MORT APRÈS LA NAISSANCE. — HÉMORRHAGIE DU CORDON
cal d'un enfant bien portant; le soir, la sage-femme revint et trouva tout en ordre, et le matin Tenfant fut trouvé mort d'une liémorrhagie ombilicale, il y avait anémie générale ; tous les organes étaient dans an état complet d'intégrité.
A** Il faut, en général, que le cordon ait été séparé trè%près de Tanneau ombilical. Plus le cordon est court, plus Thémorrliagie est facile. La longueur de cet organe produit en général une rétraction des artères qui forme un obstacle à Thémorrhagié. Cependant j*ai observé quatre cas (obs. 371 , 375, 386 et 387) de séparation du cordon à l'insertion même de l'organe, sans qu'il en soit résulté d*hémorrhagie mortelle. Dans deux autres cas, les enfants étaient mort-nés.
S"" La manière dont le cordon a été séparé n'est pas sans influence sur la possibilité de Théraorrhagie. Lorsque le cordon a été coupé avec un instrument tranchant, Thémorrhagie a plus de chance de se produire que quand il a été déchiré, par 1â raison que, dans le pre* noier cas, les artères restent béantes, tandis que, dans le second, les artères sont plus ou moins soumises à une compression.
Le cordon peut-il être déchiré spontanément pendant la nais^ sance? M. Négrier d'Angers (plus tard M. Speth), a fait des expériences à cet égard, il a voulu mesurer la résistance du cordon en suspendant ù une des extrémités de cet organe des poids de plusieurs sortes (1). Ces expériences sont sans valeur, par la raison que l'extension a été graduellement augmentée, tandis que, lorsqu'il y a rupture pendant la naissance, l'extension est subite, puis on n'a pas tenu compte de l'augmentation de poids qu'acquiert le corps de l'enfant par la chute ; enfin on a expérimenté sur des organes privés de vitalité, et nous avons déjà démontré que la résistance des organes privés de vitalité était tout autre que celle des organes fifants. J'ai fait moi- môme des expériences sur des cordon? frais; j*ai vu que, lorsque l'on essaye de casser un cordon ombilical en en saisissant les deux extrémités avec les deux mains, celles-ci glissent
(I) AnnalfS d'hygièncy XXV, p. 126.
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sur la surface graisseuse et lisse de l*organe; il faut faire plusieurs tours de cordon dans chaque main ou envelopper les deux extrémités a^c un linge sec pour pouvoir tirer convenablement ; ces conditions étant remplies, je puis assurer qu*il est très difficile de casser le cordon en ne tirant qu'une seule fois, ce n*est qu'après de nombreuses tractions se succédant rapidement que Ton peut y arriver. 11 est évident qu'il faut une force bien moins grande pour casser le cordon pendant la vie de Tenfant^ car la résistance des tissus est différente avant et après la mort; c*est le même résultat que celui que nous avons trouvé pour la résistance des os.
Nous avons vu plus haut que Thémorrhagie est plus facile quand le cordon a été coupé. Peut-on reconnaître sur le cadavre si cet organe a été coupé et déchiré? On le peut dans la plupart des cas. Lorsque le cordon a été coupé, les bords sont lisses, nets ; lorsque le cordon a été déchiré, ils sont inégaux, dentelés ; mais, lorsque le cordon a été coupé avec un instrument ne coupant pas bien, qu'il a été moitié scié, moitié déchiré, il est très difficile de déterminer comment la séparation a eu lieu, et je comprends très bien que^ dans certains cas, les médecins légistes refusent de se prononcer. Quand le cordon est momifié, il suffit de le tremper et de le ramollir dans Teau pour pouvoir en examiner les bords.
Je fais suivre ici un cas dans lequel il était de la plushaule importance de déterminer si le cordon avait été coupé ou déchiré ; ce cas plus intéressant encore par son côté pénal que par son côté médicolégal, se passait du temps de l'ancien code, lorsque l'infanticide était considéré comme aussi grave que le meurtre et était puni de la peine de mort.
Obs. 385. — Blessure de la carotide et de la moelle épinière d*un nouveau^né^ déterminer de quelle manière a eu lieu la séparation du cordon.
Une fille qui en était à sa seconde grossesse, accoucha clandeslinement pendaat la nuit dans une cave, et tua son enfant en lui faisant d*abord plusieurs blessurfs au cou avec un couteau de table, puis en le frappant avec une bêche, au moyen de laqueUe elle l'enterra dans le sable.
Cet enfant fut trouvé, et nous fûmes chargé d*en faire l'autopsie. La carotide droite était ouverte, la colonne vertébrale avait été atteinte entre la cinquième et
MOIiT APnÉS LA .XAISSANCK. — IIKIIOIlAHAGIl!: l^U CORDON. 577
Il sixième vertèbre cervicale, la moelle épiiiière avait été coupée complètement ■ et endroit. Le jugement mcdico-lé{ral était, comme on le voit, très facile, mais il urgit une circonstance qui montre combien il faut toujours agir avec précaution lans toutes les autopsies, quelque faciles qu'elles paraissent.
L'accusée déclara qu'ayant donné naissance à l'enfant et ayant encore le platenta dans l'utérus, par conséquent l'enfant se trouvant encore réuni à elle par le tordon, elle le prit et alla dans la cuisine chercher un couteau pour couper le cor- Ion, et que seulement alors, ayant le couteau en main, troublée parla frayeur et >ar les soufTranees, l'idée lui est venue de tuer son enfant, ce qu'elle ne tarda pas i exécuter. Au point de vue pénal, elle aurait commis seulement un meurtre. Mais orsque j'avais fait l'autopsie, quoique ne connaissant pas encore les dépositions de 'accusée, j'avais noté dans le procès-verbal que les bords du cordon étaient inégaux st dentelés, de sorte qn'il n'y avait pas eu coupure, mais déchirure. L'instrument lont l'accusée prétendit s'être servi était très tranchant. Le récit de la iemme fitait donc faux, elle était allée chercher le couteau après avoir déchiré le cordon et dans l'intention réelle de le tuer. L'accusée fut déclarée coupable, mais son état mental au moment du fait fut considère comme altéré, et elle fut condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
&* La constitution de Tenfant a également de Tinfluence sur le danger de rhémorrhagie. Les enfants vigoureux, cœteris paribus^ meurent plus facilement de rhémorrhagie que ceux qui sont chétib et malingres et qui, s'évanouissant facilement, peuvent laisser le temps de les sauver si les circonstances le permettent.
7** Pour ce qui concerne Tétat du cordon lui-même, je suis de Tavis de M. HohI, accoucheur expérimenté : les cordons gras sont plutôt ceux qui sont atteints d*hémorrhagie que les cordons maigres. Des nœuds faits au cordon n*empéchentpas absolument la possibilité de rhémorrhagie ombilicale.
Obs. 386. — Cordon séparé près de Vanneau ombiHcal, sans t^émoirhagie
mortelle.
Une ûlle, qui avait caché sa grossesse, accoucha en secret dans la nuit du 5 mai 18... £lle prétendit s'être évanouie pendant l'accouchement et avoir trouvé à son réveil l'enfant mort à côté d'elle ; alors elle le mit dans un seau où on le trouva deux jours plus tard.
L'enfant était venu à terme et avait respiré. Les poumons étaient rougef couleur
chair et laissaient sortir, quand on les incisait, de l'écume sanguinolente. Le cordon
ombilical était séparé tout près de l'anneau, de sorte qu'à première vuo l'ombilic
semblait cicatrisé. Dans l'abdomen, le foie, la rate et la veine cave coatenaient une