PENDAISON, STRANGULATION. — Y A-T-IL FAUTE D*UN TIEHS
Om. 186. — Suicide par hlrangulation dans une poiition horiMontalê,
La femme d'un Uflleor, âgée de quarante-neuf ans, sourde depuis plusieurs usées, éUH atteinte d'une maladie du foie et avait conçu le dessein de se suicider. ûm couchait dans la même chambre que son mari et que sa fille. Le 15 mai, cef smieni trouvèrent la matin le lit de la mère vide et son cadavre dans la cuisine liaine. le l'ai vue moi-même étendue. Elle était couchée sur le sol, la tète posée ir vn petit sac de fiirine, autour du cou il y avait un fichu de soie, et par-dessus tah noué très serré un fichu de toile mouillé. (Pourquoi l'avait-elle mouillé?) Le non était creux, il entourait tout le cou et passait sur le larynx; il était mou et fsU dans sa continuité quelques places bleuâtres non ecchymosées. On trouva une sllre dans laquelle elle expliquait sa résolution de se suicider.
Oi8. 287. — àsMStinat par étranglemenL
One femme de soixante-huit ans, très riche, vivait seule dans une maison très ;raode et très habitée, qui n'était pas fermée et qui donnait dans une des rues les Ans A^uentées de Berlin. Elle était servie par une domestique qui venait ches Ae tous les matins. Le 29 octobre 18**, cette vieille femme fut trouvée morte dans on lit en désordre, couverte par les oreillers et les draps. Dans la chambre on rouva les preuves indubitables d'un vol avec effraction. Les armoires et secrétaires laient ouverts et vides, les papiers étaient péle-méle dans la chambre, et le iadavre se trouvait dans une chambre obscure ; nous le vtmes immédiatement après [ue révénement fut connu, c'est-à-dire, comme l'indique l'instruction, à peu rèa trente heures après la mort.
La putréfoction était déjà si avancée (la température était élevée) que toute la été était d'un vert noirâtre ; les yeux, dont la conjonctive était roug^e, proémioaient, i la langue tuméfiée sortait de 6 à 8 millimètres entre les dents. Au cou ainsi 18*1 la poitrine, Tépiderme manquait à plusieurs endroits par suite de la putréfacioo. À la partie gauche du cou, on voyait des ëgratignures fraiche^^^MpTèB des- [acUes se trouvaient deux à trois taches ; on les reconnaissait par la couleur plus meèe qu'elles avaient revêtue au milieu de la putréfaction; elles indiquaient [u'Il y avait eu pression des doigts. Nous n'avons pas trouvé un sillon strangulanra ; les deux mains étaient liées derrière le dos avec une serviette ordinaire. Les imbea étaient également liées. Cette position du cadavre indiquait qu'il y avait eu roiiablement plusieurs coupables.
L'ouverture du cadavre eut Heu le lendemain. La putrédsietion était très grande, Bs traits de la figure étaient devenus méconnaissables, et les deux mamelles étaient >o«fléea comme deux vessies. La langue, très tuméfiée, sortait de la bouche le 8 eentimèlres et était ^TXkn vert noirâtre. Dans la couleur rouge brun du cou, m pouvait distinguer à gauche, près de la clavicule, à 2 centimètres de facronion, deux taches ovales noires, dont l'une avait 1 centimètre, Tautre 1 centi- Bètre et demi de diamètre ; elles étaient dures à couper et ofliraient une dure seehymoae. Aux deux articulations des mains il n'y avait pas de trace de lésion ;
lis aar la fiice palmaire de Varticutation de la main gauche, il y avait une place
irréguliôremenl ronde de 2 cenlimètres de longueur, qui était ecchymosée et àe couleur bleue. Le bord de$ lèyres était noir bleu, mais pas ecchymose. Aucun corps étranger dans les cavités extérieures. Les sinus et les veines de U cavité ennienne et du cerveau vides de sang ; nulle part une extravasation ou autre ai»malie. Le larynx et la trachée complètement intacts, la mu<iaeiise brun roafe foncé ; les poumons, encore chauds, étaient sains et ne coAtMaieot que peu de sang ; les veines du cou étaient complètement vides, ainsi qae les grandes veinei du thorax. La bouche et l'arriére-bouche normales. Toute la eavité abdomtnak présentait une chaleur extraordinaire et était putréfiée. Le foie bypérémique était couvert de bulles de putréfaction. La rate et les reins en booîUîe, les autres organes de l'abdomen vides de sang, excepté la veine cave qui conteoait encore beaucoup de sang foncé et liquide.
