SIGNES DE LA MOBT. — PUTRÉFACTION. — ESTOMAC
2"* Le cerceau des nouveau-nés et celui des enfaals n'ayant pas plus d'un an, vient en seconde ligne parmi les organes qui sont putréfiés le plus vite. Il est vraisemblable que la structure de cet organe chez les petits enfants favorise cette décomposition hâtive; ajoutons cette circonstance importante, que Tair atmosphérique peut facileroeut pénétrer dans la cavité crânienne par les fontanelles, qui ne sont encore couvertes que de membranes. On comprend alors pourquoi cet organe, chez les enfants, se putréfie plus vite que chez les adultes, qui ont un cerveau plus dur et abrité du contact de Tair par une voûte osseuse continue.
S'il y a seulement chez ces enfants une légère couleur de putréfaction à l'extérieur, quand même tous les autres organes seraient intacts, le cerveau est déjà décomposé. Il ne remplit plus la cavité crânienne, il est devenu une bouillie plus ou moins fluide, de couleur rose, et s'écoule dès que Ton sépare les os du crâne, sans que l'on puisse distinguer ses différentes parties. Cette circonstance peut être très fâcheuse quand il s'agit de déterminer le genre de mort d'un nouveau-né.
3* Il n'y a pas d'organe, dans les cadavres que l'on trouve> d'une forme plus différente que V estomac. Tantôt petit , tantôt grand ; tantôt boursouflé de gaz, tantôt affaissé; tantôt plus ou moins rempli d'aliments, tantôt vide; jamais deux estomacs ne se ressemblent. ajoutons que l'estomac se pénètre avec la plus grande facilité des matières colorantes, de sorte que sa muqueuse présente les couleurs les plus différentes : jauni par le pigment de la bilO', noirci ou bruni par les médicaments, par les fruits; rougi par le vin, etc. Sans parler des changements que cette muqueuse peut présenter par l'influence de maladies, catarrhes, inflammations, poisons cautérisants, et du phénomène cadavérique le ramollissement gélatiniforme .
n faut savoir tenir compte de ces différents aspects que peut présenter l'estomac pour pouvoir apprécier avec exactitude les changements apportés dans cet orga^ne par suite de la putréfaction.
L'estomac se putréfie très vile. Les premières traces de la décomposition se montrent déjà après quatre à six jours par des taches isolées, d'un rouge sale, pas circonscrites, irrégulières, plus ou moins
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grandes, jusqu*à la dimension de la paume de la main à rextréroité splénique, dans laquelle on aperçoit quelques sillons d*un bleu rouge qui parcourent, en serpentant, l'étendue des taches. Tous ces phénomènes se voient d'abord à la partie postérieure où ils se joignent à Thypostase, puis, bientôt, aux parois antérieures. En môme temps, il se forme , à la petite courbure, des sillons rouges semblables.
Il est important de bien connaître ces altérations, afin d'éviter les erreurs dans les cas d'empoisonnement. Les « stases sanguines, » même les c traces d'inflammation, i» de beaucoup d'auteurs alléguées comme des symptômes d'asphyxie dans la suspension et la submersion, ne sont autre chose que les résultats du phénomène de la pu tréfaction commençant de bonne heure.
Lorsque le phénomène de la putréfaction avance, la couleur rouge sale est remplacée par la couleur noir gris, et le tissu de l'organe se ramollit d'une manière uniforme dans toutes les couches.
Jamais je n*ai vu la membrane muqueuse se décoller (excoriation) du tissu musculaire par le fait de la putréfaction, comme cela a lieu par rînfluence des poisons corrosifs ; ce que Ton ne doit pas confondre avec le seul boursouflement emphysémateux que produit la putréfaction.
A* Les intestins viennent après l'estomac dans la chronologie de la putréfaction, et, tout ce que nous avons dit de l'estomac se rapporte au reste du tube digestif (1). La coloration connue du pigment de la bile, et qui a lieu par endosmose dans les parties voisines de la vésicule du Rel, ne peut pas induire en erreur. Mais la coloration due à l'hypostase sanguine des anses de l'intestin que l'on aperçoit quand on tire en haut les intestins pourrait plus facilement tromper.
(1) Je ne me rappelle pas avoir jamais trouvé des portions d'intestin putréfiées plus tdt que l'estomac. Le cas suivant montrera combien est importante celte chronologie de la putréfaction. Dans un cas d'empoisonnement douteux, par le vin de colchique, les experts avaient admis « inflammation et gangrène de l'estomac, » au lieu de mettre sur 1$ compte de la putréfaction, indubitable du cadavre « la rougeur foncée et la friabilité du tissu de l'estomac, » parce que le reste du tube digestif n'était pas encore putréfié. Cette « gangrène a alléguée fut cause que l'affaire passa devant toutes les instances légales, et il fallut rectifler l'erreur des experts par un supe^arbitre de la députation seientiflque.