S1*ECT10K EXTÉRIEURE DES CADAVRES. — COULEUR GÉNÉRALE
quatre heures dans Teau. Du sable, de la vase, etc., dans les ongles, ont aussi leur importance. Nous y reviendrons en parlant spécialement de chaque mort violente.
13' Les parties génitales, — Elles offrent rarement des renseignements utiles, excepté quand on trouve des spermatozoaires au moyen du microscope chez des hommes trouvés pendus, et le raccourcissement du pénis des cadavres trouvés dans l'eau. Je mentionne comme curiosité que, dans un cas, on m'a demandé si je pouvais dire, par l'état des parties génitales, si le décédé, trois jours avant sa mort, avait été ep état d'accomplir le coït.
ih*" La couleur générale du cadavre. — Ordinairement on trouvera la couleur blanchâtre. Cette couleur est vert un peu clair comme cellqde la cire blanche non raffinée, quand les sujets sont morts d'hémorrhagies. Si des blessures de tête amènent la mort après une longue maladie, on trouve souvent la coloration ictérique surtout le cadavre, coloration que présentait déjà le malade pendant la vie. Mais il y a encore d'autres colorations importantes chez les cadavres; par exemple, la couleur rouge brun uniforme des fruits avortés, la couleur rouille chez les sujets qui ont été rôtis, la couleur noir charbon chez les sujets qui ont été brûlés. Quand on décrit la couleur de la peau, il faut tenir compte de la coloration de la putréfaction et de celle des lividités cadavériques. C'est avec raison que le règlement prescrit de laver les parties qui présentent des taches suspectes aGn d'éviter les erreurs, par exemple, les places brûlées par Tacîde sulfarique, les petites blessures couvertes de sang, les endroits où l'on croit voir de la poudre brûlée, une ecchymose, etc., et qui, quelquefois, ne sont que recouverts de boue ou de sang séché. Cela arrive pins souvent qu'on ne le pense (1).
(t) Pour l'inspection spéciale des cadavres des nouveau-iiés, voir la ])artic «fêôile.
^>0 PAUTIE TUANATOLOGIQUE.
S 3. — Aoomalîei troavëei lar la cadavre.
A. Maladies.
Il n*est pas rare de trouver dans les autopsies des anomalies sur l'extérieur du corps des cadavres, produites par des maladies, telles que des hernies, des tumeurs de toute espèce, des déviations, des ulcères, le décubitus (eschare), l'hydropisie, etc.
Chez les cadavres connus dont on n*a pas à chercher Tidentité, tous ces signes peuvent être décrits brièvement au procès-verbal, excepté quand le cas réclame un examen approfondi à propos de ces maladies, par exemple, lorsque l'impérilie d'un médecin est en question.
Il en est de même des maladies internes, par exemple, la tuberculisation des poumons, ossification ou autre lésion organique du cœur, tumeurs de Tovaire, etc., excepté lorsque la maladie est pour quelque chose dans la mort.
Chez les cadavres inconnus il est nécessaire de bien décrire les anomalies et produits extérieurs, car l'expérience a montré que la présence d'un ulcère, l'absence d'une tumeur, ont aidé à fixer la justice sur une identité douteuse.
B, Cicatrices.
Les cicalrices que l'on trouve sur les cadavres, surtout sur ceui qui sont inconnus, doivent fixer l'attention du médecin, car elles peu* vent donner lieu à des questions importantes de la part des tribunaux.
Des cicatrices peuvent- elles disparaître tout à fait? Dans le procès de Schall cette question devint d'une telle importance, qu'il fallut exhumer le cadavre afin de vérifier si les cicatrices de ventouses et de tatouage avaient disparu. Le temps qu'une cicatrice met à disparaître complètement, dépend de la plus ou moins grande profondeur de la blessure dans le tissu et les vaisseaux du derme. Des cicatrices de blessures qui ont traverse seulement l'épiderme ou même un peu le derme, peuvent disparaître complètement et ne plus se retrouver sur
lîfSPECTIOff EXTÉRllURS DES CADAVRES. — CICATRICES. 81
le cadaTre^ ee sool, les ^pratignures d'épingles, les eicatrices de sûgnéeSy de sangsues et de ventouses. Si les ventouses ont été énergiques, leurs traces en restent visibles pendant bien des années, mais cependant elles peuvent disparaître. En France, on employait autrefois un procédé pour faire reparaître les marques des galériens, qui prouve que les blessures profondes de la peau qui avaient disparu peuvent redevenir visibles. M. Devergie raconte qu'on frappait avec la paume de la main la partie blessée, jusqu'à ce qu'elle devint ronge, et alors la partie bAlée paraissait en blanc.
