SI*ECT10N EXTÉRIKURB DES CADAVRES. — BLESSURES
A" On trouve très souvent sur les cadavres des blessures produites lege ards, telles que les blessures de sangsues, de ventouses, de saignées, les sutures chirurgicales, les incisions, les amputations, etc. Le médecin légiste devra donner une description sommaire de ce qu'il trouvera dans de tels cas, excepté lorsqu^il s'agit d'impéritie médicale qu'il faut apprécier. Il faut alors donner naturellement une description minutieuse de tout ce que Ton trouve, d'une blessure de saignée par exemple, lorsque Ton soupçonne que celle-ci est la cause de la mort.
A celle catégorie appartiennent aussi les blessures et lésions de toutes sortes que produit souvent Topération de la levée du cadavre, ainsi que le résultat des dégâts produits par les animaux sur les corps abandonnés. Ces blessures se voient surtout sur les cadavres retirés de Teau qui ont été souvent blessés par des bateaux, par des rimes, etc., ou qui ont été rongés par des rats d'eau.
6* ICnGn, il reste à considérer les blessures qui n'ont pas amené la mort et qui sont les plus fréquentes. Le § 10 du règlement indique le procédé que l'on doit suivre, et nous n'ajouterons que quelques remarques.
La science approuve parfaitement le règlement ne demandant ( qu'une description sommaire pour des blessures qui ont une origine ne se rapportant pas directement à la mort », et en permettant < de décrire les ecchymoses et les écorchures qui évidemment n'ont |«s pu donner la mort, en les comparant pour leur aspect général Mit à des fruits, soil à des corps de toute espèce. »
Le médecin légiste ne peut s'arrêter à la description minutieuse <!' ces petites blessures sans importance. Il arrive que dans les ^^ssioats qui ont été accompagnés d'un combat opiniâtre, on trouve sur le cadavre une grande quantité de lésions de toutes sortes, des ><)lutioiisde continuité, égraUgnures, écorchures, ecchymoses, comme 1^ obs. 61 et 70 en donnent des exemples. Pour décrire tout avec ciactiiude, il faudrait un procès- verbal contenant plus de cent nu- "'éros, ce que Ton doit toujours éviter, car la clarté n'existe plus ^i Ton veut décrire minutieusement chaque anomalie spéciale, et
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cela serait du reste très diflicilc. Il suftit dans depareils cas d'examiner avec soin les lésions principales et les blessures que Ton juge a priori importantes dans Taflaire, puis décrire sommairement tous les autres résultais peu importants sous un même paragraphe.
C'est ici Tendroil de parler des coups de verges que Ton a souvent à examiner comme cause de mort, dans les cas où les enfants ont succombé à de mauvais traitements. Les blessures produites par les coups de verges se reconnaissent de deux manières. Lorsque les verges ont porté à plat sur le corps de Tenfant, elles impriment des sillons plus ou moins longs de deux à trois pouces, rouges, un peu ecchymoses, parallèles par séries de deux, trois, ou quatre;
lorsque les coups ont porté de sorte que les pointes des verges frappaient d*abord, on voit des groupes de taches ecchymosées semblables à des pétéchies, mais les coups de verges ont ceci de particulier qu'ils ne sont donnés ordinairement que sur le dos et les fesses. Dans les sillons on voit de petites écorchures; je n'ai jamais observé des lésions plus profondes produites par les coups de verges telles que celks dont on se sert chez nous (1).
Pour ce qui concerne enfin l'usage de la sonde, le règlement permet c de s'en servir avec précaution » , si les experts le croient nécessaire; mais il prescrit avec raison, pour éviter les abus, d'enregistrer au procès-verbal la cause qui les a fait agir ainsi. Il est en effet superflu dans la plupart des cas d'employer la sonde, car la profondeur de la blessure se voit très bien à la dissection. Quand l'examen et la description de la blessure ont été faits extérieurement, on l'élargit afin d'examiner l'état du tissu cellulaire environnant, ainsi que celui des bords et du fond de la pbie.
(1) Dans l'hôpital de la marine à Kronstadt, près de Saint- Pélersbourg, j'ai vu un prisonnier coucliù sur le ventre, qui huit jours auparavant avait passé par les verges et qui avait re<,u douze cents coups, et auquel une nouvelle dose était encore réservée ! Tout le dos était couvert d'ulcères siiperliciels, mais i'ctat général n'était pas grave.
INSPECTION TES INSTRUMENTS. iOJ