‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 43 sur 166 · INSPECTION DES INSTRUMENTS · texte numérisé non relu

INSPECTION DES INSTRUMENTS

Ugislation. — Code (prussien) de procédure criminelle^ § 162. Les experts doivent donner leur avis sur le^ instruments au moyen desquels les lésions ont pu éti o faito ; il faut aussi leur montrer les instruments qui ont élé trouvés el leur Cemander si telle lésion a pu Aire produite par tel instrument, si In situation et In grandeur des blessures peuvent indiquer la manière avec laquelle lo coupable a probablement agi, l'intention qu'il y a mise et la force physique qu'il a em< ployée.

Il est inutile de dire qu*il est absurde de diviser les instruments en mortels et non mortels; que ce soit utile pour le juge, cela ne nous regarde pas ; pour la science il n'y a qu'une seule division raisonnable, celle qui consiste à diviser les instruments et les blessures qu'ils occasionnent d'après leurs elTels spéciaux sur l'organisme, effets qui permettent de reconnaître sur le vivant comme sur le cadavre quel est rinslrument qui a élé employé. Nous diviserons donc les instruments en : 1° tranchants et perforants; T contondants; 3* armes a feu; et &** instruments slrangulants.

g \", — Znstraments tranehanls et perforants.

li y a des instruments coupant d'un côté, comme les rasoirs; d'autres coupant d'un côté sont en même temps pointus, comme les couleanx de table, de poche; d'autres coupant de deux côtés et en même temps ordinairement pointus, tels que les poignards, les stylets, les <^pées de canne ; d'autres qui coupent de trois côtés, comme les alênes, les baïonnettes. Ces instruments ont ordinairement leur lame Mte. D'autres ont un tranchant plus ou moins courbé , semilunaire, comme certains sabres, les faux, les serpettes. Ici appartiennent aussi les morceaux de verre ou de métal, qui sont tranchants el pointus, et les ongles des doigts. Nous avons eu à observer des blesses faites avec tous ces instruments, comme le démontreront nos «ksemtions.

102 PARTJB THANATOLOGIQUE.

Les coups portés avec ces instruments sépareni les tis^sus ^lus .. ou moins profondément. Les bords d'une plaie, si on les examine ' immédiatement après que la blessure a été faite et même si Tinstrument était bien tranchant, présentent, dans un cercle un peu externe autour de la plaie, un plus ou moins grand affaissement. I^s phinomènes de réaction dépendent naturellement de la place où le coup a frappé, de l'époque à laquelle on les examine pendant la vie, ou après la mort, et de Tintervalle qui sépare le moment où la blessure a éié faite de celui où a lieuTexamen. Si l'instrument a pénétré jusqu'à Tos, il y a ou des fractures comminutives ou une coupure de Tos à bords lisses, ce qui arrive surtout sur les os longs, les os des doigts. Pour le crâne, les coups portés avec des instruments tran chants amènent ces deux sortes de lésions : les fractures comminutives et les coupures de Tos. Le cas suivant prouve que le sabre court d'infanterie, frappant avec force, peut fendre en coupant net tout le crâne.

Obs. 52. — IlleFSurc mortelle par wi coup de sabre sur la tête.

Dans une rixe entre des ouvriers et des militaires, un ouvrier de quarante-deux ans reçut, d'un soldat d'infanterie, un coup de sabre mortel sur la tAte.

La phie, que nous examinâmes lors de l'autopsie, avait 8 centimètres de loup depuis la suture pariétale jusque dans le milieu de Tos temporal ; dans l'espar c do 2 centimètres, le pariétal était comme coupé dans toute son épaisseur, la couche interne compacte de l'os était Iruclurée comminutivement autour de la plaie, les membranes du cerveau étaient coupées dans l'espace de 2 centimètres, hh se trou* vait uu abcès du cerveau Je la grosseur d'une noix dans lequel reposaient des fragments de l'os. L'autopsie montra en même temps des tubercules dans le foie.

H est très singulier que les plaies par des coups d'instruments tranchants ne présentent presque jamais la dimension des instruments et ne permettent pas de reconnaître quel a été l'instrument qui a blessé. Il y a une grande différence, par exemple, lorsque les muscles ont été séparés dans leur dimension longitudinale ou dans leur dimension transversale. Dans ce dernier cas, la rétraction des muscles forme une plaie béante qui ne correspond pas aux dimensions de l'instrument.