Les cicatrices jointes i une perte de substance ne disparaissent
jamais ; on peut observer cela chez les vieillards qui ont eu, dans
leur jeunesse, des chancres ou des bubons qui se sont guéris avec
|>erte de substance, ou chez ceux qui présentent des ulcères guéris
depuis longtemps; il en est de même des cicatrices qui sont restées
longtemps en suppuration, qui ne disparaissent jamais tout à fait ;
de même pour les cicatrices de la petite vérole, fl y a encore des
dcatrices qui ne disparaissent pas, ce sont celles que l'on trouve
sur les cadavres qui appartiennent i la basse classe et qui sont les
toiles de rixes; elles se rencontrent surtout à la tête.
Une autre question : Peut-on reconnaître l'ancienneté de la cicatrice d*après sa forme et sa couleur? Les cicatrices des exanthèmes et des blessures présentent d'abord une coloration plus rouge que celle des parties environnantes, puis deviennent de plus en plus klaaches et miroitantes. Mais le genre de blessure et l'individualité du Messe sont des raisons qui peuvent faire varier beaucoup l'état des ticatrices; on sait que les cicatrices de petite vérole pâlissent très irrégulièrement, selon les différents individus, de sorte que chez les IBS elles sont blanches après six à huit mois, tandis que chez d'autres diessont encore rouges après deux ou trois ans. Il en est de même fov les cicatrices produites par des blessures. Donc, on ne doit juger ^«oeieBneté d'une cicatrice qu'avec les plus grandes précautions, et il n'y a que les cas négatifs qui permettront une décision à peu près ^^ne. Par exemple, quand ou trouvera une cicatrice blanche, lui- ^Bte, on pourra dire avec certitude qu'elle ne peut pas provenir
82 PARTIE TRANATOLOOIOVI,
d'une blessure faiid il y a delix, iroît^ quatre Mmaings, tsar rtxpérience démoAife qu^en si peu de temps une cteatrice ne peut pes p4ltr; msis en ne pourrait pas dire, dans ce cas, si la cicatrice date de deux ou de sixens.
En rés«né :
Otê àieatricei ai9€c perte de snhHaïufe, dtê cieuiricêi de pUies €Uppmtm^8 H d'ulcèree ne diiftttainenijumnùtî je rtUttmveni têHf^uri sur h cadavre.
Des cicatrices de isnngsHeSj dr, saifiiées^ dt ventwMs^ pem^ent ditpwêttre duni un temps plus ou moins long.
Il est très difficile de donner une upprécitition ptmtiw sur VnHciênineté d*une ckutrice,
OBs. 3S. — Déterminer Vemeienneté d'une deetrioe.
CeUe détermination était d'une grande importance pour découvrir rautaur d'un vol commis avec violence. ,
On me demanda, Ve it mâts, si chez N..., un apprenti soupçonné d^avdh* ttmiflfs la ertmèv aae cicatrice au doigl pouwil être considérée coamia ajant^fNt»duite par une blessure reçue au mois de féwier au moyen d'uu crochet ou d'un levier, ou d'une vrille ou par une autre manière.
La cicatrice était à la surface externe du petit doigt de la main droite, près de l^atlfètolation métacat^-phëlan^enne, de forme ronde« 4» la graiiaoi' à*vm ^t iwis, rose pâle et entourée d'un cercle foncée L'inculpé disait que cette blevsura avait été faite, le 5 février, dans une rixe, par un coup porté avec la main au moyeu d'une enseigne en porcelaine brisée ; mais c'était très invraisemblable, parce qu'une telle blessure aurait été contuse et de forme Irrégulière; il étaft pHis traimnMaMe de l'attnbXier à une blessure caaaée par une vrille ou un emperte-piècet em au autre instrument rond et pointu, il est possible que, comme le dit le préveuU) )a blessure ait été faite six semaines auparavant.