‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 34 sur 166 · INSPECTION EXTÉRIEURS DBS CADAVRES. — ÉTAT DES CHEVEUX · texte numérisé non relu

INSPECTION EXTÉRIEURS DBS CADAVRES. — ÉTAT DES CHEVEUX

boorsonOé par la potréfactioii oa par nue anasarque, pour un ventre doaé d'embonpoint; mais ne nous arrêtons pas là-dessus,

5* les signes de la mort. -^ Noos en avons déjà parié plus haut. Lenr examen et leur description au procès-verbal ne doivent jamais être négligés. Mais les lividités cadavériqaes, Tétat de la cornée, la rigidité cidivérique seront laissés de côté, lorsque le cadavre présentera déjà des traces de putréfaction, par exemple : une couleur verdfttre des tépuaents du ventre; il ne faudra pas alors les enregistrer au procb-?erbal, car le majus inclut le minusy et Ton doit écarter du pro* cès-verbal tout ce qui est superflu.

6' La couleur et l'état des cheveux. — Quant à ce signe, qui

est on ne peut plus individuel, on est bien en droit de demander si

l« questions de c léthalité individuelle > n'existant plus, il est encore

sfeeisaire de décrire les cheveux, les yeux, etc. Mais, outre que le

règlement oflBciel ordonne de faire cette description pour les cadavres

iseonnos (§ 10), l'omission en elle-même présenterait quelquefois

de grands inconvénients. Il est évident que le plus souvent, quand on

reeiierche le genre de mort d*un individu, il est indifiérent de savoir

ft'ii a eu les cheveux blonds ou bruns, des yeux bleus ou verts, des

dttts longues ou courtes, etc. Néanmoins, au moment de l'autop-

fle, on ne sait pas quels pourront être les complications ou les

incidents de l'affaire ; on n'en est qu'aux premiers renseignements,

H le médecin ni le juge ne peuvent savoir si des circonstances qui

paraissent insignifiantes, n'acquerront pas par la suite une grande

fiieur, et alors il serait très regrettable de les avoir négligées.

Dans l'observation 61, que nous rapportons plus loin, il y eut des iblences mortelles exercées sur un enfant, la femme coupable lui mît brisé nue dent molaire, ce qu'elle niait. Nous avions fait mentiim de cette lésion au procès-verbal. Trois jours après l'autopsie, on trouva cette dent dans les ordures provenant de la chambre dans laquelle le meurtre avait été commis. Il va sans dire que cette circonstance était très importante.

Lorsqu'il s'agit de constater l'identité de cadavres inconnus, la description des moindres particularités devient très importante,

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comme le prouve l'observation 31A, concernant un homme inconna trouvé assassiné. En faisant l'autopsie nous décrivîmes la couleur des cheveux (c'était une perruque collée sur la tête chauve) ainsi que la couleur des yeux. Plus tard on soupçonna que ce cadavre était celui d'un homme qui avait disparu, et on demanda à l'épouse de ce dernier la couleur des cheveux et des yeux de son mari, mais la femme, faible d'esprit, ne put le dire !

7*^ La couleur des yeux. — C'est un signe très vague. Elle est souvent sujette à de nombreuses erreurs chez les cadavres, et de plus, la perception des couleurs est individuelle. Si le cadavre est frais et la couleur de l'iris bien tranchée, bien bleue ou bien noire, et si plusieurs personnes donnent leur avis,' elles seront peut-être d'accord ; mais souvent, lorsque la couleur est vert bleu, gris brun ou brun vert, il est certain que sur dix personnes il n'y en aura pas cinq du même avis. Ajoutons que la putréfaction altère très vite la couleur des yeux, que le blanc de l'œil devient rouge brun, puis vert noir, et que l'iris subit les mêmes transformations.

8"* Le nombre et Vital des dents. — Chez les cadavres inconnus il est nécessaire, par les raisons déjà énoncées, de déterminer avec soin le nombre et l'état des dents. Je me rappelle que, dans le procès Schall, la tête de la victime fut exhumée pour la troisième fois, rien que pour l'inspection des dents (voy. p. 67 ).

9^ La situation et Vitat de la langue. — Nous démontrerons combien il est erroné, quoique fréquent, de considérer la position de la langue plus ou moins entre les dents ou les maxillaires, comme un signe d'asphyxie. Néanmoins on ne peut pas se passer de noter si la langue est derrière, entre ou en avant des dents. L'état du tissu de la langue est plus important à examiner. Il faut dire si elle est tuméfiée, blessée; c'est surtout dans les cas d'empoisonnements douteux par les substances corrosives, que l'examen de sa surface peut éclaircir beaucoup l'afTaire, comme le prouve le cas suivant :

KNSrECTlON EXTÉRIEURK DES CADAVRES.— CAVITÉS EXTÉRIEURES. 77

Obs. 32. — Suicide par empoisonnement au moyen de Vacide sulfurique pris pour un assassinat par suite de blessures aiu cou.