Ainsi, ici, comme cela arrive si souvent, il y avait eu mort par asphyxie, et l'on n'avait pas trouvé les symptômes ordinaires à cause des progrès de laputréftction; néanmoins toutes les circonstances démontraient qu'il y avait bien eu asphyxie. Le sang était en grande partie évaporé, aussi on avait trouvé les poumons, le coeur et le cerveau vides, la môme cause avait empêché de voir tous les symptômes du larynx et de la trachée ; l'écume sanguinolente, qui caractérise si souvent la mort par suffocation, s'était évaporée, et la couleur chocolat de la muqueuse iraehéale ne permettait plus de voir des injections.
Néanmoins nous admîmes qu'il y avait eu mort par asphyxie pulmonaire ; car cette femme que son fils avait quittée la veille, le 27 octobre, bien portante, ne présentait aucune trace d'un autre genre de mort. Puis, malgré la putréfoction avancée, on trouva encore quelques phénomènes importants : la langue tuméfiée, les poumons encore chauds, la haute température de la cavité abdominale, l'hypérémie du foie, le sang foncé et liquide remplissant la veine cave.
De pinson a trouvé des circonstances prouvant que cette asphyxie avait été produite par des mains criminelles : les mains serrées du cadavre derrière le dos, les jambes liées au-dessus des jupons, la tète pressée dans les oreillers, surtout les taches au cou qui, malgré la putréfaction, étaient encore dures à couper. Tout cela annonçait une pression exercée par un tiers probablement au moyen des doigts. Nous ne pouvions pas dire, d'après les seuls résultats de l'autopsie, si l'asphyxie avait eu lieu par suite de cette pression des doigts ou par suite de l'enfouissement dans les oreiUers.
Obs. 288. — Suicide doiUeux par blessure du péricarde. Pendaisom,
Une fille de trente-quatre ans, connue comme mélancolique et malheureuse, fut trouvée pendue à la fenêtre dans sa chambre. Quoique les circonstances rendissent un suicide probable, il était assez extraordinaire de voir sur la poitrine du cadavre deux plaies, sur la table une cuvette remplie d'eau sanguinolente, et à côté une éponge pleine de sang. Pour mettre fin à tous les doutes, l'autopsie fut ordonnée.
Les plaies du côté gauche de la poitrine avaient pénétré entre la septième et h huitième côte ; dans le péricarde on trouva deux blessures de même grandeur, longues de 2 centimètre^, à bords nets, non ecchymoses. 11 n'y avait pas un épanchement abondant dans le péricarde. A la pointe du cœur il y avait une
PENDAISON , STRANGULATION. — Y A-T-IL FAUTE d'UN TIERS? 393
solution de continuité de la couche mince de graisse qui Tentourait, à bords sets, longue de i centimètre. Combien il avait peu manqué à cette blessure pour être instantanément mortelle ! La mort avait eu lieu par pendaison, le sillon Jame brun sale, parcheminé, non ecchymose, entourait le cou et était interrompu dani l'étendue de 5 centimètres. Du côté gauche il n'avait que 4 millimètres de tergenr et de profondeur ; à la surface antérieure du cou, il ayait un centimètre^ à (joelqoes endroits même 1 centimètre et demi de largeur, mais était partout plat. Ce ftOlon, comparé à l'instrument, était très curieux. Le lien était un châle de laiiie, par conséquent mou et large, il avait des bords travaillés au crochet qui étaient assez durs. La langue était derrière les dents, la putréfaction commençait, lee parties génitales étaient vierges, la main droite tachée de sang séché, le cœur était exsangue, les poumons sains et exsangues, le sang pas très liquide, la trachée vide et pâle ; ainsi il n'y avait certainement pas eu asphyxie *, le cerveau, ses mefnbranes, et ses sinus exsangues ; l'abdomen normal.
Ici la strangulation avait donc produit une neuroparalysie à laquelle la blessure du thorax pouvait avoir contribué, nfillait naturellement admettre que le cb&le et le couteau présenté avaient pu produire les lésions. Nous n'hésitâmes pas i admettre ■n suicide. Outre la porte fermée en dedans, ce qui est une circonstance en dehors de notre domaine, nous avions comme preuve la main droite tachée de sang, la direction des plaies de haut en bas et l'absence de trace de résistance. On ne pouvait pas admettre qu'il y eût eu pendaison après la mort, puisque la plaie du pérkardo ne pouvait avoir amené la morU Sur demande spéciale du juge d*instmetion, nous ajoutâmes que la décédée, s'étant blessée à la poitrine, était encore en état de se laver et de se pendre. Le cas donnait une nouvelle preuve de la lénaàlé des résolnUons de certains suicidés.
