‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 113 sur 166 · SUBMERSION. —SYMPTÔMES EXTERNES · texte numérisé non relu

SUBMERSION. —SYMPTÔMES EXTERNES

mesures thermoroélriqucs, il restera beaucoup trop vague poor qu'on puisse lui attribuer quelque valeur.

2'' Pâleur du cadavre. Je n*ai jamais, quanta moi, observé une pâleur particulière chez les noyés, il est bien difficile de comparer la plus ou moins grande pâleur de plusieurs cadavres, et quand il n'y a qu'un seul cadavre, il est presque impossible de juger la pâleur.

S*" Êiat de la figure. La ûgure d'un noyé qui n'est pas resté longtemps dans l'eau est pûle, la plupart du temps non tuméfiée, les yeux fermés, et si Tasphyxie a produit la mort, on voit souvent de l'écume devant la bouche.

Mais si le cadavre a séjourné quelque temps dans l'eau, c'est* à-dire en été, deux à trois jours, en hiver huit à dix jours, la figure n'est plus pâle, mais d'un rouge bleu, c'est le commencement delà putréfaction qui, pour les noyés, a une marche tout â fait particulière.

A** La proéminence et l'étranglement de la langue sont des signes tout à fait inconstants, on trouve celte dernière aussi souvent éerrière les maxillaires, qu'entre ceux-ci.

S' Chair de poule. Cosigne est toujours digne d'attention, on doit toujours rechercher avec soin s'il existe, surtout â la surface antérieure des membres qui est sa place de prédilection. On le trouvera presque toujours sur les noyés, même en été, lorsqu'on observera le cadavre avant que la putréfaction n'ait défiguré la surface, surtout avant que l'épiderme n'ait été détaché.

Cependantt prise isolément, la chair de poule ne peut pas prouver qu'il y a eu mort par asphysie, car j'ai déjà dit plus haut que la peau des gens de la basse classe qui est dure, tendue, non soignée, a même pendent la vie un aspect granulé, qui est absolument analogue A la chair de poule. De plus, mes observations nombreuses m'ont montré qu'après toute espèce de mort violente, on voit très souvent la chair de poule. C'est probablement la frayeur subite de la mort par accident ou par suicide, qui est cause de c^ phénomène que l'on re • garde comme l'effet d'un saisissement du système nerveux ; ce aai-

AOO PARTIE THANATOLOGIQUB.

sissement est bien plutôt la cause de la chair de poule dans le cas de submeraion, que Timpression causée par la température deTean, car je l'ai observée aussi bien dans les plus grandes chalears de l'été, que pendant l'hiver.

Q^ Etat des mains et des pieds. Quand an homme a séjoumé dans l'eau de douze ft vingt-quatre heures, que ce soit en hiver oa en été, les mains et les pieds revêtent une couleur livide d'un gris bleu. Après deux ft trois jours, celte coloration devient plus Interne et diffère beaucoup, du reste, de la couleur du cadavre ; Je plus la peau des mains et des pieds se ride en plis longitudinaux, ces membres prennent l'aspect de ceux des cholériques. Les autres changements seront mentionnés plus bas, quand nous parlerons de la putréfaction des noyés.

Ce phénopène n'a pas une grande valeur diagnostique, car ce n'est qn'un phénomène cadavérique ; il ne se manifeste qu'après douxe à vingt quatre heures de séjour dans l'eau, époque à laquelle le noyé est un cadavre depuis bien longtemps. Jamais on ne trouvera les mains colorées et pliasées chez un noyé tiré de l'eau après deux, quatre, six, huit heures. D'un autre côté, nous avons produit le phénomène artificiellement, en mettant les pieds et les mains d'un cadavre dans l'eau, ou même en les enveloppant pendant quelques jours dans du linge mouillé. Ainsi, ce signe ne prouve ni plus ni moins que le séjour in' cadavre dans l'eau; cependant, même réduit à cette signification, il peut encore offrir des renseignements utiles, car il peut arriver, je pourrais en citer un cas, que des voleurs tirent de l'eau le cadavre d'un noyé, le dépouillent et l'abandonnent, et alors par ce signe des mains et des pieds, on peut déclarer que le cadavre a s^oumé longtemps dans l'eau.

7^ Du sahUy de la vase dans les ongles. On ne trouve pas ce signe chez la plupart des noyés, il se rencontre seulement chez ceux qui gagnent le fond de l'eau étant encore vivant et cherchent à s'accrocher aux bateaux, ou aux herbes du rivage, et font de longues tentatives pour se sauver. Il est important à noter, car il n'est pas probable que des assassins, qui jettent un cadavre dans l'eau, s'arou*

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