MORT APRÈS LA NAISSANCK. — HÉMORRHAGIC DU CORDON
partîcolière de Fenfant après sa naissance a pu s*établir. La vérité est que ce genre de mort est possible, mais qu'il est très rare même au milieu des conditions qui semblent lui être le plus favora* blés. Dans ma longue carrière de médecin légiste je n'en ai pas vu un seul cas, quoique j'aie observé six fois le cordon arraché à son inser^ tion à l'anneau ombilical, et l'on rencontre journellement des cas dans lesquels le cordon n'a pas été lié et n'a qu'une longueur de 3, & ou 5 centimètres. Le point important de la question en médecine légale, c'est de répondre au tribunal si l'enfant est mort oui ou non de cette hémorrbagie.
Diagnostic. — Ce genre de mort n'offre pas chez les nouveaunés d'autres symptômes diagnostiques que ceux qui se présentent pour les adultes qui ont succombé a une hémorrbagie quelconque. Nous avons exposé ces symptômes plus haut. L'anémie est, comme toujours, le résulat le plus commun ; chez les nouveau-nés comme chez les adultes, les veines du cerveau ne participert pas à cette anémie, et l'on trouve également les hypostases cadavériques. Mais ici se présente une difficulté qui se rencontre moins généralement chez les adultes. Les enfants nouveau-nés auxquels on a donné la mort sont jetés n'importe où et ne sont trouvés que par hasard souvent longtemps après leur mort; il faut alors tenir grand compte de TinOuence de la putréfaction sur la production de l'anémie. Lorsque la putréfaction est très avancée , le médecin légiste ne doit pas se prononcer.
L'erreur des anciens auteurs consistant à croire que l'héroorrhagie ombilicale produisait en même temps Vasphyxie et Yanémie n'a pas même besoin d'être réfutée.
Lorsqu'on a constaté que la mort d'un enfant a eu lieu par suite de l'anémie, il s'agit naturellement de rechercher si cette anémie a été produite par l'hémorrbagie du cordon ombilical. S'il n'y a pas de blessure à l'extérieur, l'hémorrhagie du cordon devient plus probable, mais il faut encore s'assurer s'il n'y a pas eu d'épancheroent de sang interne provenant, soit d'une violence extérieure, soit d'une cause pathologique. J'ai vu pour mon compte dans deux cas la
mort produite par un épaçchement de sang s'écoulant par Taniis.
Cette vérification étant faite, il faut examiner l'état da cordoo; disons tout de suite que la présence on Tabsence de sang répandu sar le corps de l'enfant ou sur ses enveloppes ne prouve rien, car, d'oi côté, c^^sang peut provenir de l'accouchement ou même d'une hémorrhagie du cordon qui n'a pas été mortelle; d'un autre côté, le corps d'un enfant qui a succombé à une hémorrhagie du cordon peut avoir été lavé et essuvé. Les symptômes principaux sont les suivants :
l"* Pour qu'il y ait hémorrhagie ombilicale mortelle, il faut que U blessure soit faite au cordon et non au placenta. Hende (1) pense le contraire, parce que, dit-il, la longueur du cordon n'empêche pas le passage du sang, et que le sang pénètre également avec facilité dans le placenta, comme Tont prouvé les expériences d'injection. Cette théorie n'a qu*un malheur, c'est d'être contraire à ce que l'expérience nous montre chaque jour, elle doit donc être rejetée.
2"* La présence ou l'absence de ligature ne signifie rien (toujours en supposant que la mort a eu lieu par hémorrhagie) ; car, d'un côté, la ligature peut avoir été faite et les liens enlevés, soit en déshabillant, soit en transportant le cadavre, soit par suite du mouvement continuel auquel il est soumis quand il séjourne dans l'eau ; d'un autre côté, il est possible, quoique cela doive certainement arriver très rarement, que, par une raison quelconque, une li|;ature ail été pratiquée après la mort de l'enfant.
3"" L'hémorrliagie des artères du cordon est d'autant plus facilement mortelle que le cordon a élé séparé sans être lié, peu de temps après la naissance. Or, nous avons vu que la docimasiô pulmonaire permettait souvent de préciser qu'un enfant avait peu respiré. Nous devons cependant dire qu'une observation de M. Hohl prouve que, même après une respiration qui a duré plusieurs heures, l'hémorrhagie ombilicale mortelle est possible. H. Hohl vit lui-même une sagefemme lier convenablement et fortement vers midi le cordon ombili-
(1) llandb, ci. gcr. Med., III, p. 279.