PENDAISON, STRANGULATION. ~ CAROTIDES
(oui #1, pendant la pendaison, le cadavre est ItW par les pieds ou les épauleSf peut produire absolument le même sillon que celui qui est observé ordinairement chez les hommes pendus vivants^
Je déclare que Je suis arrivé, par ces observations, à la conviction que le sillon straogulatoire n*est qu'un phénoniène cadavérique, qu'il n'a par conséquent aucune valeur diagnostique. Cette opinion eal basée aussi sur ce que la mort des pendus se fait tellement vite, que la production du sillon dans toutes ses formes, ne peut avoir lieu qu'après la mort. Cette assertion est encore confirmée par les observations que l'on peut faire sur les pendus qui sont sauvés, quand on leur coupe le lien assez tôt Chez ces individus» nous avons trouvé presque toujours le cou complètement normal, quelquefois, il y avait quelques traces de sillons bleu rouge qui (chez ceux qui restaien' rivants) avaient l'aspect d'ecchymoses.
Quant à la momification du sillon, qui est si fréquente, elle ne se Tait évidemment pas pendant la vie, puisqu'elle est le résultat de l'éiraporation des liquides du cadavre et est toujours un phénomène pos$ mortem.
D'après cela, le sillon strangulatoire doit être mis sur la même ligne que la macération des mains et des pieds, observée chez les cadavres tirés de l'eau, phénomène que je démontrerai être cadavérique, tandis qu'on l'a regardé longtemps comme un signe de mort par submersion.
La grande importance de ces observations sur le sillon strangulatoire est prouvée dans les cas assez fréquents où les assassins pendent Irars victimes immédiatement après leur crime, afin de faire croire k aa sttieide. QoestioQ que le médecin légiste a à résoudre (voy. obs. 72, 277, 282, 283).
3* MUSCLIS DU cou, OS HTOÏDE, LARYNX, VERTÈBRES CERVICALES, CAROTIDES.
Je vais examiner, dans ce paragraphe, les lésions locales du Gou, antres que le sillon strangulatoire : déchirure des muscles
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sterno-cléido-nrastoïdien, sterno-thyroidien, et hyo- thyroïdien, da sterno-hyoïdien et du pharynx ; luxation et fracture de 1*08 hyoïdien ; fractures des cartilages du larynx, déchirure des ligaments des vertèbres cervicales, luxation et fracture des vertèbres cervicales.
Quand des observateurs comme Morgagni, Valsava, Bohm, Krombholz, Mildner, pour ne pas dire Orfila, qui n*est pas toiyoors exact, et Remer qui n'a cité que des observations étrangères, qu'il qualifie lui- môme comme € pas toujours exactes, > disent avoir vu les accidents que nous venons d'énumérer produits par la strangulation du cou, on ne peut pas douter de la fidélité de ces observations. Cependant tout expert expérimenté sait que chacune de ces lésions est une exception qui se présente sous des circonstances toutes particulières (1), et, quant à moi, je n'ai jamais vu une lésion de cette espèce au cou des strangulés. Si, dans un cas, on rencontre un de ces phénomènes avec des signes évidents de réaction vitale, ce sera une preuve certaine de la strangulation pendant la vie, car mes expériences sur le cadavre (page 18 A, partie spéciale) ont prouvé ^ que les fractures de Tos hyoïde et du larynx ne peuvent être produitesE après la mort, quelque grande que soit la force qui est mise en ac — tion. On voit donc que l'absence de ces lésions ne peut pas du tou^ prouver qu'il n*y a pas eu mort par strangulation.
Amussat le premier, en 1828, a observé la rupture des mem • branes interne et médiane de la carotide^ et en a parlé comme d'un signe de strangulation pendant la vie. Ce n'est que récemment que cette question a été discutée et approfondie sérieusement, elle a été le sujet d'expériences sur le cadavre ; les résultats contraires auxquels on est parvenu, m'ont engagé à faire des recherches sur tous les cadavres de pendus qui ont été à ma disposition ; ces expériences nombreuses ont été faites sans prévention, j'y ai mis d'autant plus de soin que, convaincu du peu de valeur du sillon strangulatoire, j'ai
(1) Par exemple dans les exécutions de peine de mort, lorsque le bourreau, en pressant sur les épaules du condamné, ajoute son poids à celui du corps du pendu, ou bien dans le cas d*un matelot qui tomba du haut d'un mât et fût étranglé par un litn sur lequtl il tomba avec violence. {Archiv. gén, de méd.t avril 1857.)
