SUBMERSION
$1.— Oénéraliléf.
La mort par submersion a lieu lorsqu'un homme, ayant la tète JMigée dans l'eau ou dans un liquide quelconque, il y a imposai-* ilité pour Tair atmosphérique d'entrer dans les voies respiratoires.
D n'est pas nécessaire que tout le corpft et même toute la tète soit longée dans le liquide.
On a iru des exemples de gens dont la tète seule ou même la figura tant plongée dans l'eau, ne voulant ou ne pouvant pas en sortir, NU morts par submersion*
C'eal ainsi qu'on trouve des noyés dans des mares superficielles, e contenant pas beaucoup d'eau, ces noyés sont ordinairement ou es nouveau-nés, ou des ivrognes, ou des épileptiques ; quelquefois n trouve des nouveau*nés noyés dans des vases ne contenant que en d'urine ou de l'eau d'amnios.
D n'est pas nécessaire que le milieu où est plongé le visage soit fitnK, car la mort par submersion a lieu également dans des sables, ans de la vase, dans des fosses d'aisances, etc. Dans tous ces cas,
f a un empoisonnement négatif du sang, parce que la quantité 'air atmosphérique nécessaire à la nutrition e«t dérobée au sang et «•.celui-ci devient incapable d'exciter et d'entretenir la vie du sys« hne nerveux. Il s'ensuit qu'au point de vue physiologique, la lort par submersion est tout à fait identique avec la mort par stranguitîon. C'est pourquoi les résultats de l'autopsie, dans la mort par ubmersion, ne. diffèrent nullement de ceux des deux chapitres pré- Uanla. Ainsi tes noyéS) comme les strangulés, peuvent mourir de jontre manières (voyex page 3A6) : par hypérémie cérébrale, par ijpiréiiiie pulmonaire, par ces deux hypérémies réunies, enfin par Mnroparalyaie.
Les auteurs modernes, trop sceptiques, ont posé la thèse suivante :
396 PARTIE THANATOUMflQDE.
Un homme peut entrer diiDs l'eau encore vivant, y mourir sans a^oir été noyé, si, en tombant sur des poteaux, des rochers, etc., ilsetaii une blessure de tâte mortelle ! Il est certain que si un hom«ne, ea tombant dans Tcau, se fait une blessure de tète et en meurt tout de suite avant d'être noyé, il n*y a pas eu mort par submersion, ce n*esl qu'un cadavre qui est tombé dans l'eau ; mais si les blessures ne l'ont pas tué, s'il est entré encore vivant dans l'eau, il est rédlement mort par submersion et doit être considéré comme tel. Certains cas particuliers peuvent quelquefois présenter des difScaltés sous ce rapport, ils devront être résolus d'après les circonstances.
Des quatre genres de mort par submersion, Ykypérimie du cerveau est la plus rare. On a prétendu qu'elle ne se présentait jamais, je ne suis pas du tout de cet avis, pas plus que de celui des auteurs qui ont prétendu que c'était là toujours le genre de mort des noyés. Si l'on se donne la peine, comme je Tai fait, de comparer les symptômes de plusieurs centaines de morts par submersion, on vem que l'apoplexie cérébrale se présente quelquefois.
Très souvent, le phénomène de l'hypostase cadavérique est confondu avec l'hypérémie du cerveau ; d'un autre côté , beaucoup de médecins, ne trouvant à l'autopsie que des phénomènes négatifs, s'accrochent à une certaine réplétion des vaisseaux cérébraux, afin d'avoir une base positive pour leur rapport, et ils déclarent de bonne foi qu'il y a hypérémie là où il n'y a aucune anomalie. Ce qui a surtout une grande influence dans cette question, c'est l'estimation individuelle des experts, je pourrais dire les yeux individuels, car rien n'est plus relatif que le degré de réplétion de^ veines du cerveau et des sinus, rien n'est plus indécis que les expressions c très rempli >, c assez rempli >, etc. Et il n'y a pas de moyen d'obvier à cet inconvénient.
Les expériences que j'ai faites en pesant le cerveau et le cervelet sont restées sans résultat, comme on pouvait le prévoir, car, nonseulement, il y a des variations individuelles, corporelles et mentales, mais encore la quantité de sang qui constitue une hypérémie mortelle est très peu considérable.