CHAPITRE PREMIER
INSPECTION EXTÉRIEURE DES CADAVRES $ 1,— Xnspeotion générale.
L'inspection générale extérieure d'un cadavre soumis à l'autopsie légale est de la plus grande importance ; elle doit être faite avec d'aataul plus de soin que les erreurs sont irréparables.
Le médecin-légiste doit arriver près du cadavre sans idée pré* conçue, il doit examiner froidement et scientifiquement tous les signes qui se présentent, sans prendre en considération les péripéties du crime. J'ai vu des médecins qui, préoccupés de l'idée qu'un crime a été commis, croyaient voir, sur le visage du sujet, des traces de violence, des indices de terreur et d'effroi, parce que le cadavre avait les yeux ouverts, fixes, hagards, la bouche ouverte, contractée, tandis que les yeux et la bouche n'avaient cette expression que parce qu'ils avaient été ouverts après la mort, et le nez était aplati parce que le corps avait reposé sur sa partie antérieure.
Une précaution également très importante et même indispensable, est celle qui consiste à mettre le plus grand ordre en décrivant les régions du cadavre dans le procès-verbal et le rapport de l'autopsie. Il est même bon d'adopter un ordre déterminé, qui soit toujours le même pour toutes les autopsies. Je conseillerai l'ordre suivant que j'ii toujours employé et qui me paraît logique et commode.
1* Le sexe. — On sait que le sexe ne peut se reconnaître à l'exlériear sur les cadavres complètement putréfiés. Lorsque la putréfaclioD n'est pas très avancée, on peut encore constater le sexe, même dans les cas où les organes génitaux ont disparu, car la disposition des poils sufiBt. Le cercle des poils bien circonscrit sur le pénil ou mont de Vénus annonce le sexe féminin ; la continuation des poils, même peu prononcée, du pénil jusqu'à l'ombilic, annonce le sexe masculin. On sait que le sexe des fœtus n'ayant pas plus de trou mois est impossible à reconnaître. Dans ces cas, on devra
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néanmoins avoir recours A l'usage de la loupe. (Voir n° 13 plus bas.)
2° L'âge, — Pour les cadavres connus il est inutile de chercher à évaluer Tâge, car le juge a en mains des preuves beaucoup plus sûres que le jugement du médecin. Hais pour les cadavres inconnus, lorsqu'il faut faire des recherches sur les causes de la mort d'un cadavre dont l'identité est ignorée, la justice ne peut se fonder que sur l'appréciation du médecin. Or, s'il est déjà difficile d'évaluer, môme approximativement, l'âge d'un vivant dont on voit le regard, la démarche, la manière d'être, la parole, l'intelligence, il est eocore bien plus difficile d'évaluer l'âge d'un cadavre.
La présence ou l'absence des dents , les cheveux plus ou moins blancs peuvent tromper, les rides peuvent avoir disparu par la boursouflure putride du cadavre. L'œil le plus exercé ne peut donner qu'un jugement à peine approximatif, à dix ou quinze ans près.
Les cadavres d'enfants peuvent surtout tromper sous ce rapport; cela peut paraître extraordinaire puisque pendant la vie les enfants sont plus faciles à juger, quant à leur âge, que les adultes. Mais alors c'est le vêtement, la manière d'être et le degré de développement intellectuel qui aident le jugement; tandis que devant un cadavre, c'est la taille surtout qui peut guider, et elle diffère beaucoup, non-seulement pendant la vie, mais encore après la mort, car les cadavres s'allongent plus ou moins après la rigidité cadavérique ; on ne s'étonnera donc pas si le médecin, même le plus exercé, assigne l'âge de deux ans i un enfant qui en a quatre.
3° La longueur du corps. — Pour les nouveau-nés, nous recommandons à tous les médecins-légistes l'instrument à peser de Siebold ; cet appareil consiste en une surface en cuir plaqué, sur laquelle on met l'enfant et qui se trouve graduée en pouces, de sorte qu'elle sert en même temps à mesurer. Pour cela, on n'a qu'à poser l'enfant sur cette surface et à l'étendre avec les deux mains. Pour les cadavres d'adultes nous nous servons d'une mesure de six pieds de longueur, dont l'extrémité est divisée par pouces.
A° La constitution générale. — On peut toujours la juger sans difficulté. Ce serait une erreur grossière que de prendre un ventre