Je fais suivre ici trois cas dans lesquels on a trouvé des cadavres pendus, les deux jambes posant sur le sol, ce qui avait fait douter du suicide.
Om. S89. — Suicide douteux parpendaiion. Cadavre trouvé sur ses deux pieds.
L'ouvrier B... vivait en très mauvaise intelligence avec sa femme, âgée de quarante-trois ans. Celle-ci se pendit à la fenêtre à la suite d'une scène violente. Elle avait ses deux pieds reposant â plat sur le sol, et le lien était un mouchoir noué par un nœud ordinaire, la tète penchait de cété. La tète et la figure du cadavre étaient pâles, les yeux non proéminents, Ui langue serrée entre les dents ; rien d'extraordinaire aux mains ni à aucune autre partie du corps. Le sillon était situé en avant entre l'os hyoïde et le larynx ; la partie postérieure du cou était intacte et n'aiait pas été touchée par le lien ; le sillon était large de 1 centimètre, superfid'un brun sale, dur, non ecchymose, les poumons gorgés de sang liquide, que les grandes veines, le cœur droit et les coronaires assez remplis, la cavité eriUiieone ne montrait aucune hypérémie. Dans l'abdomen, le foie et surtout les éUieothypérémiques, tout le reste était insignifiant. Nous condûoies :
394 PAUTIE THAIVATOLOGtQUE.
1 ® La décédéc est morte d'apoplexie pulmonaire ;
2** La mort a été produite par la pendaison ;
3** Par l'autopsie seule on ne peut décider s'il y a eu suicide ou assassinat ; rie& ne rend le suicide impossible.
Nous ne pouvions préciser plus, car ce cas était très singulier, nous ne pouvîoos admettre une grande pression sur le cou, mais il n'était pas impossible que le ataii eût poussé sa femme pendant la rixe jusqu'à la fenêtre et l'eût pendue.
Obs. 290. — Suicide par pendaison» Position du cadavre sur les deux
Un homme du monde qui avait pendant plusieurs années mené une vie dissipée, fut arrêté tout à coup à cause de parjure dans une affaire très importante. L'instnu* tion dirigée contre lui prenait une tournure très grave, lorsqu'on le trouva «a matin pendu dans sa cellule ; son voisin de prison l'avait entendu se lever la nuit, n'y avait pas pris garde et s'était rendormi. Le décédé s'était pendu entre lei deux ailes d'un paravent qui formaient un angle aigu, il avait fait une espèce ds potence avec un balai, il avait lié son fichu de nuit au manche de ce balai et s'était pendu. On le trouva débout, les deux pieds à plat sur le sol; c'était un homme vigoureux d'une quarantaine d'années. Ni érection, ni sperme ; figure pâle et allaissée; yeux fermés, profonds, non ecchymoses ; langue denière les dents; le sillon n'était visible que sur le côté droit du cou el momifié, à gauche il y avait sea- Icment quelques traces ; la nuque était libre ; la tète pendait tout à fait sur la poitrine ; nous l'avons seulement examiné extérieurement, car on ne demanda pas une autopsie légale.
Obs. 291. — Suicide douleux par pendaison» Posmon sur les d$um pieds.
Un restaurateur de quarante ans fut trouvé pendu au mois de mars , reposant sur les deux pieds ; je ne sais quelles circonstances firent soupçonner la faute d'un tiers, cependant on demanda l'autopsie légale.
Au milieu du larynx il y avait un sillon large de C millimètres, profond de 2 millimètres, d'un brun sale, parcheminé, non ecchynosé, sans interruption; k 2 centimètres au-dessous, il y avait un sillon faiblement bleu, tout à. fait mou, non ecchymose, large de 4 millimètres, profond de 1 millimètre à peu près. 11 était situé sur le côté droit ; à l'intérieur il y avait hypérémie des poumons et du eerreav ; l'artère pulmonaire était bypérémique, mais pas le csaur ; la veine eave était remplie.
Nous conclûmes :
V La mort a eu lieu par hypérémie des poumons et du cerveau ;
2° Cette hypérémie a été produite par pendaison ;
3° Cette pendaison a été causée par l'instrument qui a reposé dans le sillon supérieur ;
4^ On ne peut pas déterminer si le sillon inférieur a été produit par le mène instrument par suite d'une tentative de suicide avant la mort ;
5° L'autopsie n'a pas donn^ de résultat faisant admettre une pendaison produite par une main étrangère.
SUBMBBSIOII^ — GÉNÉRALITÉS . 805