MORT PENDANT LA NAISSANCE. — ÉTRANGLEMENT DU CORDON
le niiftdant une commode qu'elle ferma. Deux heures après, deux autres femmes qui Iravaillaieni dans la même chambre, entendirent, à leur (grande surprise, des cris d'enflints sortir du meuble en question, elles l'ouvrirent et en retirèrent le pelU être tain e( sauf. Il fut rois chez une parente où il mourut le soir même à sept heures sans avoir manifesté des symptômes de maladie.
Nous en fîmes l'autopsie. L'enfant était venu à terme (longueur, 52 centimètres, poids, iOOO grammes). L'abdomen n'offrait rien de remarquable si ce n'est que dans l'estomac on trouva deux cuillerées d*un liquide muqueux, bleuâtre et un peu aaafvinolent qui paraissait ressembler à du sirop ; la vessie était vide, le gros iotetlin coutenait peu de méconium . La mort avait été produite par une hypérémie des poumons très prononcée, les poumons étaient rouges, marbrés de rose, ils crépitaient sous la pression et contenaient de l'écume sanguinolente, leur poids était de ISOO grammes, ils surnageaient complètement; le larynx et la trachée étaieat vides et normaux, ainsi que le cœur; la tète présentait des pliénomènes intéressants ; sur l'os pariétal gauche se trouvaient trois épanchements sanguins gélatiniformes ayant 3 centimètres de longueur, 4 millimètres de largeur, et 1 millimètre d'épaitsenr. Après avoir enlevé ces trois dépôts sanguins, nous vîmes l'os percé de trais ouvertures de la dimension d'un petit pois, avec des bords dentelés et non ecchymoses, et transparents ; de l'ouverture inférieure s'étendait une ûssure droite, Ibe et non ecchymosée vers l'os pariétal droit ; les deux autres ouvertures étaient réunies par une autre Assure; l'os pariétal droit présentait la même disposition, seulement il n'y avait que deux ouvertures. La cavité crânienne et le cerveau n'étaient pas hypérémiques ; le noyau d'ossiflcation de l'extrémité inférieure du fémur avait 7 millimètres. ,
Nous déclarâmes que l'enfant était né à terme . avait vécu et était mort d'hypérémie pulmonaire, mais que la cause n'était pas due à une violence extérieure, que le s^onr dans la commode et les lésions de tète n'étaient pour rien dans celte fln funeste (I).
S** Compression ou étranglement du cordon. Sillon strangU'laioire au cou. — Tout accoucheur sait que la compressioB da cordon cause bien plus souvent la mort que rentortillement de ce dernier organe autour du cou. HohI (2) a vu, sur 200 naissances, renlorlillement du cordon se présenter 181 fois, 163 fois les enfants naquirent vivants et 18 fois seulement ils moururent pendant l'accouchement; parmi ces 18 cas de mort, il n'yeneutque 7 dans lesquels la mort ne fut pas le résultat de l'entortillement; dans les 11 autres on ne put prouver que cet accident avait été la cause de la mort. Mayer rapporte avoir vu, à la clinique de Nsgelé, 685étran-
(1) Voir obs. 3S9.
(2) Lût, cil., p. 45t».
558 BfO-TRANATOLOGir. DES IfOtJTKATJ-NÉS.
gtements, et que sur ce nombre, 18 enfants seulement périrent victimes de celte disposition. D'un autre côté sur 7A3 chutes da eordon &08 enfants naquirent privés de vie (Scanzoni) (1); ainsi près de 55 pour 100.
La cause physiologique de la mort dans les cas de compression do cordon par suite d'une chute de Torgane, a été exposée eo détail (p. i95). Nous avons vu que le corden étant obatmé, il y avait an*êt de la circulation ; alors l'enfant privé de son aliment nécessaire, foisait quelques efforts de respiration et mourait asphyxié. Il ee est de même lorsque le placenta se détache trop vite ou loraqiie la mère meurt avant la fin de sa délivrance ; c'est ce que prouvent les remarquables travaux de H. le professeur Ilecker sur ce sujet.
Pour le médecin légiste, ce qui précède est très iroportanty car maintenant il est avéré que la mort par asphyxie avec tous ses symptômes, tels que les ecchymoses pétéchiales sous-pleurales, peut atteindre spontanément un enfant pendant Taccouchement ; par tonséqoent, ces phénomènes seuls ne doivent pas faire émettre de la part de l'expert nn soupçon de crime.
Il est également avéré, par suite d'observations nombreuses, que lorsque la mort est produite par l'entortillement du cordon autour du cou, il y a ordinairement asphyxie par suite de l'interruption de la circulation. Cependant nous devons ajouter qu'tZ est possible que cet entortillement produise des accidents cérébraux tels que l'hypérémie, l'hémorrhagie. Nous rapportons deux cas (obs. 327 et 399) dans lesquels, en effet, nous avons trouvé une hémorrhagie cérébrale causée par l'entortillement du cordon ; les nombreux auteurs qui nient la possibilité de cet accident ont donc tort. Scanzoni a trouvé aussi quatre fois une hémorrhagie cérébrale sur douze cas de compression du cordon ; cet auteur suppose dans ce cas deux circon- •tances, chute et entortillement du cordon ; le résultat dépend de la plus ou moins grande compression qui fait que tous les vaisseaux ou bieii certains vaisseaux, à l'exclusion des autres, sont obstrués; dans
(l) Lehrbuch d. Geburtshiilfe, 3« édil. Wien, 1855, p. 682.