PENDAISON , STRANGULATION. — CAUOTIDES. 361
cherché quel pourrait être le critérium digne de confiance de la strangulation. Les observations des autres médecins sont les suivantes :
Dever|;ie (loc. cit.) a trouvé, parmi treize pendus, une fois, une rupture de la membrane interne de la carotide gauche, non suffisamment décrite.
Mildner (Pra^er Vierleljahrsscrifty 1850, III p. 167) a trouvé sur un pendu de quarante- huit ans, très gras, qui s*était pendu avec une corde de chanvre de la grosseur d*un petit doigt, la carotide gauche, à l'endroit correspondant au bord inférieur du sillon, présentant deux déchirures transversales de la membrane interne. La déchirure supérieure avait une longueur de 6 millimètres, l'inférienre une déchirure de A millimètres; elles étaient parallèles et séparées d'un centimètre. Les bords de la petite plaie étaient un peu renversés, non sinueux et très colorés en rouge par imbibition. Le fond de la plaie était la membrane celluleuse qui semblait d'un bleu rouge dans l'étendue d'un haricot, couverte de sang, injectée et infiltrée de sérosité sanguinolente. Toute la carotide était, dans ce cas, peu élastique et déchirée.
Simon (1) trouva la déchirure deux fois sur six pendus qu'il observa. Dans les deux cas, il est question d'une c légère lésion de la membrane interne », mais sans qu'il soit fait mention de réaction. Simon cite Faler qui a vu deux déchirures et Klotz qui en a vu une
Kussmaul (2) rapporte que son père a vu trois fois la rupture chez des pendus et lui-même une fois. Ces deux observateurs entrent dans le vif de la question et citent leurs expériences qui valent la peine d'être méditées.
Wallmann (3) rapporte qu'il a observé, après un coup de pied de cheval dans la région inguinale, une déchirure transversale, large de i 1 millimètres des membranes interne et médiane de l'artère crurale droite, au-dessous du ligament de Poupari.
A cette occasion Wallmann dit que chez des suicidés il n'a jamais
(!) Vvrchou/iArck., 1857, XI, 4. p. 297 et suiv.
(2) /M., 1858, XIII, 1, p. 60 et suiv.
(3) Oulêrr. Imùckr. fiir pract. Hmlk., i858, n* 6 et 7.
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VU une déchirure de la carotide, pas même chez deux individus maigres, i long cou qui s'étaient servis d'un cordon très mince et qui présentaient un sillon très profond, lequel était situé cbei i*un aadessus, chez Tautre au-dessous de l'os hyoïde.
Ces trois derniers observateurs ont aussi fait des expériences sur le cadavre, ainsi que Malle. Sur quatre-vingt-deux corps pendus ou Btrangulés après la mort. Malle trouva seulement deux fois des déchirures, Simon en trouva une fois sur trois individus qui avaient été pendus après la mort, trois sur six strangulés; Wallmann, dans des expériences faites avec le professeur Engel, ne réussit dans aucun cas même en se servant d'un fil de fer comme lien.
Quant à moi, parmi mes observations de pendus, qui sont très nombreuses, car à Berlin c'est le mode de suicide le plus fréquemment employé, je n'ai observé que deux fois une rupture de la membrane interne de la carotide. Voici des observations détaillées à propos de ce phénomène :
1^ Le cadavre encore frais d'un menuisier Ait examiné trois jours après sa mort qui avait été le résultat d'une pendaison. On avait trouvé le cadavre très haut dans un arbre du parc; il y avait chair de poule très prononcée. Dans l'urèthre on trouva un liquide contenant des spermatozoaires. Le sillon strangulatoire situé au-dessus du larynx, tournait autour du cou ; à droite il était peu prononcé, à gauche il était un peu rouge bleu, large de 2 millimètres et sans ecchymose. Le cordon avait dû serrer en cet endroit très fortement. Ajoutons que le corps était très lourd, de sorte qu'il y avait certainement toutes les conditions favorables pour une déchirure. On trouva effectivement une double rupture des deux membranes interne et médiane de la carotide gauche. La rupture supérieure était longue de 2 millimètres, l'inférieure de 3 millimètres, parallèles et séparées l'une de l'autre de 8 millimètres. La rupture supérieure avait une auréole bleuâtre longue de 2 millimètres et était faiblement ecchymosée, les bords n'étaient pas renversés; l'inférieure était moins remarquable etne présentait pas d'indice d'ecchymoseni d'imbibition. Les deux carotides étaient athéromateuses (ossifiées). Pas de phénomènes aux vertèbres