‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 41 sur 166 · INSPECTION EXTÉRIEURE DES CADAVRES. — BLESSURES · texte numérisé non relu

INSPECTION EXTÉRIEURE DES CADAVRES. — BLESSURES

résolut de tenter un dernier effort et, en cas d'insuccès, de la tuer. C'est ce qu'il lit : il lui enfonça un couteau dans la poitrine, en disant : « Voilà ce que tu mérites ». L'accusé me raconta avec insouciance, dans sa prison, que son couteau était entré comme dans du « beurre », et pourtant il avait traversé le sternum de la longueur d'un pouce. Les bords de la plaie de l'os élaienl lisses, l'os n'avait ni fissure ni fracture comminulive. Pans la cavité pectorale, on trouva dans les deux plèvres UQ demi-litre de sang foncé en partie coagulCy et 200 grammes de sang coagulé dans le péricarde. Le couteau avait pénétré dans le poumon droit près de l'entrée dci gros vaisseaux ; il avait traversé le péricarde et la crosse de l'aorte, à la hauteur de 3 centimètres, après sa sortie du cœur. La plaie de l'aorte était courbée légèrement, elle avait la longueur de 1 centimètre et avait des bords nets et un peu bleus. A la paroi postérieure de la crosse de l'aorte se trouvait également une plaie semilunaire, de sorte que le couteau avait dû traverser de part en part le sternum et la crosse de l'aorte.

La victime était tombée morte en poussant un cri, et pourtant, ici aussi, nous trouvâmes du sang coagulé.

L'état de la blessure était intéressant à étudier. Extérieurement, la plaie se trouuii entre la troisième et la seconde côte gauche près du sternum, se dirigeant obliquement de dehors en dedans, longue de 2 centimètres, large de 1 centimètre 1/2 ; m bords étaient nets, lisses, sans inflammation, sans ecchymose, et offraient deux angles aigus. Ne présentant aucune trace de sang ni autour ni à l'intérieur de la plaie, cette blessure avait absolument l'aspect d'une blessure faite sur le cadavre.

La blessure extérieure ne correspondait pas à la blessure intérieure, ce que l'on peut expliquer en réfléchissant que la femme a dû'se trouver un peu obliquement Ht rapport à son assassin, tandis que maintenant, le cadavre se trouvant dans le décubitus dorsal, les téguments se sont distendus.

Obs. 48. — Coup de couteau dans les poumons.

t'a garçon de quatorze ans avait reçu de sa belle-mère en colère et moitié ivre an coup de couteau avec lequel elle écorchait un poisson ; l'instrument était entré «lins le dos, l'enfant s'évanouit et mourut six heures après. La blessure était longui; <^20 millimètres et large de 6 dans sa partie béante; les bords en étaient nets cl lisses, sans aiACune ecchymose, mous et secs ; enfm les bords étaient tels qu'ils auraient été si la blessure avait été faite sur le cadavre.

U cau>e de la mort avait été une hémorrhagie interne, car l'instrument avait IHînétré de la longueur de 3 centimètres dans le lobe inférieur du poumon gauche, ^^ns la plèvre gauche, nous trouvâmes 2 kilogrammes de sang foncé contenant Muelqies caillots. Il y avuit de plus une anémie générale, malgré laquelle, comme **rdiiiaireiuent, les veines du cerveau et des sinus étaient encore gorgées de sang. Ooirmort par /iémorr/ia(;rie, partie spéciale.)

98 PARTIE THANATOLOGIQUE.

Obs. 49. — Coups de styîet dans le poumon.

Histoire navrante ! A roccasion d'une fête, une famille s'était réunie ei tout le monde avait bu une grande quantité de bière de Bavière.

Le beau-frère du père de famille était devenu ivre-mort, il entra dans la cuisine voisine, il prit une lame d'épée brisée, de 30 centimètres de longueur et de 3 centimètres de largeur, qui avait été limée pour servir de brochette ; cet instrumeni était, à son extrémité, très coupant et très aigu. Il rentra dans la chambre et brandit ion instrument en vacillant. Le père de famille alla à sa rencontre, l'ivrogne Tembrassa en ouvrant les bras et lui enfonça l'instrument dans le dos. Trois quarts d'heure oprès, le blessé mourut.

Lorsque nous fîmes l'autopsie, le cadavre avait la couleur de cire blanche. Au bord interne de l'omoplale droite il y avait une plaie de 1 centimètre en longueur et en largeur à sa partie béante. Les bords étaient nets, lisses, secs, pAies, sans ecchymose. Dans la plèvre droite il y avait 1 litre 1/2 de sang foncé, en ptrtic coagulé. Le lobe supérieur du poumon droit était percé horizontalement etrinalniment avait pénétré le viscère, avait même traversé les muscles intercostaux du côté opposé, entre la deuxième et la troisième côte, et s'était arrêté dans le tissu cellulaire sous-cutané. Le corps était exsangue, excepté les veines de la pie-mère qui ne participaient pas à l'anémie générale.

Obs. 50. ^ Coup de feu dans la moelle épinière.

Le 16 octobre 1848, il y eut une émeute à Berlin qui donna lieu à un combat opiniâtre derrière des barricades, entre les insurgés et la garde nationale. Huit personnes furent tuées. Une de ces victimes était un citoyen qui trouva une mort honorable en montant sur la barricade. 11 reçut une balle tirée derrière et d'en bas. La balle était entrée dans la région de la septième vertèbre cervicale, avait fracassé les trois dernières vertèbres cervicales et déchiré la moelle épinière. Elle était sortie près du maxillaire inférieur droit ; là se trouvait une ouverture de i centimètre, un peu anguleuse, qui fit conclure que la balle avait été pointue. Les bords des deux plaies n^étaient pas du tout ecchymoses, ce qui s'explique facilement à cause de la mort subite produite par la déchirure de la moelle épinière ; ces plaies ne différaient en aucune façon des plaies par armes à feu, que nous avons souvent produites artificiellement sur des cadavres.

Obs. 61. — Coup de feu dans les poumons.

Dans une autre émeute de l'année 18i8, un homme reçut une balle de fusil qui traversa le corps en pénétrant dans le lobe inférieur du poumon gauche. La mort eut lieu par suite d'une violente hémorrhagie, elle fut subite ; les deux plaies, celle d'entrée et celle de sortie, avaient absolument le même aspect que celles qui sont faites après la mort.

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