Le 24 juin 18.>.> on trouva, dans une ville près de Berlin, le cadavre d*une femme avec ses deux enfants également morts et ayant de profondes blessures proveDani d*un instrument tranchant.

Les experts n hésitèrent pas à déclarer que les enfants étaient morts par suite des blessures. Il en fut autrement pour lu mère. Les experts disaient avoir trouvé « un épanchement de sang noir pesant 200 grammes, moitié coagulé dans Tabdomen; l'estomac déchiré, coloré en noir par du sang coagulé, la rate déchirée ei paltacée. » L*un des experts déclara qu'on avait commis un triple meurtre, et dit que, quant à la mère, ou elle a d'abord reçu ses blessures au cou, et en tombant, elle s'est fait ses lésions à l'estomac et à la rate, ou bien elle a reçu un coup dans la région de l'estomac qui a causé la déchirure de l'estomac et de la rate, et ensuite elle a reçu ses blessures au cou. Comme le second expert avait une autre opinion et que tout était assez vague dans ce rapport, la cour se décida à me fiiire appeler par le télégraphe, pour me demander mon avis avant l'enterrement du cadavre.

Je le trouvai déjà habillé dans le cercueil. Un sillon brun Jaune, qui allait du coin ée la bouche au menton, me fit soupçonner de suite qu'il y avait eu empoisonne* ment par l'acide sulfurique. La langue^ à laquelle on n'avait pas fait attention, fut retirée et se montra à moitié tannée et enduite d'un liquide sanguinolent muqueux ^ rougissait tout de suite le papier bleu de tournesol. La bouillie noire du ventre, e'est-à-dire l'estomac brûlé avec son contenu, offrait la même réaction. D'après cela^ il était évident qu'il y avait empoisonnement, on pouvait déclarer que très probable^ BKot la mère, après avoir tué ses enfants, avait essayé de se suicider avec l'acide tuUorique et, ne trouvant pas de suite la mort, elle s'était coupé la gorge avec le même rasoir qui lui avait servi pour égorger ses enfants et qui était encore plein de sang h cOté d'elle. Cette opinion fut déclarée exacte par suite d'une recherche bite dans la maison. On trouva une lettre de la décédée, dans laquelle elle annonçait son projet, et le reste de l'acide sulfurique dans son armoire.

10* L'état des cavités extérieures : roreille, le nez, la bouche, riniis, les organes sexuels de la femme. — Il est rare de trouver des corps étrangers dans ces cavités ; cependant il arrive, surtout chez les noyés, que Ton trouve de la vase, de la terre ; et chez les asphyxiés, surtout les nouveau-nés, on trouve quelquefois des corps étrangers qne Ton a mis avec violence dans la bouche, ou des excréments qui ont été aspirés dans une asphyxie dans les lieux d'aisances. Il y a encore d'autres circonstances dans lesquelles on a à faire Vexamen de la cavité buccale, c'est surtout quand on soupçonne un

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empoisonnement par des substances corrosives, car alors on trouve déjà un commencement de corrosion dans la bouche, ou lorsque la mort a eu lieu par un coup de feu tiré dans la bouche.

Pour le vagin, la présence ou l'absence de la virginité, des règles, ou des blessures de ces parties peuvent acquérir une importance qiM souvent au moment de l'autopsie on ne prévoit pas. Pour l'anus, on doit regarder s'il y a eu écoulement des fèces, quoique je n'attribue que très peu de valeur à ce signe qui ne se montre que dans la moitié des cas de mort subite. D'un autre côté, le transport du cadavre, sua séjour dans l'eau, sont autant de circonstances qui modifient ce signe.

11'' L$ cou, — Il mérite dans tous les cas une attention miou* tieuse. La plus petite trace jaune brun peut .être le signe d'un étranglement, et il y a des cas où l'inspection de l'intérieur du corps fait tellement soupçonner la strangulation, que la moindre trace eitérieure sur le cou devient de la plus haute importance. L'état do larynx et des vertèbres est aussi très important à examiner. Pour les vertèbres, il faut se tenir en garde contre un jugement trop précipité, qui ferait conclure qu'il y a une luxation ou une fracture des vertèbres par la présence d'une grande mobilité du cou. Si l'époque de la rigidité cadavérique est passée, si le cadavre est maigre ou si la graisse n'est pas figée par le froid, surtout chez les petits enfants, oo trouvera ordinairement la tête très mobile.

fô** Les mains. — Elles offreat des signes importants. Dans un cas assez curieux, il s'agissait de dire si un anneau de mariage avait été porté pendant la vie ou mis après la mort dans un des doigts du cadavre. Cette question fut facilement décidée quand on trouva nu sillon au doigt. Souvent on trouve du sang aux mains, ce qui peut être important quand on doute s'il y a eu assassinat ou suicide. On trouve aussi souvent de la poudre brûlée dans la main des suicidés qui se sont tués avec des armes à feu. Les blessures aux mains sont également importantes pour décider s'il y a eu résistance dans les cas d'assassinat. La couleur gris blanc et les plis longitudinaux aux mains et aux pieds indiquent que les cadavres ont séjourné plus de vingt-

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