SIGNES DE LA MORT. — PUTRÉFACTION. — CERVEAU
La putréraction commençant, les intestins deviennent bruns foncés; ils se crèvent, laissent écouler leur contenu, deviennent pâteux et se changent enûn en une bouillie foncée, sans forme. Orfila dit que chez des cadavres exhumés, qui ne présentaient plus aucune trace d'organe dans la poitrine, il a trouvé quelques restes de tubes intestinaux. Je crois qu*il y a ici une erreur, qui est très facile, dans l'examen des organes d*un cadavre exhumé après longtemps.
ô"" Dans la plupart des cas, la rate se conserve plus longtemps que l'estomac et les intestins, quoique quelquefois elle se putréfie plus tôty ce qui semble dépendre de son état plus ou moins sain. Il est certain qu'elle doit être comptée parmi les organes qui se putréfient vite. Elle devient molle et, plus tard, se change en une véritable pâte, se laisse écraser facilement sous le doigt ; en la ratissant avec le manche du scalpel on en enlève des morceaux. Par suite des progrès de la putréfaction elle revêt une couleur vert bleu.
^ Uépiploon et le mésentère résistent un peu plus longtemps à l'infloence de la putréfaction. Ils peuvent même rester encore quelques semaines après la mort assez bien conservés, lorsque les sujets sont maigres. Mais, lorsqu'ils sont gras, ils se putréfient vite. Alors ib deviennent d'un gris vert et secs.
7** Ordinairement on trouve le foie, encore quelques semaines
après la mort, ferme et dur. Chez les nouveau-nés il se putréfie plus
tôt que chez les adultes. La décomposition commence à la surface
convexe, et paraît sous une couleur vert luisant qui s'étend sur tout
l'organe, puis cette couleur passe et le foie devient noir ; en même
temps, le sang qu'il contient diminue par l'évaporation comme dans
tous les organes qui se putréfient, et le parenchyme devient plus ou
moins pultacé. Le tissu de la vésicule du fiel se conserve longtemps ;
mais, quand elle ne contient pas de concrétions, elle s'affaisse sur
elle-même, par suite de l'évaporation et de la transsudation de la bile.
8* Ce n'est qu'ici qu'arrive, dans Tordre de la putrescence, le
cerveau des adultes. Après la mort il s'affaisse, et, à mesure que sa
putréfaction augmente, cet affaissement devient plus considérable. Les
premièret traces de la décomposition se montrent non à la surface.
42 PARTIE THANATOLOGIQUE.
mais à la base du cerveau , par une couleur vert clair qui se continue de bas eu haut dans tout le cerveau ; elle envahit de la substance corticale à la substance médullaire. Après deux à trois semaines (à une température moyenne), le cerveau se ramollit, mais il reste ordinairement plusieurs mois chez les adultes avant de se changer en cette bouillie rose que présente si vile le cerveau des nouveau-nés.
Le cerveau qui a été blessé et qui, par conséquent, se trouve en contact avec l'air, se putréfie beaucoup plus tôt, comme cela arrive, du reste, pour tous les organes blessés; cette dernière circonstance peut s*opposer à un examen minutieux des plaies de tête pénétrantes.
Les organes nommés jusqu'ici appartiennent à la catégorie de ceux qui se putréfient vite. Dans la catégorie de ceux qui se putréfient lentement, on compte :
9** Le cœur. — Lorsque déjà, quelques semaines après la mort, estomac, intestins, foie, etc., sont avancés dans la putréfaction, on trouve encore cet organe dans sa fraîcheur et présentant très distinctement toutes ses parties. Mais il est plat et affaissé, ordinairement exsangue ou contient du sang huileux. Puis peu à peu, d'abord les colonnes charnues, ensuite les parois se ramollissent. L'organe devient mou, verdâtre, gris et, enfin, noir. La liqueur du péricarde s'évapore quand la putréfaction est un peu plus avancée, et le péricarde est sec. Mais il faut plusieurs mois après la mort pour que le cœur présente ces derniers degrés de putréfaction.
lO*" A peu près en même temps que le cœur, quelquefois plus tôt, les poumons commencent à montrer les indices de la décomposition. Des cadavres qui extérieurement présentent des degrés de putréfaction avancée, une couleur vert foncé, l'épiderme décollé, etc., offrent encore souvent des poumons assez bien conservés, de sorte que l'on peut bien reconnaître leur structure, quoique l'on ne retrouve plus de sang. Ce fait est important pour écarter les objections des purs théoriciens (Henke et tous ceux qui l'ont imité), alléguées contre le degré de confiance que l'on doit attribuer aux épreuves hydrostatiques de la docimasie pulmonaire. Car si les poumons d'un nouveauné, dont le cadavre est encore frais ou même présente quelques traces