INSTRUMENTS TBANCHANTS. lOS

L«s coupures faites avec inslniments tranchants, mais sans contusioD, font des plaies à bords nets et lisses. Les deux coins de la plaie son! formés par des angles très aigus. Les phénomènes de réaction sont les mêmes que lorsqu'il y a en même temps contusion. Il va sans dire qu'il peut y avoir hémorrhagie grave et mortelle s'il y a de grand s vaisseaux lésés; il est très difficile de dire quel est le point que Tinstmment a touché le premier (par exemple dans le cas de suicide douteux), si la plaie a été faite de droite à gauche ou de gauche k droite. Cette question se présente surtout à propos des coupures du cou. On sera quelquefois mis sut la voie par certaines circonstances particulières, telles que la présence du sang à la main, les vêtements coupés à un certain endroit, etc. A propos de ces coupures, il peut surgir un autre doute qui, dans une circonstance mémorable, a détourné gravement de la vérité ceux qui exploraient. Lorsque des coupures ont été faites à une personne dont la peau est sèche et dure, comme celui des personnes vieilles et maigres, surtout si la tête a été penchée en avant, on trouvera, lorsque le cadavre sera étendu, au lieu d'une seule ligne plusieurs petites enchevêtrées en briques, comme cela se voit quand on fait une incision dans un mouchoir plié que l'on déplie après. Les experts, dans un cas pareil, conclurent qu'il y avait c quatre coupures », qu'il y avait assassinat et qae les assassins avaient dû faire plusieurs blessures.

Les plaies faites par instruments piquants ou perforants ne pro-

doisent presque pas d'hémorrhagie lorsqu'elles n'atteignent pas de

pos vaisseaux, et, lorsque ces piqûres sont petites, les phénomènes

ie réaction sont tout à fait insignifiants ; mais , lorsqu'elles sont

profondes, elles amènent les épanchements les plus graves de sang, *

f urine, de chyle, etc. Je dois faire ici mention d'une circonstance

importante. On fait souvent un reproche aux médecins de n'avoir

V» indiqué, dans les cas d'hémorrhagie par piqûre des gros

^ùsseaox parcourant, l'endroit même où se trouve la piqûre; ce

r^RToche est souvent injuste, car dans beaucoup de cas il n'est pas

^jours possible, même après avoir éloigné tous les viscères, de dé-

^Qîrir la piqûre qui a occasionné une hémorrhagie mortelle. De plus,

une telle recherche me parait en général superflue, car Thémorrhagie interne est confirmée par la présence du sang, et il est indifférent de savoir quel est le vaisseau et quel est l'endroit qui a donné lieu à rhémorrhagie. Néanmoins je n'ai pas besoin de dire qu'il peut S3 présenter des cas où cette recherche est nécessaire. Les piqûres aussi n'ont presque jamais les dimensions de rinstrument qui les a produites, parce que ces ouvertures varient selon la contractiiité de la peau, de sorte que Ton ne peut comparer la plaie à l'instrument et en déduire une conclusion rigoureuse.

D'un autre côté, pour tous les instruments piquants, tranchants ou perforants, on ne peut plus rien juger de l'instrument, si la granulation ou la cicatrisation ont eu lieu, ce que l'on voit souvent dans les blessures de tête.

Les egratignures ou les traces d'ongles se trouvent sur le cadavre sous deux formes différentes. S'il n'y a eu qu'une pression forte avec le doigt, on trouve un sillon semi-lunaire plus ou moins ecchymose, produit par l'ongle, dont la direction indique la position» du doigt, ce qui peut être très important dans les cas de strangulation ou lorsqu'une femme en couches veut s'aider avec ses mains pour hâter la délivrance.

Si l'ongle a plutôt égratigné Iju'exercé une pression, l'épiderme est écorché tantôt avec, tantôt sans coloration rouge clair de la peau environnante. Toute la plaie n'est pas plus grande qu'une lentille, de sorte qu'il n'est pas difficile de la distinguer d'une écorchure d'cpiderme produite par une autre cause. L'observation 283 prouve de quelle importance peuvent devenir de telles petites plaies, qui paraissent insignifiantes sur le cadavre. Au corps d'une femme nous trouvâmes des egratignures au cou, Thonime que l'on soupçonnait du cripie (qui avoua plus tard et fut condamné) avait des ongles rongés qui n'alleignaient pas la moitié de la phalange ; nous devions alors déclarer gu'avec de tels ongles les egratignures n'avaient pu être faites et qu'il devait y avoir eu un complice. L'accusé niait, par générosité pour son complice, un garçon qu'il avail entraîné a l'aider dans l'exécution do ce crime.

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