‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 19 sur 166 · SIGNES DE LA MORT. — PUTRÉFACTION. — MOMIFICATION · texte numérisé non relu

SIGNES DE LA MORT. — PUTRÉFACTION. — MOMIFICATION

des cercueils, etc. (1). On ne peut douter que des cadavres se momi^ fient facilement dans du sable chaud et desséchait, et il n*est pas incroyable, comme on le raconte, que des caravanes entières ayant été enfouies dans les sables de TÂrabie, aient été retrouvées momifiées longtemps après, car une très haute température, jointe surtout à une grande sécheresse, semble favoriser ce phénomène de la momification ; de même que le courant d'air continuel, elle amène Tévaporation des fluides du cadavre.' On dit que les enfants se momifient plus vite que les adultes, les femmes plus vite que les hommes, les personnes maigres plus vite que les personnes grasses.

Rieke prétend que le phénomène de la momification naturelle a lieu dans les cimetières de Stuttgart; il dit que, quant à Tinfluence du genre de vie qu'a mené le décédé, les fossoyeurs lui ont confirmé le mot de leurs collègues dans la scène admirable de Hamlet : < La putréfaction d'un tanneur dure neuf ans complets. > Cependant nous attendrons des observations plus exactes que celles des fossoyeurs.

La momie une fois formée peut se conserver des milliers d'années ; aussi ne peut-on pas dire, même approximativement, depuis combien de temps est mort un corps momifié; et si on se contente de dire : la mort a eu lieu il y a plusieurs années, la justice ne sera guère éclairée.

Pour ce qui regarde l'autopsie légale, ce qui est surtout important c'est la momification du cordon des nouveau-nés et la momification provenant de l'arsenic. Nous y reviendrons plus bas dans la partie spéciale.

b. Intérieurement.

Les organes internes ne subissent pas la putréfaction au même moment ni au même degré. Leur structure hislologique différente, la quantité différente de sang et des autres fluides qu'ils contiennent, leur position profonde ou superficielle qui changent les conditions

1) D*après ce qu'assure le professeur Demaria, l'éditeur de la traduction italienne de cet ouvrage, la momiflcation des cadavres est assez fréquente dans quelques localilèi du Piémont. M. Demaria en cite plusieurs exemples. ^

3s PAUTIE THANATOLOGIQUE.

(l'imbiliitîon d*après les lois physiques, enfia la possibilité plus pu moins grande du contact de Tair atmosphérique, sont autant de causes de différences importantes. Il y a des organes qui ont besoin de vingt ou trente fois plus de temps que d'autres pour se putréfier complètement; aussi, au moyen de la chronologie de la putréfaction des organes internes, on peut juger Tépoque de la mort avec plus de certitude qu'au moyen des phases de la putréfaction des organes externes. Et je me crois autorisé à donner la description suivante de ce phénomène, d'après mes nombreuses observations sur le cadavre, indépendamment de ce qu'ont dit les auteurs qui se sont occupés de cette question (Bichat, Orfila, Devergie, Gûntz, Hébreard).

l"" L'organe interne attaqué le plus tôt par la putréfaction est la trachée y y compris le larynx.

Chez les cadavres frais ou qui n'ont que quelques taches verdàtres isolées sur les parois de l'abdomen, la muqueuse de la trachée a encore dans toute son étendue, jusque dans les ramifications des bronches, sa couleur blanchâtre qu'elle prend aussitôt après la mort, excepté lorsque la mort est survenue par suite d'une asphyxie ou d'une laryngite. Mais si la décomposition est plus avancée, quoique le cadavre paraisse encore frais et ne présente qu'une couleur verdàtre sur l'abdomen, par conséquent, en été, après trois à cinq jours, et, en hiver, après six à sept jours; tandis que l'on trouve tous les autres organes intacts et dans leur état naturel, déjà la membrane muqueuse de la trachée change de couleur, elle devient d'un rouge cerise ou d'un rouge brun sale, sans qu'on puisse y distinguer, même avec une loupe, des vaisseaux injectés. Je ne puis dire si ce phénomène est produit par irabibilion ou par le contact direct de l'atmosphère.

Que l'on se garde de prendre pour une injection capillaire ou le résultat d'une asphyxie, ce qui n'est qu'un simple phénomène cadavérique primitif. Les différences d'âge , de constitution , de genre de mort, n'ont pas d'influence sur la manifestation de ce phénomène. Plus tard, quand la putréfaction est plus avancée, la muqueuse de la trachée devient d'un vert olive, les cartilages du canal se séparent les uns des autres jusqu'à ce qu'enfin ils disparaissent dans la dissolution générale.

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