coupé. Le sillon était très visible, large de A millimètres, profond de 2 millimètres, coloré en jaune sale et momifié.
12'' Une fille de neuf ans, morte de phlhisie, fut traitée de la même manière, quarante-huit heures après sa mort. Trois heures après, le cadavre fût examiné. Le sillon était très visible, quoique entrecoupé à droite et à gauche ; il était large de A millimètres et profond de plus 2 millimètres, coloré en jaune brun et momifié.
13<) Une femme de vingt-deux ans, très maigre, morte de phthisi^ pulmonaire, fut pendue de la môme manière, deux jours après sm mort. Le ventre était déjà vert. Après un quart-d'lieure, le lien fut coupé. Nous trouvâmes un sillon large de S millimètres, profond do h millimètres, tournant autour du cou, sans interruption d'un jaune sale, mou sous le couteau.
1A° Une vieille femme de soixante et dix ans, très maigre, était morte d'une maladie inlerne depuis trois jours, elle avait le cou décharné, les téguments du ventre verdâtres, elle fut pendue et tirée fortement par les pieds. Cinq minutes après, nous trouvâmes an sillon non interrompu, tournant autour du cou, profond de 2 millimètres, d'un jaune sale, mais encore mou.
Très souvent, le siUon des suicidés par pendaison est moins prononcé que les sillons produits artificiellement dans ces expériences que tout le monde pourra répéter.
De ces expériences, il résulte : qu'un lien avec lequel un homme est pendu ou étranglé même quelques jours après la mort^ smr-