SIGNES DE LA MORT. — PUTRÉFACTION. — POUMONS. A
de putréfaction, nagent sur l'eau, il est absurde de prétendre qu'ils nagent grâce aux gaz développés par la putréfaction, puisque les pou« mons, encore une fois, se putréfient très tard.
Néanmoins on ne doit pas, dans certains cas, méconnaître l'inQuence delà putréfaction des poumons. Les premières traces se montrent par l'apparition de petites vésicules, de la grandeur d'un grain de millet à celle d'un haricot, qui soulèvent la plèvre et sont très faciles à constater; on possède ainsi un très bon signe diagnostique de la putréfaction de cet organe. D'abord ces petites vésicules sont isolées çà et là y plus tard elles deviennent plus nombreuses, de sorte que Ton trouve des parties entières du poumon qui en sont couvertes, i;urtout â la partie inférieure.
Au commencement, malgré le développement de ces vésicules, la couleur n'est pas changée ; mais au bout d'un certain temps cette couleur devient plus foncée, vert bouteille et enfin noire. En même temps que cette coloration devient plus foncée, le parenchyme se détruit. Les poumons deviennent mous, s'affaissent à cause de l'évaporation de leur contenu fluide, et enfin ils se décomposent tout à fait.
J'ai observé quelques exceptions à cette règle; comme elles sont, en général, très rares, je vais les citer.
Des. 10, il, 12 et 13. — Putréfaction précoce des poumons»
Obs. 10*. — Un enfant nouveau-né, du sexe féminin, fut trouvé mort dans Teau. La mort avait eu lieu par apoplexie cérébrale. Le corps avait déjà quelques taches vertes aux téf^ments du ventre, mais était encore bien frais et sans odeur de putréfac • tion. Néanmoins nous trouvâmes de petites vésicules d'air à la surflice des poumons. Mais tous les signes de la docimasie pulmonaire étaient si nets et si convaincants, que nous n'hésitâmes pas â déclarer que Tenfant avait respiré et vécu, ce qui fut, plus tard, complètement confirmé.
Obs. 1 1*. — Dans un autre cas, chez un enfiint qui était né à terme et mort d*apoplexie cérébrale, très probablement à cause de l'étranglement du cou par le conion , nous trouvâmes sur les poumons du cadavre encore frais de nombreuses vésicules d'air, surtout à la surface du poumon gauche, l'une de ces vésicules même iUeifnait la grandeur d'un haricot blanc.
Obs. 12*. — H fut réellement surprenant chez un enfant né à terme, dont k cadavre (au mois d'avril, à une température de 9 à 10 degrés) montrait
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seulement quelques lividités sur le dos , mais pas la moindre coloration verte des téguments abdominaux, de trouver des vésicules do putréfaction sur le poumon qui, (lu reste, était encore tout à fait frais. L'une d'elles, à la base du poumon g^auchc, avait la grandeur d'nn petit pois ; six ou neuf autres, à la base du poumon droit, avaient la grandeur d'un grain de millet. L'enfant, du reste, avait vécu et (Hait mort d'apoplexie bientôt après la naissance.
ObS. 13^. — Un 4^ cas se rapporte à un enfant nouveau-né à terme, trouvé mort le 27 avril, dans la rue : (temp. de 8 à 10 degrés) les téguments abdominaux étaient déjà colorés en vert, et les poumons encore tout à fait frais, comme on pouvait s'y attendre, leur couleur était rose claire, marbrée de bleu, ils remplissaient la cavité thoracique, crépitaient à la pression, et à l'incision laissaient échapper une écume sanguinolente. Mais la base des deux poumons était couverte de vésicules de ia. grandeur d'un grain de millet qui, comme toujours, soulevaient la plèvre et figuraient des perles blanches.
Il'' Après les poumons et le cœur, les reins sont saisis par la putréfaction. Ces organes durs et fermes seront toujours trouvés frais dans les cadavres qui ne présenteront que des commencements de putréfaction. Quand ce phénomène se manifeste en eux, ils revêtent d*abord une couleur chocolat, puisse ramollissent; mais on peut encore bien reconnaître leur texture, et ce n*est que très longtemps après la mort qu'on les trouve pâteux, faciles à déchirer et d*une couleur vert noirâtre.
12* La vessie se conserve encore plus longtemps que les reins; qu'elle soit vide ou pleine, elle ne commence à se putréfier que lorsque tous les organes mentionnés jusqu'ici sont déjà décomposés.
1 3"" Vœsophage ne se putréfie pas en même temps que le resle du tube digestif; il résiste très longtemps à la décomposition, et même après plusieurs mois on le trouve encore assez résistant, mais coloré seulement en gris vert sale, alors que l'estomac et les intestins ne peuvent plus être l'objet d'un examen exact.
14" Le pancréas, — Il faut que tout le cadavre soit déjà putréfié pour que cet organe soit envahi par la putréfaction. Il revêt alors une couleur rouge sale, reste longtemps ainsi jusqu'à ce qu'enfin il participe à la destruction générale.
ib*" Le diaphragme se putréfie excessivement tard. Il a bien, dans les premières semaines après la mort, des taches vertes ; mais